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22 mai 2020 —  Depuis quelques années, différentes études menées aux 4 coins de monde nous apprennent que l’homme moderne avec ses capacités serait bien plus vieux qu’on ne le croyait. Plusieurs émissions de btlv consacrées aux anciennes civilisations vont sur ce terrain, et il en sera de même mardi 26 mai avec Bleuette Diot qui viendra nous parler de ses travaux mentionnées dans son nouvel ouvrage « OGM, Homo Sapiens ». Cette fois c’est par la voix du CNRS que nous apprenons que chez l’homme moderne, la parole pourrait être plus ancienne que nous pensions.Les scientifiques, qui avec la théorie de la « descente du larynx » démontrent, que pour produire des voyelles différenciées une position basse du larynx est nécessaire. On se demande souvent pourquoi les singes qui nous ressemblent ne parlent pas. Une étude publiée dans la revue Science Advances, nous apprend que s’ils ne parlent pas comme nous, les singes produisent des proto-voyelles bien différenciées. Concrètement, la production des vocalisations différenciées n’est donc pas une question de variantes anatomiques mais de contrôle des articulateurs. Ces recherches laissent à penser que la parole pourrait être née bien au-delà des 200 000 ans avancés actuellement par les linguistes.

DES TESTS SUR LES CHIMPANZÉS

Indispensable pour notre sociabilité, la parole qui nous différencie des animaux peut être considérée comme la pierre angulaire de l’espèce humaine. Cela n’a pas empêché deux couples de chercheurs, dans les années 1930-1950, de tenter d’apprendre à parler à un chimpanzé élevé à la maison, en même temps que leur bébé et de la même façon. Malgré tous les efforts, l’échec fut au rendez-vous de l’expérience. C’est à partir de ces résultats et en 1969, que la théorie de la descente du larynx fut avancée par le chercher américain, Philip Lieberman. Il va démontré que le conduit vocal du singe est plus petit que celui de l’homme ce qui en fait un verrou anatomique empêchant la production de voyelles différenciées. Critiquée, cette théorie va être acceptée par la très grande majorité des primatologues. Or, des études récentes ont été publiées sur les possibilités articulatoires des singes. Elles mettent en évidence leur usage possible d’un système de proto-voyelles. En prenant en compte les cavités acoustiques formées par la langue, la mandibule et les lèvres (semblables chez les primates et l’humain), les analyses ont montré que la production de vocalises différenciées n’est pas une question d’anatomie, mais un problème de contrôle des articulateurs, ce qui n’avait pas été possible avec Philip Lieberman car à l’époque les données utilisées pour l’établissement de la TDL provenaient de cadavres et ne pouvaient donc pas révéler un tel contrôle.Menée par des spécialistes de disciplines différentes du GIPSA-Lab (CNRS/Université Grenoble Alpes /Grenoble INP), en collaboration avec le Laboratoire de psychologie cognitive (CNRS/Aix-Marseille Université), le CRBLM de Montréal (Canada), le Laboratoire de phonétique de l’université du Québec (Canada),le laboratoire d’anatomie de l’université de Montpellier, le laboratoire d’Histoire naturelle de l’Homme préhistorique (CNRS/Muséum national d’Histoire naturelle /UPVD), et l’Université d’Alabama (USA), cette étude nous offre de nouvelles perspectives.

Comme le soulignent les chercheurs de ces instituts, si la naissance de la parole articulée n’est plus dépendante de la descente du larynx, jusqu’ici datée à environ 200 000 ans, sonémergence pourrait remonter a au moins 20 millions d’années. Une époque durant laquelle vivait notre ancêtre commun avec les singes, et qui avait déjà probablement la capacité de produire des vocalisations contrastées.Tout cela nous rappelle, que l’histoire telle que nous la connaissons est en perpétuelle évolution, et que peut-être, un jour, nous découvrirons le « fameux’ chainon manquant.

Bob Bellanca (source CNRS)