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6 novembre 2019 — Il faudra « des décennies » pour créer et diffuser dans le monde entier la Libra, la monnaie numérique de Facebook qui a suscité l’hostilité de plusieurs régulateurs, a affirmé mardi l’un des cadres de Facebook en charge du projet.

La Libra « ne se propagera pas (à la vitesse) d’un réseau social. Ce sera un travail non pas pour des années, mais pour des décennies, mais cela en vaut la peine », a déclaré Kevin Weil à Lisbonne, lors d’une intervention au salon des startup et de l’économie numérique Web Summit.

Weil est chargé chez Facebook du développement du portemonnaie virtuel Calibra, qui permettra d’utiliser cette cryptomonnaie.

Le projet fait face à d’importantes réticences, voire à des rejets purs et simples, de la part de nombreux gouvernements à travers le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté monétaire des États. Les risques encourus en matière de blanchiment d’argent et de protection des données personnelles des utilisateurs sont également évoqués.

Auditionné le 23 octobre par les sénateurs américains, le patron de Facebook Mark Zuckerberg avait laissé entendre que les ambitions du projet pourraient être revues à la baisse et recentrées sur un système de paiement plutôt qu’une monnaie à part entière.

« Toutes les innovations survenues depuis 100 ans (…) ont suscité des tonnes de résistances et des titres de presse comme nous avons vu sur la Libra. Tout va bien, c’était attendu », a voulu rassurer Kevin Weil.

Facebook assure que la Libra pourrait contribuer à faire baisser les coûts des transferts d’argent dans le monde et ainsi faciliter l’accès aux services financiers pour les personnes exclues des circuits bancaires traditionnels, notamment les migrants qui envoient de l’argent à leur famille.

« Il y a chaque année 700 milliards de dollars qui changent de mains dans ces transferts. La commission moyenne est de 7%, donc vous avez 50 milliards de dollars annuels qui doivent être payés par les personnes qui en ont le moins les moyens », a fait valoir M. Weil.

Calibra sera disponible comme une application mobile à part entière, mais aussi dans les applications de messagerie détenues par Facebook, Messenger et Whatsapp, a-t-il précisé.

La gestion de la future monnaie numérique a été confiée à l’association Libra, un conseil indépendant composé d’entreprises et d’organisations à but non lucratif. Mais plusieurs partenaires clefs (Visa, Mastercard,  PayPal…) ont abandonné le projet ces dernières semaines, face à la pression des régulateurs.

Le projet, initialement prévu pour 2020, ne sera lancé que lorsque la Libra aura reçu le feu vert des autorités et régulateurs, et lorsque l’association Libra, qui compte aujourd’hui 21 membres, en dénombrera 100, a dit M. Weil.

Rédaction btlv.fr (source AFP)