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16 mars 2020 — On aime cette introduction « il était une fois » qui met les enfants dans une condition d’écoute et de sécurité, pour les faire plonger dans un monde imaginaire merveilleux… Et tous les contes commencent ainsi.

Wilhelm Grimm (19e siècle) pensait déjà que beaucoup d’histoires qu’il avait popularisées étaient plus anciennes que les langues indo-européennes. D’autres les voyaient plus récentes, parce qu’il était impensable que ces histoires se soient transmises sur autant de générations sans « preuves » écrites. Mais une recherche suggère qu’un certain nombre de contes existaient dans les traditions orales indo-européennes bien avant qu’ils soient écrits, donnant ainsi raison à Grimm.

En utilisant des méthodes de phylogénétique (NDLRBranche de la génétique qui a pour objet d’étudier les modifications d’ordre génétique qui se produisent au sein des espèces animales et végétales) habituellement employées par les biologistes de l’évolution, pour décrire les liens entre les espèces, Jamshid Tehrani, un anthropologue de l’université de Durham, et Sara Graca Da Silva de la nouvelle université de Lisbonne, ont étudié les liens entre des histoires du monde entier. L’objectif était de trouver les origines des contes.

DE VIEILLES HISTOIRES RECYCLÉES

Dans leur article, les chercheurs montrent que les traditions orales des contes trouvent probablement leur origine bien avant l’émergence de la littérature, comme l’explique Sara Graca Da Silva. « Certaines de ces histoires remontent beaucoup plus loin que les premiers enregistrements littéraires, et bien plus loin que la mythologie classique — certaines versions de ces histoires apparaissent dans des textes latins et grecs —, mais nos résultats suggèrent qu’ils sont beaucoup plus vieux que cela. »De ce fait, les contes se sont transmis à la fois dans les populations ancestrales, des parents aux enfants, mais aussi entre sociétés contemporaines.

Par exemple, des contes comme La Belle et la Bête ou Le nain Tracassin, populaires en Allemagne, remonteraient à plusieurs milliers d’années, même avant l’apparition des langues comme l’anglais ou le français. Ces deux contes ont été écrits aux 17e et 18e siècles et ont des équivalents dans la mythologie grecque et romaine. Mais la reconstruction de l’arbre des contes montre qu’ils sont encore plus anciens.

Le nain Tracassin (NDLR :la première mention littéraire connue du personnage daterait d’environ 1577) est un des contes de Grimm et possède de nombreuses variantes. Au Royaume-Uni, il s’appelle Tom Tit Tot et, en France, il est aussi connu sous le nom d’Outroupistache. La Belle et la Bête a été écrit pour la première fois par l’auteure française Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve en 1740 et sa version a ensuite été reprise par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont en 1757. Ces contes auraient en réalité environ 4 000 ans.

Jacques et le Haricot magique, quant à lui, trouve ses racines dans un groupe d’histoires regroupées autour du thème d’un garçon qui vole le trésor d’un ogre. Cette histoire aurait environ 5 000 ans. Plus vieux encore : Le Forgeron et le diable, qui raconte l’histoire d’un forgeron qui vend son âme en faisant un pacte avec le diable pour acquérir des pouvoirs surnaturels. Ce thème faustien remonterait à 6 000 ans, c’est-à-dire l’âge de bronze.

Rédaction btlv.fr (source Royal Society Open Science)