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10 octobre 2019 — « A Festus, 10 ans, et Aquila, 8 ans, Iulia Protogenia à ses chéris »: près de 2.000 ans après, la découverte à Narbonne, dans l’Aude, d’une nécropole romaine unique en France, fait surgir de terre, comme intacte, la douleur d’une mère romaine.

Gravée sur une plaque de marbre, l’inscription funéraire fait partie des premières trouvailles faites par les archéologues sur ce site. Datant du 1er au 3ème siècle, il est qualifié d' »exceptionnel » par Dominique Garcia, le directeur de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

Tant par sa taille, près de 5.000 m2 qui pourraient abriter jusqu’à un millier de sépultures, que par son état de conservation, grâce aux limons d’un bras de l’Aude qui le longe, et l’ont recouvert à son abandon.

« Cela nous offre un site stratifié, sur une profondeur de jusqu’à 3 m », se réjouit Valérie Bel, la directrice des fouilles. Grâce à ce « mille-feuilles », qui la change des « fonds de tombes » qu’elle fouille habituellement, elle espère pouvoir reconstituer tout le déroulé des pratiques funéraires.

Selon M. Garcia, la nécropole offre du coup un « panorama » rare sur les rites, croyances, et manières d’être des Romains peuplant alors Narbo Martius, la première colonie romaine en Gaule, fondée en 118 av.J.-C..

INSTANTANÉ DE ROMANITÉ

Dans un Haut-Empire florissant, la cité est au début de notre ère un centre majeur d’échanges, entre Méditerranée et Atlantique. Le mode de vie romain et ses règles s’y dessine clairement, car implanté de manière volontariste, ex-nihilo, selon M. Garcia.

Comme en témoignent les tombes, les usagers de la nécropole n’appartenaient pas à l’élite. Beaucoup étaient des affranchis, et des esclaves, selon les indications fournies par les épitaphes, relève Maxime Guillaume, de l’Inrap-Occitanie.

Ils avaient toutefois accédé à un certain statut social, peut-être grâce au négoce. Ce dont pourrait selon lui témoigner la fréquence d’amphores venues de Grèce dans les tombes.

Parmi les vestiges jusque là mis au jour, les plus rares sont une série de « conduits à libation », des tubes souvent constitués de fragments d’amphores, dont les vivants se servaient pour leurs offrandes au mort, nourriture, parfum, huile, voire petits objets.

Sur le site, l’un se dresse encore, planté directement dans une urne funéraire, un autre émerge de terre, signalant une tombe encore inviolée. Plus loin, des pierres noircies s’étalent devant une tombe, restes d’un foyer allumé, on dirait hier, pour un repas funéraire.

Les tombes, dont une centaine ont jusque là été fouillées, sont groupées, parfois superposées, au sein d’enclos « de groupes familiaux ou de corps de métier », note la responsable de secteur Marie Rochette. Le sol est jonché de coquillages, témoignant de rituels alimentaires.

Rédaction btlv.fr (source AFP)