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(ENVIRONNEMENT) L’augmentation du niveau des mers inquiète les climatologues

24 novembre 2020 – Une analyse récente met en évidence que la fonte des glaces a fait augmenter le taux d’élévation. Passé à 4,8 millimètres par an, ce chiffre inquiète les climatologues. La fonte plus rapide de la glace du Groenland a fait passer le taux annuel de 3,2 à 4,8 millimètres d’après une moyenne sur 10 ans qui a été réalisée par un océanologue du JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la NASA : Benjamin Hamlington. Un chercheur du JPL, Felix Landerer, explique : « la perte de masse du Groenland est clairement passée à la vitesse supérieure ».

En effet, avec de nouveaux modèles de mouvement vertical des terres et un nouveau satellite radar, les océanographes ont des données plus précises concernant la vitesse d’élévation des mers. Benjamin Hamlington et son équipe avait déjà indiqué cette accélération en 2018, dans une publication parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. L’océanographe de l’Old Dominion University, Sönke Dangendorf a montré que les mers s’étaient élevées de 20 centimètres depuis le début du 20ème siècle. Son étude a été publiée dans Nature Climate Change en 2019.

LE NIVEAU DES MERS AUGMENTE DEPUIS 1960

Les données récentes montrent qu’après la mise en place des barrages dès 1950, ces derniers ont retenu les eaux et ont ralenti la montée du niveau des mers. Contrairement à ce que pensait la plupart des climatologues, le niveau des mers a commencé à devenir plus rapide vers la fin des années 1960 et non pas à fin 80. Ce sont les eaux du Groenland qui en seraient à l’origine. La NASA et l’ESA (Agence spatiale européenne) ont mis en orbite, le 21 novembre, le satellite Sentinel-6 Michael Freilich.

Sentinel-6 Michael Freilich / Credits : NASA/JPL-Caltech

Les résultats transmis à la base aérienne de Vandenberg (Californie) vont permettre aux océanographes d’avoir une vision plus détaillée des tendances. Le satellite fonctionnera comme ceux qui avaient ce même système avant lui : il utilisera des impulsions de radar réfléchies afin de mesurer la hauteur des océans. Ses instruments ayant une meilleure résolution, le satellite pourra aller mesurer la hauteur des eaux à moins de 300 mètres des côtes. Ce détail n’en est pas un car l’élévation du niveau de la mer se fait ressentir sur les côtes et les variations locales sont susceptibles de masquer la moyenne planétaire.

DES MESURES PRÉCISES POUR PRENDRE DES MESURES CIBLÉES

Certaines variations reflètent le mouvement vertical de la planète elle-même. Cela est le résultat du lent balancement des plaques continentales. Ces dernières « flottent » sur un manteau « visqueux » et les courants océaniques côtiers ainsi que l’eau douce des rivières et la météo, peuvent également injecter de la variabilité et provoquer alors le retrait ou l’accumulation de l’eau des continents. Cependant, les courants de la haute mer peuvent entraîner une partie importante de cette variabilité, avec l’acheminement de l’eau montante de la haute mer – là où se trouve plus d’eau à réchauffer et à étendre – vers les côtes. Les courants changeants seraient une très bonne explication des récurrents mouvements de 20 millimètres de hauteur.

UN SEUIL ATTEINT AU MILIEU DU SIÈCLE

Aimée Slangen, une climatologue de l’Institut royal néerlandais de recherche sur la mer, a montré dans une étude que le seuil du niveau de océans pourrait être atteint entre 2040 et 2060. Si l’inertie du réchauffement des mers et la fonte des glaces sont bien réels, il pourrait même y avoir des augmentations encore plus importantes en fin de siècle. Aimée Slangen précise : « cette certitude à court terme, bien que terrible, est plutôt bonne pour la prise de décision ». Elle pense que grâce aux nouveaux instruments et les calculs prédictifs de plus en plus précis, les actions à mener seront plus ciblées pour permettre d’optimiser les ressources allouées dans cette lutte.

Thierry Penin (rédaction btlv.fr)

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(ÉGYPTE) Un chapitre entier du «Livre des morts» a été découvert à Saqqarah

22 janvier 2021 — Dans la nécropole de Saqqarah, a été retrouvé l’un des artefacts les plus intéressants : un papyrus de 4 mètres de long contenant le chapitre 17 du Livre des Morts. Un manuscrit que les anciens Égyptiens utilisaient pour aider les morts dans l’au-delà. Le nom du propriétaire du papyrus est écrit dessus – « Puhaf »; le même nom a également été trouvé sur l’un des cercueils en bois et sur quatre poupées shabtidestinées à servir les morts dans l’au-delà. Le papyrus a été déterré dans un puits funéraire à côté de la pyramide du mari de la reine Neit, le pharaon Teti, qui a gouverné l’Égypte entre 2323 et 2291 avant JC. Une annonce a été faite par un représentant du ministère égyptien des Antiquités.

Les scientifiques tentent de déchiffrer le texte, d’autres exemplaires du chapitre 17 ont déjà été traduits. Ils contiennent une série de questions et de réponses, une sorte de feuille de route pour les morts essayant de naviguer dans l’au-delà. Il n’est pas encore possible de dire avec certitude si la copie récemment trouvée du chapitre 17 a le même format et les mêmes énigmes.

Un chapitre entier du livre des morts © Ministère égyptien des Antiquités

VERS UNE MEILLEURE  CONNAISSANCE DU CULTE DES MORTS 

Les archéologues ont trouvé également trois entrepôts en briques de terre, dans lesquels étaient conservées des offrandes à la reine et à son mari. Près de la pyramide, on a également découvert une série de tumulus contenant les restes de personnes ayant vécu pendant les 18e et 19e dynasties égyptiennes (1550 av.J.-C. – 1186 av.J.-C.). On pense que les gens voulaient être enterrés près de la pyramide du pharaon. Jusqu’à présent, l’équipe a découvert plus de 50 cercueils en bois, ainsi que de nombreux autres objets. À l’intérieur de la tombe, une stèle qui appartenait à un homme nommé Haptah, a été identifié comme le gardien du char de guerre du pharaon. Au sommet de la stèle se trouve un couple (Haptah et son épouse Mvtemvii) rendant hommage à Osiris, le dieu égyptien des enfers, et en bas se trouve le même couple assis sur des chaises avec six enfants devant eux. Trois filles sont représentées en train de renifler des fleurs de lotus, et leurs trois fils – debout côte à côte:

Haptah a peut-être été au service de Ramsès II, célèbre pour ses campagnes militaires qui ont étendu l’empire d’Égypte à la Syrie actuelle. L’inscription sur la stèle indique que deux des enfants de Haptakh portent le nom de membres de la famille Ramsès II. L’une des filles de Kaptakh s’appelle Néfertari (du même nom que l’épouse principale de Ramsès II), et l’un de ses fils s’appelle Khamveset (le même nom que l’un des fils de Pharaon). D’autres découvertes dans des tumulus près de la pyramide comprenaient une hache en bronze, des jeux de société, des statues d’Osiris et plusieurs momies, y compris la momie d’une femme qui semble avoir souffert d’une maladie génétique qui provoque une fièvre récurrente et une inflammation de l’abdomen, des articulations et poumons.

Bientôt sur btlv une émission avec l’anthropologues Fernand Schwarz sur les livres des morts égyptiens en attendant vous pouvez écouter en replay l’émission sur la géométrie sacrée de l’Égypte (réservé aux abonnés).

François Deymier (rédaction btlv.fr)

2020-11-24T15:00:25+01:0024 novembre 2020|

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