31 mai 2021 — Ce sont en moyenne près de 48 personnes qui prennent le Métro chaque seconde à Paris et en Ile de France ; cela représente 1,479 milliards  de voyageurs par an dans le Métro. Autrement dit 4,1 millions de passagers transitent dans le métro parisien chaque jour. Savez-vous que ce moyen de transport souterrain est un véritable paradis pour la vie microbienne.

Ce n’est pas histoire de vous dégouter, mais une équipe internationale de chercheurs a découvert  que lorsque vous prenez le métro vous côtoyez des milliers de virus et de bactéries mystérieux ! Les échantillons analysés contenaient également des micro organismes à l’origine d’odeurs cutanées désagréables et d’acné.

DES MICROBES UNIQUES POUR CHAQUE MÉTROPOLE

Dans le cadre de cette étude, environ 900 scientifiques et volontaires ont collecté des échantillons microbiens sur les barres de rames, des composteurs, des sièges et des guichets de métro à travers le monde et sur différents continents. L’analyse a montré que chaque métropole a sa propre «empreinte microbienne». La composition des échantillons a été déterminée par les différences climatiques et géographiques. De nombreuses bactéries et microbes étaient très typiques de certaines régions.

Des bactéries inconnues à l’origine de futurs médicaments ?

À partir de 4 000 échantillons, les scientifiques ont trouvé 4 246 espèces connues de microbes, dont environ 70% étaient des bactéries. Parmi celles-ci, 31 espèces étaient présentes dans presque toutes les villes, formant le «noyau du microbiome urbain». Par exemple, Micrococcus luteus, la bactérie responsable des odeurs corporelles, et Cutibacterium acnes, l’espèce associée à l’acné.

UNE FAUNE MICROBIENNE INCONNUE

Cependant, tous les microbes n’ont pas été identifiés, comme le notent les auteurs du projet, environ 45%, dont environ 11 000 virus et 700 bactéries, ne correspondaient à aucune espèce connue. «Ce sont en effet des micro-organismes, mais ils ne figurent dans aucune base de données», a déclaré la biologiste Daniela Bezdan, l’une des co-auteurs de l’étude.

Cependant, les scientifiques ne voient aucune raison de s’inquiéter, au contraire, ils sont convaincus que des bactéries inconnues peuvent avoir le potentiel de fabriquer de nouveaux médicaments, et une surveillance plus détaillée des microbiomes urbains pourrait conduire à une détection précoce des agents pathogènes et potentiellement prévenir une autre pandémie.

«Nous ne voyons pas de quoi s’inquiéter», a déclaré l’auteur  David Danko. « Nous ne voulons pas que les gens aient peur de ces microbes parce qu’ils ne font pas partie de l’écosystème dans lequel nous, les humains, vivons. »

François Deymier (rédaction btlv.fr)

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