9 septembre 2022 – Le télescope de chasse aux exoplanètes TESS de la NASA a repéré deux super-terres, dont une dans la zone habitable. Les deux mondes orbitent autour d’une naine rouge, LP 890-9, à seulement 105 années-lumière. L’étude est parue dans Astronomy and Astrophisics.

La découverte des deux exoplanètes rocheuses est très importante, car même si elles ne sont pas habitables, trouver des planètes rocheuses dans la zone habitable reste pour le moment rare.

LA CHASSE AUX EXOPLANÈTES

Le télescope observait l’étoile naine rouge lorsqu’il capta un affaiblissement régulier de la luminosité stellaire, très souvent assimilé au passage d’une exoplanète en orbite. En effet, au moment où l’objet passe entre la Terre, notre point d’observation, et l’astre, cela a un impact direct sur sa luminosité.

La diminution de la lumière peut également permettre aux scientifiques de déterminer la période orbitale ainsi que le diamètre de l’exoplanète. Les chercheurs ont utilisé les télescopes de consortium SPECULOSS (Search for habitable Planets EClipsing Ultra-cOO1 Stars), plus sensibles aux longueurs d’onde du proche infrarouge que TESS pour confirmer l’existence des deux super-terres.

LP 890-9b, la première exoplanète repérée, fait environ 1,32 fois le diamètre de la Terre et jusqu’à 13 fois sa masse. Quant à LP 890-9c, elle fait 1,37 fois le diamètre de notre maison et jusqu’à 25 fois sa masse.

LES CRITÈRES POUR UN MONDE HABITABLE

LP 890-9C est justement la planète qui intéresse les scientifiques. La première chose qu’ils cherchent à savoir est si l’exoplanète se trouve au bon endroit, c’est-à-dire dans la zone habitable de son étoile hôte, la distance où il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, pour pouvoir accueillir la vie telle que nous la connaissons.

Bien que LP 890-9c soit plus proche de son étoile que la Terre par rapport au Soleil, la naine rouge est bien plus froide que notre naine jaune. Après le système TRAPPIST, il s’agit du deuxième monde potentiellement habitable le plus prometteur d’après les chercheurs.

« Mais nous ne devons pas prendre d’avance sur nous-mêmes. Être au bon endroit ne garantit pas une plage de palmiers » a tout de même précisé Robert Wells de l’Université de Berne en Allemagne.

« Notre planète voisine Vénus, qui est, pour ainsi dire, une cocotte-minute riche en dioxyde de carbone, à près de 500 degrés Celsius, est également proche de cette zone dite habitable autour du Soleil ».

JAMES WEBB, PORTEUR D’ESPOIR

Il est compliqué de savoir ce qui se passe réellement dans le système stellaire de LP 890-9. Est-ce que les deux super-terres sont au bon endroit ? Est-il possible qu’il y ait de l’eau à l’état liquide ?

De toute évidence, les chercheurs placent beaucoup d’espoir dans le télescope spatial James Webb, qui à peine mis en service ne fait que battre des records. Mais un bijou pareil est cependant très demandé et il y a déjà la queue pour faire des observations.

« Il est important de détecter autant de mondes terrestres tempérés que possible pour étudier la diversité des climats des exoplanètes, et éventuellement d’être en mesure de mesurer à quelle fréquence la biologie a émergé dans le Cosmos » explique l’astronome Amaury Triaud de l’Université de Birmingham au Royaume-Uni.

Espérons que les scientifiques pourront avoir un temps d’observation de LO 890-9c avec James Webb, mais nous devrons nous montrons patients avant d’avoir les premiers résultats.

Noémie Perrin (rédaction btlv.fr Source Astronomy & Astrophisics)

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