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3 juin 2020 — La résistance aux antibiotiques est malheureusement de plus en plus répandue et est en partie dû à la surconsommation de ceux-ci.Un groupe de médecins américains provenant des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) a publié en mai dernier un rapport révélant qu’un tiers des prescriptions d’antibiotiques délivrées dans des cabinets médicaux étaient inutiles. Ils ajoutent également que la moitié était inadaptée du fait de leur « large spectre d’efficacité », c’est-à-dire qu’un même médicament peut être pris pour différents maux détruisant alors plus d’organismes que nécessaire. C’est d’ailleurs cette attitude qui est en partie la cause de la résistance aux antibiotiques.  Le même rapport a également montré qu’aux Etats-Unis, sur une population de 1000 personnes, 506 personnes se sont vues prescrire des antibiotiques alors que seulement 353 en avaient besoin. L’été dernier, des chercheurs du centre hospitalier St. John de Detroit aux Etats-Unis ont exposé des chiffres concernant la prescription d’antibiotiques pour soigner une potentielle IST (Infection Sexuellement Transmissible) à l’occasion d’une conférence. Ces résultats ont révélé que les trois quarts des patients ayant pris les antibiotiques n’en avaient en réalité pas besoin. Au total 1/3 des traitements antibiotiques ne sont pas justifiés.

Pourquoi ne pas arrêter les prescriptions ?

Puisque la prescription des antibiotiques semble être la cause de tous ces maux, pourquoi ne pas l’arrêter ou au moins la réduire ? Mais ce n’est pas aussi simple que ça. Lauri Hicks, médecin et responsable du Bureau en charge de la gestion des antibiotiques au Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies, explique que « dans l’imaginaire collectif, même au sein du monde médical, plus on administre d’antibiotiques, mieux c’est. [….] On considère le traitement comme l’approche la plus sûre. » David Hyun, spécialiste de maladies infectieuses ajoute que certains médecins ne prennent pas le temps d’expliquer  la non-nécessité de l’antibiotique pour différents cas de peur de se voir reprocher de prendre trop de temps lors de la consultation. La satisfaction du patient est également un facteur qui favorise la prescription abusive des antibiotiques. C’est ce qu’on appelle l’effet Yelp. Cette application permet de noter la consultation et le médecin. Les avis récoltés étaient pris en compte pour les recrutements de professionnels de santé.  L’apparition des cabinets médicaux indépendants n’a pas aidé. « L’un des phrases les plus fréquentes que nous entendons lors d’entretiens est : « Si vous ne leur prescrivez pas d’antibiotiques, ils se rendront au centre d’accueil de l’autre côté de la rue et y obtiendront leurs antibiotiques ». Il y a une motivation économique. Les médecins souhaitent garder leurs patients. » éclaire David Hyun. Lauri Hicks pense que pour palier au problème des prescriptions non justifiées il faut « faire des progrès en matière de communication sur les avantages et les risques que comportent les antibiotiques » et bien évidemment ne pas en abuser.

François Deymier (btlv.fr/source Jamanetwork)