fbpx

(ESPACE) L’armée américaine sera dotée dès 2025 de vaisseaux spatiaux à propulsion nucléaire

20 avril 2021 — Le pentagone envisage sérieusement la propulsion nucléaire pour ses futurs vaisseaux spatiaux.

Le ministère de la défense a signé des contrats pour la création et les essais d’une fusée à propulsion nucléaire pour des «manœuvres rapides» dans l’espace d’ici 2025.

Le nouveau moteur sera plus puissant que les systèmes de propulsion électriques et plus économique que les systèmes chimiques.

UNE RÉVOLUTION DANS LE TRANSPORT SPATIAL ?

La DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency)  a sélectionné trois entreprises,General Atomics, Lockheed Martin et Blue Origin de Jeff Bezos pour développer ce projet.

«La technologie NTP(un système de propulsion thermique nucléaire)  que nous souhaitons développer et démontrer à travers le programme DRACO constituera la base des futures opérations spatiales», a déclaré le major Nathan Greiner, directeur du programme DRACO(Demonstration Rocket for Agile Cislunar Operations).

Selon la DARPA, par rapport aux technologies conventionnelles de propulsion spatiale, la propulsion nucléaire thermique offre un rapport poussée/poids élevé environ 10 000 fois supérieur à la propulsion électrique et deux à cinq fois plus important que la propulsion chimique.

UN PLUS GRAND CHOIX DE MANŒUVRES DANS LESPACE

«Les systèmes de propulsion orbitale actuels sont limités quant à la rapidité avec laquelle ils peuvent déplacer les engins spatiaux sur de longues distances», explique Nathan Greiner. « Cela empêche les vaisseaux de faire des manœuvres  entre l’orbite équatoriale géostationnaire et les orbites plus élevées. » Le nouveau développement vous permettra de se déplacer rapidement dans l’espace.

La première phase du programme DRACO durera 18 mois et se composera de deux parties. Le premier est la conception du réacteur nucléaire lui-même (General Atomics), qui coûtera 22,2 millions de dollars. Le second est le développement de projets d’engins spatiaux (Blue Origin et Lockheed Martin), sur lesquels 5,4 millions de dollars seront dépensés.

DES RISQUES FAIBLES

Pour réduire les risques, le réacteur de la DARPA ne sera activé que lorsqu’il sera dans l’espace. Selon Laurence Williams, spécialiste de la sûreté nucléaire à l’Imperial College de Londres. « Il n’a rien à voir avec la toxicité du plutonium, qui a été utilisé pour les centrales radiothermiques dans un certain nombre de missions spatiales ».

Ensuite, des tests de développement sont prévus, au cours desquels les engins doivent s’élever au-dessus de l’orbite terrestre basse. La NASA espère utiliser la technologie NTP pour une mission habitée sur Mars.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

Pas encore abonné ?
Rejoindre BTLV

À la Une

(ESPACE) Dernier test réussi pour le télescope spatial James Webb avant son lancement en octobre

12 mai 2021 — Les astrophysiciens du monde entier en attendent beaucoup. Le télescope James Webb, nait d’un partenariat entre la NASA, l’ESA et l’Agence spatiale canadienne, devrait permettre d’en savoir plus sur la vie dans l’univers. Lancé depuis la Guyane en octobre 2021 pour aller observer les confins de l’univers, James Webb a passé un dernier test décisif en déployant avec succès son miroir pour la dernière fois sur Terre, a annoncé la NASA mardi. Un recherche importante car comme le disait l’astrophysicien Stephane Mazevet lors de son ITW mis en ligne aujourd’hui sur btlv.fr  : « avec les moyens actuels il n’est pas possible d’aller beaucoup plus loin dans l’investigation, James Webb devrait changer la donne ».

UN MIROIR IMPOSANT

Avec un diamètre de 6,5 mètres difficile à caser dans une fusée, les ingénieurs ont dû imaginer un système qui lui permette de se déplier comme un origami. Une manœuvre réalisée encore une fois hier sur le plancher des vaches. Un test qui devait être obligatoirement réussi car la prochaine fois qu’il se dépliera ce sera dans l’espace. Lancé de la Guyane via le fusée Ariane V, le télescope sera placé en orbite autour du Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Pour Scott Willoughby, de Northrop Grumman, le fabricant principal de James Webb : « C’est comme construire une montre suisse de 12 mètres de haut, 25 de long et 12 de large, et la préparer pour un voyage dans le vide, par -240°C ». Un lancement important car James Webb a des possibilités bien supérieures à Hubble, un autre télescope spatial, lancé en 1990 et qui opère toujours, en tournant autour de la terre à 600 km.

Le Télescope Hubble en orbite autour de la Terre depuis le 24 avril 1990

Pour Klaus Pontoppidan, du Space Telescope Science Institute de la NASA : « Webb n’a pas seulement été construit pour faire ce que fait Hubble en mieux, Il a été construit pour répondre à des questions sur le cosmos et ses origines auxquelles nous ne pouvons pas répondre autrement ».

UNE COLLABORATION INTERNATIONALE

Des scientifiques de 44 pays, ont soumis plus de 1.000 projets au total, dont un peu moins de 300 ont été retenus par un comité dédié. C’est ce qui a permis d’établir le programme d’observation pour la première année d’activité du télescope. Parmi les travaux qui lui seront demandés : l’observation d’exoplanètes au-delà de notre système solaire dont le télescope pourra analyser la composition de l’atmosphère, en quête d’eau ou de CO2 : « En d’autres termes, explorer les atmosphères de mondes qui pourraient abriter la vie » , a déclaré Eric Smith, le responsable scientifique du projet pour la NASA. Une mission capitale, car comme le rappelle Stephane Mazevet, ancien directeur du laboratoire de recherche de Paris dans l’entretien qu’il nous a accordé : « Pour le moment, nous n’avons pas trouvé d’eau sur les exoplanètes de notre système solaire que nous avons étudié ». Avec les capacités de James Webb, il sera plus facile de la trouver : « James Webb va explorer les atmosphères de mondes qui pourraient abriter la vie », a déclaré Eric Smith, le responsable scientifique du projet pour la Nasa avant de rajouter : « Il explorera toutes les phases de notre histoire cosmique ». La communauté scientifique croise les doigts quant à son lancement qui a déjà été repoussé de nombreuses fois en raison d’innombrables problèmes de développement qui ont conduit à une explosion de son coût: environ 10 milliards de dollars.

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)

2021-04-23T11:40:04+02:0020 avril 2021|

Actus susceptibles de vous intéresser