19 mai 2021 —  Deux chimistes de l’université britannique de Cambridge, qui ont mis au point une technique de séquençage de l’ADN ultra-rapide notamment utilisée pour identifier les mutations liées au Covid-19, ont remporté hier le Prix Millénium de technologie, qui se veut un Nobel du XXIe siècle.

Shankar Balasubramanian, un Britannique d’origine indienne, et son compatriote David Klenerman ont été récompensés du prix doté d’un million d’euros pour leurs travaux conduits depuis 27 ans afin de trouver des moyens toujours plus rapides et moins coûteux de séquencer le génome humain.

La technologie de séquençage nouvelle génération (NGS) de l’ADN développée par les lauréats « présente d’énormes avantages pour la société, qu’il s’agisse de contribuer à la lutte contre des maladies mortelles comme le Covid-19 ou le cancer, de mieux comprendre les maladies des cultures ou d’améliorer la production alimentaire », a déclaré dans un communiqué l’Académie de technologie de Finlande, qui décerne le prix.

UNE AVANCÉE PHÉNOMÉNALE

Il y a vingt ans, la première tentative pour « lire » les quelque 3,2 milliards de lettres du génome humain a pris une décennie et a coûté plus d’un milliard de dollars. Grâce au NGS, le processus peut désormais être réalisé en une journée pour seulement 1.000 dollars.

Le NGS est aussi largement utilisé pour diagnostiquer et traiter certains cancers et maladies rares.

« C’est la première fois que nous recevons un prix international qui reconnaît notre contribution au développement de la technologie », a réagi M. Klenerman dans un communiqué, dédiant le prix à l’équipe à l’origine de l’invention « ainsi qu’à l’université de Cambridge et au Royaume-Uni ».

Le prix a été créé en 2004 et se veut l’équivalent technologique des Prix Nobel suédois pour les sciences, où la récompense est quasi équivalente (10 millions de couronnes – environ 990.000 euros) et qui ont été critiqués pour leurs catégories surannées.

AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE

Remis tous les deux ans, il distingue des innovations récentes, disponibles pour le grand public et qui « améliorent la qualité de vie des gens dans la durée ».

Le prix a toutefois été reporté de 2020 à 2021 en raison de la pandémie.

Shankar Balasubramanian et David Klenerman succèdent au physicien finlandais Tuomo Suntola, récompensé en 2018 pour son apport à la miniaturisation et la modernisation des téléphones portables ou des ordinateurs.

Avant eux, ont aussi été récompensés le Britannique Tim Berners-Lee, l’un des pionniers du web qui fut l’un des premiers à développer l’idée d’un réseau mondial connecté, ou encore le citoyen américain né en Finlande Linus Torvalds, création du logiciel libre Linux.

Rédaction btlv.fr avec AFP

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