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3 décembre 2019 — L’Asie brille une nouvelle fois dans le classement Pisa dévoilé mardi: la Chine et Singapour caracolent en tête de cette étude de référence sur les systèmes éducatifs à travers le monde, publiée tous les trois ans par l’OCDE.

Cette étude, qui évalue depuis 2000 les compétences en sciences, en mathématiques et en compréhension de l’écrit des élèves de 15 ans, est devenue une référence mondiale, très scrutée par les gouvernements.

Les exercices ont été soumis en mai 2018 à 600.000 jeunes de 79 pays et territoires, échantillon représentant 32 millions d’élèves.

Plusieurs pays asiatiques figurent parmi les meilleurs élèves en lecture, sujet le plus développé dans cette édition, mais aussi en sciences et en mathématiques. Quatre métropoles et provinces chinoises (Pékin, Shanghaï, Jiangsu, Zhejiang) arrivent en tête du classement, suivis par Singapour, Macao (Chine) et Hong Kong (Chine), l’Estonie et le Canada.

« Dans de nombreux pays asiatiques, l’éducation des enfants est la priorité numéro 1, les enseignants suivent des formations de qualité et on décide d’investir dans les établissements en difficulté », explique Éric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE. En Corée du Sud, également bien classée, « les enseignants sont très valorisés dans la société et leurs salaires y sont très attractifs », poursuit-il.

Par rapport à la dernière édition, certains pays ont beaucoup progressé, comme l’Estonie, la Pologne ou le Portugal, où un effort particulier a été fait sur la formation des enseignants et la revalorisation du métier, selon l’OCDE.

LE DÉFI DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Le rapport trouve « décevant » que, malgré une hausse de 15% des dépenses pour l’enseignement primaire et secondaire dans l’OCDE ces dix dernières années, la plupart des pays ne voient « pratiquement aucune amélioration » de la performance de leurs enfants depuis la mise en place de l’étude PISA en 2000.

« En fait, seuls sept des 79 systèmes d’enseignement analysés montrent des améliorations significatives dans la lecture, les mathématiques et les sciences », selon le rapport, et « seul l’un d’entre eux, le Portugal, est membre de l’OCDE ».

Pourtant, les besoins éducatifs des adolescents de 15 ans ont « changé de manière fondamentale », souligne le rapport, la venue du smartphone ayant transformé les manières avec lesquelles les gens lisent et échangent les informations. La numérisation a provoqué l’émergence de nouvelles formes de textes.

« Auparavant, les élèves pouvaient trouver des réponses claires à leurs questions dans des manuels approuvés par les gouvernements, auxquels ils pouvaient faire confiance. Aujourd’hui, ils trouvent des centaines de milliers de réponses en ligne, et c’est à eux de démêler le vrai du faux », souligne le rapport.

L’OCDE avertit également que les matières faciles à enseigner sont dorénavant « également faciles à numériser et automatiser ». « L’intelligence artificielle va amplifier les bonnes comme les mauvaises idées (…) C’est pourquoi l’éducation à l’avenir ne signifiera pas seulement enseigner la population mais également l’aider à développer un compas fiable lui permettant de naviguer à travers un monde de plus en plus complexe, ambigu et changeant », explique le rapport.

La France se situe, elle, légèrement au-dessus de la moyenne des pays riches.

« Contrairement à ce qu’on entend souvent, le score de la France n’est pas catastrophique », souligne Éric Charbonnier. Elle fait globalement aussi bien que l’Allemagne, la Belgique ou le Portugal, mais moins bien que les États-Unis ou le Royaume-Uni et beaucoup moins bien que l’Estonie, la Pologne ou l’Irlande.

Rédaction btlv.fr (source AFP)