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(GÉOLOGIE) Des vestiges de la vie découverts dans des rubis âgés de 2,5 milliards d’années

25 octobre 2021 — Au départ,  l’étude des scientifiques concernait les conditions nécessaires à la formation des rubis. Tout a été bousculé lors d’un voyage au Groenland, où se trouve le plus ancien site de rubis au monde. C’est là qu’une équipe de scientifiques a découvert une gemme contenant du graphite – essentiellement du carbone pur. L’analyse de ce carbone indique qu’il s’agit d’un vestige du début de la vie. Un article a été  publié dans Ore Geology Review.

« Le graphite à l’intérieur de ce rubis est vraiment unique. C’est la première fois que nous voyons des preuves d’une vie ancienne dans des roches rubis », explique Chris Yakymchuk, professeur de sciences de la Terre et de l’environnement à Waterloo. “La présence de graphite nous donne également plus d’indices pour déterminer comment les rubis se sont formés à cet endroit, ce qui est impossible à faire directement en fonction de la couleur et de la composition chimique d’un rubis.”

La présence du graphite a permis aux chercheurs d’analyser une propriété appelée composition isotopique des atomes de carbone, qui mesure les quantités relatives de différents atomes de carbone. Plus de 98 pour cent de tous les atomes de carbone ont une masse de 12 unités de masse atomique, mais quelques atomes de carbone sont plus lourds, avec une masse de 13 ou 14 unités de masse atomique.

© Université de Waterloo

“La matière vivante se compose préférentiellement d’atomes de carbone plus légers, car ils nécessitent moins d’énergie pour être incorporés dans les cellules”, a déclaré Chris Yakymchuk. « Sur la base de la quantité accrue de carbone 12 dans ce graphite, nous avons conclu que les atomes de carbone étaient autrefois une vie ancienne, très probablement des micro-organismes morts tels que les cyanobactéries. »

Le graphite se trouve dans des roches de plus de 2,5 milliards d’années, à une époque sur la planète où l’oxygène n’était pas abondant dans l’atmosphère et où la vie n’existait que dans les micro-organismes et les films d’algues.

Au cours de cette étude, l’équipe de Yakymchuk a découvert que ce graphite relie non seulement la pierre précieuse à la vie ancienne, mais était également probablement nécessaire pour que ce rubis existe. Le graphite a modifié la chimie des roches environnantes pour créer des conditions favorables à la croissance du rubis. Sans cela, les modèles de l’équipe ont montré qu’il n’aurait pas été possible de former des rubis à cet endroit.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

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Des chercheurs peuvent désormais lire dans les pensées des méduses

3 décembre 2021 – Des biologistes de l’Institut technologique de Californie (Caltech) ont pu observer le réseau neuronal des méduses en rendant leurs neurones fluorescents. 

Comprendre les méduses pour mieux nous comprendre. Le cerveau humain a cent milliards de neurones, effectuant 100 000 milliards de connexions. Pour démêler cette usine à gaz complexe, la constitution, plus simple, de l’animal marin pourrait être une bonne piste.

Les méduses chassent, se déplacent, se nourrissent… Et n’ont pas de cerveau. Cette particularité intrigue les scientifiques qui cherchent à comprendre le fonctionnement de ce drôle d’animal. Comment peut-on faire tout ça sans ciboulot ?!

UN RÉSEAU DE NEURONES EN TOILE

En fait, cet animal marin dispose d’un réseau neuronal qu’il a développé il y a plus de 500 millions d’années qui a peu évolué. Ce circuit décentralisé semble être une bonne stratégie d’évolution, puisque les méduses ont traversé des centaines et des centaines de millions d’années. Le réseau épouse la forme de la méduse et les neurones sont répartis en différentes tranches circulaires. Les tentacules urticants de la méduse sont liés à une des tranches.

FAISONS BRILLER LES NEURONES !

Les scientifiques ont génétiquement modifié des méduses de l’espèce Clytia hemisphærica. Elles sont toutes petites, pas plus d’un centimètre à l’âge adulte, et peuvent être facilement observables au microscope. Les chercheurs ont fait en sorte que les neurones deviennent fluorescents lorsqu’ils sont actifs.

On peut voir, en temps réel, les neurones de la méduse s’activer. Crédits : Caltech et B. Weissbourd

Qu’avons-nous vu ? Eh bien, on a pu voir comment les neurones fonctionnaient entre eux. Les biologistes ont ainsi mis le doigt sur le neurone R. Fa+, qui est seulement dédié à un mouvement de pliage d’une partie de la méduse pour qu’elle puisse ramener la nourriture à sa bouche. En supprimant ce type de neurone, la bête ne pouvait plus manger.

Ici, la méduse replie une partie de son corps pour amener la nourriture à sa bouche. Crédits : Caltech et B. Weissbourd

Ainsi, on comprend que le fonctionnement neuronal est spatialisé : chaque type de neurones a sa fonction propre.

Sources : Caltech et Ulyces

Tom Hannane (rédaction btlv.fr)

2021-10-25T14:30:52+02:0025 octobre 2021|

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