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(GÉNÉTIQUE) Les scientifiques ont pu restaurer partiellement la vue d’un aveugle

26 mai 2021 — Une équipe internationale de scientifiques a pu restaurer partiellement la vision d’un  aveugle en utilisant l’optogénétique. L’étude a été publiée dans la revue Nature Medicine. Elle a été menée par l’Institut de la Vision (Sorbonne Université/Inserm/CNRS), l’hôpital parisien des Quinze-Vingts, spécialisé en ophtalmologie, l’université de Pittsburgh (Etats-Unis), l’Institut d’ophtalmologie moléculaire et clinique de Bâle (Suisse), la société Streetlab et la biotech française GenSight Biologics.

Cette technologie de pointe a été développé au début des années 2000, mais malgré des expériences réussies sur des animaux, ce n’est que maintenant que les scientifiques ont annoncé son utilisation chez l’homme.

Les chercheurs pensent que cette découverte pourrait complètement changer les thérapies pour certaines maladies.

C’est la première fois que cette technique, appelée optogénétique, permet d’obtenir une récupération partielle de la fonction visuelle, affirment les chercheurs à l’origine de cet essai clinique. Le patient, un homme de 58 ans, est atteint de rétinopathie pigmentaire, une maladie génétique dégénérative de l’œil qui provoque la destruction des cellules photoréceptrices de la rétine, entraînant une perte progressive de la vision qui évolue généralement vers la cécité. Alors qu’il ne pouvait uniquement percevoir la présence de lumière, la thérapie lui permet désormais de localiser et de toucher des objets.

Près de cinq mois après avoir reçu l’injection, il a effectué différents exercices, équipé de lunettes dédiées munies d’une caméra. Conçues pour l’occasion par les chercheurs, ces lunettes permettent de projeter des images de couleur ambre sur la rétine du patient. « Sept mois plus tard, le patient a commencé à rapporter des signes d’amélioration visuelle », expliquent dans un communiqué l’Institut de la Vision et l’hôpital parisien des Quinze-Vingts. « Avec l’aide des lunettes, il peut désormais localiser, compter et toucher des objets ».

«S’habituer aux lunettes prend du temps», explique l’un des auteur de l’étude, José-Alain Sahel. «Au début, le patient pensait que les lunettes étaient inutiles, mais après quelques mois, il a commencé à voir des stries blanches, et après quelques séances d’entraînement, il a pu reconnaître des objets. Les scientifiques notent que les résultats obtenus sont tout simplement étonnants, mais n’oubliez pas que les améliorations prennent du temps. Puisque le sujet est né voyant, son processus d’adaptation sera plus rapide, car il peut encore avoir des souvenirs d’images visuelles de l’enfance.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

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Des chercheurs peuvent désormais lire dans les pensées des méduses

3 décembre 2021 – Des biologistes de l’Institut technologique de Californie (Caltech) ont pu observer le réseau neuronal des méduses en rendant leurs neurones fluorescents. 

Comprendre les méduses pour mieux nous comprendre. Le cerveau humain a cent milliards de neurones, effectuant 100 000 milliards de connexions. Pour démêler cette usine à gaz complexe, la constitution, plus simple, de l’animal marin pourrait être une bonne piste.

Les méduses chassent, se déplacent, se nourrissent… Et n’ont pas de cerveau. Cette particularité intrigue les scientifiques qui cherchent à comprendre le fonctionnement de ce drôle d’animal. Comment peut-on faire tout ça sans ciboulot ?!

UN RÉSEAU DE NEURONES EN TOILE

En fait, cet animal marin dispose d’un réseau neuronal qu’il a développé il y a plus de 500 millions d’années qui a peu évolué. Ce circuit décentralisé semble être une bonne stratégie d’évolution, puisque les méduses ont traversé des centaines et des centaines de millions d’années. Le réseau épouse la forme de la méduse et les neurones sont répartis en différentes tranches circulaires. Les tentacules urticants de la méduse sont liés à une des tranches.

FAISONS BRILLER LES NEURONES !

Les scientifiques ont génétiquement modifié des méduses de l’espèce Clytia hemisphærica. Elles sont toutes petites, pas plus d’un centimètre à l’âge adulte, et peuvent être facilement observables au microscope. Les chercheurs ont fait en sorte que les neurones deviennent fluorescents lorsqu’ils sont actifs.

On peut voir, en temps réel, les neurones de la méduse s’activer. Crédits : Caltech et B. Weissbourd

Qu’avons-nous vu ? Eh bien, on a pu voir comment les neurones fonctionnaient entre eux. Les biologistes ont ainsi mis le doigt sur le neurone R. Fa+, qui est seulement dédié à un mouvement de pliage d’une partie de la méduse pour qu’elle puisse ramener la nourriture à sa bouche. En supprimant ce type de neurone, la bête ne pouvait plus manger.

Ici, la méduse replie une partie de son corps pour amener la nourriture à sa bouche. Crédits : Caltech et B. Weissbourd

Ainsi, on comprend que le fonctionnement neuronal est spatialisé : chaque type de neurones a sa fonction propre.

Sources : Caltech et Ulyces

Tom Hannane (rédaction btlv.fr)

2021-05-26T14:40:09+02:0026 mai 2021|

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