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(ARCHÉOLOGIE) Découverte de mystérieuses structures en Arabie saoudite

3 mai 2021 — Avec la découverte du site de Göbekli Tepe en Turquie, on a du modifier quelques dates dans l’histoire de l’homme « moderne » sur cette planète. La découverte de centaines de monuments en pierre dans le nord-ouest de l’ Arabie saoudite pourraient aller encore plus dans ce sens. Les chercheurs qui étudient les mustatils (ndlr : monuments préhistoriques faits de murs de grès qui se trouvent dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite) en sont certains. Les dernières analyses les datent d’il y a environ 7000 ans, donc plus vieux que Stonehenge et les pyramides de Gizeh. En survolant la région par hélicoptère, l’équipe de chercheurs a trouvé plus de 1 000 de ces édifices, soit plus du double des estimations précédentes. Pour les scientifiques, ces structures furent utilisées pour des rituels durant lesquels les autochtones sacrifiaient des vaches, des chèvres et des moutons pour un dieu encore inconnu à ce jour.

Les Mustatils étaient souvent regroupés par 20 (crédit photo @Cambridge Université)

DÉCOUVERTS EN 1970

Découverts pour la première fois dans les années 70, les mustatils n’avaient à l’époque intéressé que peu de monde. Il faudra attendre les explorations d’une équipe d’archéologues de l’Université d’Australie-Occidentale à Perth pour que ces édifices reviennent sur le devant de la scène. L’équipe affirme avoir répertorié près 1000 édifices sur près de 125 000 mètres carrés d’AlUla et de Khaybar soit deux fois plus qu’on ne le pensait auparavant. Les structures varient en longueur de 20 à 600 mètres, et affichent plusieurs tonnes. Côté architecture, un mustatil avait de longs murs entourant une cour centrale, une entrée à l’une des extrémités, et une plate-forme à l’autre. Certains sont également agrémentés d’un orthostate (ndlr : pierre dressée, plantée à la verticale ou sur chant) dans une chambre au centre de la structure. Si pendant longtemps, les mustatils furent pris pour des enclos à bétail, de nouvelles études penchent plus pour des édifices à caractère religieux. Une hypothèse avancée en raison des murs trop bas pour contenir des animaux comme le souligne l’auteur principal de l’étude, envoyé au New Scientist, Hugh Thomas : « Un mustatil n’est pas conçu pour garder quoi que ce soit à l’intérieur, mais pour délimiter l’espace qui est clairement une zone qui doit être isolée ».

              Mustatil vue d’avion (crédit photo @Cambridge University)

LES PREMIERES CONSTRUCTIONS MONUMENTALES

Les recherches ont permis de mettre à jour, des bouts de cornes et de crânes de vache, de mouton, de chèvre et de gazelle. Ces découvertes indiquent, d’après les archéologies, que ces structures servaient aux rituels et aux sacrifices. D’autre part, pour le chercheur : « En tant que tels, les mustatils sont parmi les premiers monuments en pierre d’Arabie et font partie des plus anciennes constructions monumentales identifiées à ce jour dans le monde ». Pour les archéologues, l’entrée étroite des mustatils, indique que l’on accédait à l’enceinte qu’en file indienne. Grâce à la datation au Carbonne 14 des ossements retrouvés, Hugh Thomas et ses collègues ont pu dater le mustatil entre 5300 et 5000 avant JC, précédant Stonehenge de plus de 2500 ans, ce qui en fait comme l’indique la co- auteure Melissa Kennedy, directrice adjointe du projet d’archéologie aérienne au Royaume d’Arabie saoudite (AAKSA) « l’un des premiers lieu monumental de rituels et de sacrifices » avant de rajouter :  « qu’une croyance religieuse commune peut avoir été maintenue dans une grande partie du nord-ouest de l’Arabie pendant le néolithique tardif. Ce qui n’avait encore jamais été noté ailleurs dans le monde ». Décidément l’archéologie moderne nous réserve bien des surprises sur notre passé.

Bob Bellanca (rédaction btlv)

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(ESPACE) Dernier test réussi pour le télescope spatial James Webb avant son lancement en octobre

12 mai 2021 — Les astrophysiciens du monde entier en attendent beaucoup. Le télescope James Webb, nait d’un partenariat entre la NASA, l’ESA et l’Agence spatiale canadienne, devrait permettre d’en savoir plus sur la vie dans l’univers. Lancé depuis la Guyane en octobre 2021 pour aller observer les confins de l’univers, James Webb a passé un dernier test décisif en déployant avec succès son miroir pour la dernière fois sur Terre, a annoncé la NASA mardi. Un recherche importante car comme le disait l’astrophysicien Stephane Mazevet lors de son ITW mis en ligne aujourd’hui sur btlv.fr  : « avec les moyens actuels il n’est pas possible d’aller beaucoup plus loin dans l’investigation, James Webb devrait changer la donne ».

UN MIROIR IMPOSANT

Avec un diamètre de 6,5 mètres difficile à caser dans une fusée, les ingénieurs ont dû imaginer un système qui lui permette de se déplier comme un origami. Une manœuvre réalisée encore une fois hier sur le plancher des vaches. Un test qui devait être obligatoirement réussi car la prochaine fois qu’il se dépliera ce sera dans l’espace. Lancé de la Guyane via le fusée Ariane V, le télescope sera placé en orbite autour du Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Pour Scott Willoughby, de Northrop Grumman, le fabricant principal de James Webb : « C’est comme construire une montre suisse de 12 mètres de haut, 25 de long et 12 de large, et la préparer pour un voyage dans le vide, par -240°C ». Un lancement important car James Webb a des possibilités bien supérieures à Hubble, un autre télescope spatial, lancé en 1990 et qui opère toujours, en tournant autour de la terre à 600 km.

Le Télescope Hubble en orbite autour de la Terre depuis le 24 avril 1990

Pour Klaus Pontoppidan, du Space Telescope Science Institute de la NASA : « Webb n’a pas seulement été construit pour faire ce que fait Hubble en mieux, Il a été construit pour répondre à des questions sur le cosmos et ses origines auxquelles nous ne pouvons pas répondre autrement ».

UNE COLLABORATION INTERNATIONALE

Des scientifiques de 44 pays, ont soumis plus de 1.000 projets au total, dont un peu moins de 300 ont été retenus par un comité dédié. C’est ce qui a permis d’établir le programme d’observation pour la première année d’activité du télescope. Parmi les travaux qui lui seront demandés : l’observation d’exoplanètes au-delà de notre système solaire dont le télescope pourra analyser la composition de l’atmosphère, en quête d’eau ou de CO2 : « En d’autres termes, explorer les atmosphères de mondes qui pourraient abriter la vie » , a déclaré Eric Smith, le responsable scientifique du projet pour la NASA. Une mission capitale, car comme le rappelle Stephane Mazevet, ancien directeur du laboratoire de recherche de Paris dans l’entretien qu’il nous a accordé : « Pour le moment, nous n’avons pas trouvé d’eau sur les exoplanètes de notre système solaire que nous avons étudié ». Avec les capacités de James Webb, il sera plus facile de la trouver : « James Webb va explorer les atmosphères de mondes qui pourraient abriter la vie », a déclaré Eric Smith, le responsable scientifique du projet pour la Nasa avant de rajouter : « Il explorera toutes les phases de notre histoire cosmique ». La communauté scientifique croise les doigts quant à son lancement qui a déjà été repoussé de nombreuses fois en raison d’innombrables problèmes de développement qui ont conduit à une explosion de son coût: environ 10 milliards de dollars.

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)

2021-05-03T15:52:50+02:003 mai 2021|

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