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EN QUÊTE DE FOI : les cols blancs de la finance en quête de spiritualité

27 octobre 2017 : Il y a quelques jours, la presse écrite et notamment Le Parisien, affirmait que traders et autres banquiers étaient en quête de spiritualité. D’après ce journal, ces as de la finance se précipiteraient dans les églises ou dans les monastères. Perdus à cause des crises boursières successives, les prêtres compteraient de plus en plus de professionnels de la finance parmi leurs ouailles. Depuis la faillite de Lehman Brothers, c’est de plus 25% de ces fidèles d’un nouveau genre qui iraient à la messe.
Il en est de même pour les retraites dans les monastères. D’après le journal, ces stars de la bourse « se pressent par exemple chez les moines bénédictins de La Pierre-qui-Vire… » Ils sont tellement nombreux que les à frères en refusent très souvent…Remords ou scrupules, l’un des frères rajoute « Beaucoup de nos retraitants se sentent coupables des scandales financiers ou de leurs bonus élevés »

En France, le marché boursier compte environ 800 000 personnes. Entre 2008 et 2009, 5000 d’entre eux ont été remerciés. Des licenciements importants doublés des polémiques liées aux excès de la bourse jettent l’eau sale sur le secteur. François Hollande n’aime pas les riches, on se souvient de sa déclaration, et si pour lui la finance est l’ennemi, Jean-Luc Mélenchon les tacle encore plus.

Des prises de positions très souvent applaudies par leurs sympathisants. Pour changer cette image désastreuse et inciter les jeunes à continuer à faire des études de commerce, HEC propose des séminaires spirituels qui enregistrent une progression de 20 à 40% depuis la crise. Dans la majorité des cas, les élèves qui y participent, travaillent par la suite, la plus-part du temps, pour des ONG ou dans le secteur du non-profit…

Il est tout de même amusant de constater ce bouleversement dans un milieu qui a la réputation d’être sans pitié, sans aucun sentiment, et sans aucune humanité. Ces jeunes loups aux dents longues, commenceraient-ils à comprendre qu’être heureux ne se résume pas aux nombres zéros derrière le chiffre qui compose leurs bonus ? Si c’est le cas, on peut, peut-être espérer, dans l’avenir, une société plus équilibrées ou les enfants qui choisissent un Bac littéraire ne seront plus montrés du doigt comme des ratés. Les mots ont une force que les zéros n’auront jamais.

Bob Bellanca (btlv.fr)

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(SCIENCE) L’immortalité 2.0 se prépare avec les biotechnologies

24 novembre 2020 – le milliardaire Russe, Dmitry Itskov, a quitté le monde du business pour se consa­crer à recherche de la vie éter­nelle via sa fondation : Initia­tive 2045. Il voudrait pour cela « trans­fé­rer la person­na­lité de quelqu’un dans un corps tota­le­ment diffé­rent ».

Le Projet Avatar d’Initia­tive 2045 doit rassembler les plus brillants scientifiques ainsi que les investisseurs les plus riches.

Le projet s’articule en 3 étapes :

– créa­tion d’un robot anthro­po­morphe pilo­table via une inter­face neuro­nale directe

– trans­plan­ta­tion d’un cerveau humain dans ce robot d’ici 2025

– trans­fert d’une conscience humaine dans un cerveau arti­fi­ciel d’ici 2035

Dmitry Itskov, a écrit aux 1 531 milliar­daires répertoriés par Forbes pour pouvoir en motiver quelques-uns pour son projet dès 2012. Il affirme : « je suis sûr à 100 % d’y arri­ver, sinon je ne me serais pas lancé dans une telle aven­ture ». Il avait écrit : « ce n’est que lorsque nous devons nous sépa­rer de la vie que nous prenons conscience de tout ce que nous n’avons pas fait ; de ce que nous n’avons pas eu assez de temps pour faire ; de ce que nous dési­rions vrai­ment ; ou pour remé­dier à ce que nous avons mal fait » Il précisait : « tout ce que nous avons chéri et aimé devient soudain inac­ces­sible. Aujourd’­hui, vous avez une chance unique de chan­ger la donne. »

COMMENT TRANSFÉRER SON ESPRIT ?

Le scientifique Néer­lan­dais, Randal Koene, travaille à la fondation Ini­tia­tive 2045 sur l’éventuelle possi­bi­lité de télé­char­ger son esprit dans un système informatique. C’est le proces­sus « émula­tion totale du cerveau ». Randal Koene avance que « l’ému­la­tion totale du cerveau est l’abou­tis­se­ment natu­rel d’une neuro­pro­thèse de plus en plus précise ». Il ajoute : « c’est aussi la voie scien­ti­fique et tech­no­lo­gique d’un proces­sus d’auto-évolu­tion cogni­tive qui a été discuté dans les milieux de la philo­so­phie et de la science-fiction. »

