Découvrez BTLV, le média N°1 sur le mystère et l'inexpliqué (Replay/Podcast/rédactionnel)

Pour accéder à toutes nos interviews audio et vidéo
Rejoindre BTLV

26 mai 2020 — Il est un être « réincarné » officiel, que tout le monde considère comme une évidence échappant à toute question :le Dalaï-lama.Selon la religion tibétaine, ce dernier est l’incarnation vivante du Bouddha dont l’âme survit éternellement parmi les hommes en changeant d’enveloppe terrestre. Quand un Dalaï-lama meurt, son âme immortelle quitte en effet son corps pour entrer dans celui d’un enfant né exactement au même instant.

Mais comment ce nouveau Dalaï-lama est-il reconnu ? Au terme de quel processus l’enfant est-il désigné de façon assurée comme étant le nouveau chef spirituel de la religion bouddhiste ?

UN PROCESSUS LONG ET COMPLIQUÉ

L’actuel Dalaï-lama est le 14e du nom. Il a été reconnu par le clergé tibétain en 1937, alors qu’il n’avait que 2 ans. Né le 6 juillet 1935 dans une modeste famille paysanne du nord-est du Tibet, rien ne prédestinait, a priori, TenzinGyatso à cette fonction.

Ce sont les Gelug, un corps religieux bouddhiste qui,après la mort d’un Dalaï-lama, ont la responsabilité d’identifier, de retrouver et d’enseigner à toutes les réincarnations des Dalaï-lamas. Cette recherche du successeur prend la forme d’une longue quête qui commence au bord du lac dePalden Lhamo. Selon la tradition bouddhiste, les énergies de ce lac délivrent des indices sous forme de visions indiquant aux Gelugoù chercher le futur Dalaï-lama.L’actuel Dalaï-lama aainsi été retrouvé grâce à l’indication d’une « maison bleue ».

Mais les Gelug peuvent bénéficier d’autres aides pour les guider dans leur recherche.

Tout d’abord, des écrits prédictifs sont laissés de son vivant par le Dalaï-lama en fonction. L’actuel chef spirituel a ainsi indiqué qu’il renaîtra probablement en dehors du Tibet : « Si la situation présente du Tibet reste la même, je renaîtrai hors du Tibet, loin du contrôle des autorités chinoises. C’est logique. Le but même d’une réincarnation est de continuer le travail inachevé de l’incarnation précédente. Si donc la situation tibétaine n’est toujours pas résolue, il est logique que je renaisse en exil, pour continuer mon travail inachevé. »

Ensuite, un ensemble d’objets ayant appartenu au précédent Dalaï-lama est présenté à toutes les potentielles réincarnations. L’enfant devrareconnaître ceux ayant appartenu à son prédécesseur pour pouvoir prétendre à la désignation.

Enfin, les proches du Dalaï-lama sont aussi présentés à l’enfant au milieu d’inconnus afin de voir s’il reconnaît les membres de l’entouragedu chef religieux précédent. Si tel est le cas, le prétendant est en bonne voie pour valider la réincarnation.

 

LE DERNIER DALAÏ-LAMA ?

Le processus de reconnaissance et de désignation du Dalaï-lama est donc long et compliqué. Et il semblerait que les règles ne sont pas immuables.

En effet, une prophétie prédit que le 14eDalaï-lama serait le dernier de la lignée. Le peuple tibétain perdrait alors à la fois son pays et son chef spirituel.

C’est pourquoi, pour conjurer cette funeste prophétie, l’actuel Dalaï-lama envisage de transmettre son titre de son vivant à un successeur reconnu pour son érudition en théologie. Il envisage également qu’il puisse être remplacé tous les sept ans, en étant désigné par lui-même ou bien par une assemblée de lamas.Il ajoute même que le prochain Dalaï-lama pourrait être une femme, voire un non-tibétain.

De quoi corser sérieusement la tâche des Gelug !

Mathias Leboeuf (btlv.fr)