En revanche, ce proces­sus est discuté depuis 1929, l’année où a été publié The World, the Flesh, the Devil : An Enquiry into the Future of the Three Enemies of the Ratio­nal Soul (Le Monde, la chair et le diable : une enquête sur le futur des trois enne­mis de l’âme ration­nelle). John Desmond Bernal (physi­cien britan­nique) y écri­vait : « la conscience elle-même peut se termi­ner ou dispa­raître dans une huma­nité complè­te­ment éthé­rée, se sépa­rant de l’or­ga­nisme qui lui est étroi­te­ment lié, deve­nant des masses d’atomes dans l’es­pace qui commu­niquent par rayon­ne­ment, et peut-être fina­le­ment se dissoudre entiè­re­ment dans la lumière ». Il aura fallu attendre 70 ans après cet ouvrage pour que des rapports sur l’ému­la­tion totale du cerveau soient rédigés.

DÉFIS TECHNOLOGIQUES, QUESTIONS PHILOSOPHIQUES

Anders Sand­berg (neuros­cien­ti­fique) et Nick Bostrom (philo­sophe), font des recherches à l’uni­ver­sité de Stock­holm. Ils pensent que « le problème n’est pas de savoir s’il existe des systèmes physiques capables d’ef­fec­tuer les calculs effec­tués par les cerveaux, puisque de tels systèmes existent déjà : les cerveaux eux-mêmes ». D’après eux, « le problème est plutôt de savoir si le maté­riel capable de repro­duire ce système peut être construit par le génie humain dans un avenir proche, à un coût suffi­sam­ment bas pour rendre l’ému­la­tion totale du cerveau possible. » Anders Sand­berg pose aussi le problème des « corps desti­na­taires : « je peux faci­le­ment imagi­ner la manière dont un ordi­na­teur exécu­tant le logi­ciel céré­bral pour­rait contrô­ler un corps biolo­gique ; en revanche j’ai beau­coup plus de mal à imagi­ner comment télé­char­ger un réseau céré­bral dans un cerveau rece­veur ». Il continue : « d’une certaine manière, nous devons réor­ga­ni­ser toutes les connexions pour corres­pondre à la personne télé­char­gée. C’est une chose extrê­me­ment déli­cate, même avec une nano­tech­no­lo­gie mature, puisque de nombreux neurones s’étendent sur la majeure partie du cerveau et devraient être réache­mi­nés. C’est la partie que je trouve abso­lu­ment irréa­liste. »

Randal Koene pense que « le plus grand défi est d’ac­cé­der aux données perti­nentes du cerveau ». Car « le télé­char­ge­ment d’un esprit implique l’en­re­gis­tre­ment de suffi­sam­ment de données sur le cerveau d’une personne pour répliquer mathé­ma­tique­ment ses fonc­tions cogni­tives, puis implé­men­ter ces fonc­tions mathé­ma­tiques dans un autre dispo­si­tif qui produira le même esprit lorsqu’il est activé ».

 Des ques­tions se posent malgré tout, dont celle de l’identité. Anders Sand­berg propose les remarques de Derek Parfit, philosophe Brintannique. Ce dernier avait étudié la question dans les cas de télé­por­ta­tion de la série Star Trek. Voici des extraits de son livre : « Des raisons et des personnes » , « Il n’y a pas de vérité dans le fait de savoir qui est la “vraie” conti­nua­tion de la personne origi­nelle, ce qui importe le plus, c’est la connec­ti­vité psycho­lo­gique. » Certaines personnes auraient plutôt tendance à dire que ce n’est pas la survie d’un indi­vi­du qui est importante mais plutôt la continuité de l’es­pèce humaine. En effet, l’intelligence artificielle pouvant prendre de plus en plus de place, qu’allons-nous devenir sur cette planète qui devient de plus en plus électronique ?

LE MARCHÉ DE L’IMMORTALITÉ EN PLEIN BOOM

D’après un article de CNBC en mai 2019, la BofA (Bank of America) avait estimé que le secteur « prolon­ga­tion de la durée de vie et de l’immor­ta­lité pourrait, d’ici 2025, valoir 600 milliards de dollars. D’après les analystes Felix Tran et Haim Israel, des entre­prises de séquençage du génome (Illu­mina), de biotech­no­lo­gies (Novar­tis) et la maison-mère de Google (Alpha­bet) vont amélio­rer la vie et la prolonger au-delà des 100 ans. D’après eux, dès 2025, l’étude du génome humain pourrait offrir des avan­cées poten­tiel­le­ment révo­lu­tion­naires en matière de préven­tion et de trai­te­ment des mala­dies. Ce secteur pourrait repré­sen­ter une indus­trie de 41 milliards de dollars.

Sur les 600 milliards de dollars, 504 milliards devraient être consacrés à l’im­mor­ta­lité. Ce ne serait qu’un début car Felix Tran et Haim Israel envisageaient que les connais­sances médi­cales devraient doubler tous les 73 jours à partir de 2020 contre tous les 3,5 ans en 2010.

Thierry Penin (rédaction btlv.fr)

2020-06-21T16:24:33+02:0027 octobre 2017|

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