18 mai 2021 – Si, au cours de l’Histoire, la mode a offert à la femme, de nombreux accessoires pour lui donner l’aspect « idéal » de son époque : le corset, la gaine, les ceintures, les cerceaux, les jupons, les push-up…,  ce que l’on ignore souvent, c’est que l’homme aussi a eu droit, tout au long des siècles à des artifices pour mettre en valeur sa silhouette.

LE POURPOINT

Du Moyen Age à la Renaissance, les hommes portent le pourpoint, un vêtement de dessus qui ressemble à une veste courte matelassée inspirée de ce que les militaires portaient sous l’armure et qui couvre le corps du cou à la ceinture. Progressivement, la forme V s’accentue, la taille se resserre et le haut du corps est rembourré pour donner un torse bombé et des épaules fortes.

Les « gipponiers » qui fabriquaient l’habit ont été jusqu’à insérer une structure métallique triangulaire entre les couches de tissus et le rembourrage pour accentuer encore plus la symétrie et la droiture du torse. Ce rembourrage refait d’ailleurs régulièrement surface dans la mode et ne disparait quasiment jamais de l’uniforme militaire.

LE FAUX MOLLET

A la fin du XVIIIème siècle, un nouveau  rembourrage fait son apparition : le faux mollet.

Les « Macaronis »,  précurseurs des Dandys du XIX siècle affichent des tenues colorées et des attitudes maniérées. Et même s’ils sont souvent moqués pour leur utilisation des codes féminins, des éléments de leur garde-robe vont être repris. C’est le cas  justement du « faux mollet » qui s’exporte tout au long du XIXème siècle, au-delà de la France et jusqu’à Londres.

Comme on considère que les forces morales et les forces physiques vont de pair, on estime ainsi qu’une jambe frêle est signe de faiblesse  et qu’on peut   » juger de la virilité d’un homme à la circonférence de ses mollets « . On rembourre donc les bas et on entoure de bandelettes le muscle pour avoir un beau galbe.

LA BRAGUETTE

Autre rembourrage qui apparaît au Moyen : la braguette. Mais pas la partie honteuse du vêtement masculin moderne que l’on cherche à cacher, l’ancêtre de la fermeture éclair. Non, Il s’agit d’une braguette qui s’inspire du costume militaire des soldats, c’est-à-dire la partie saillante de la cuirasse, située au-dessous de la ceinture, « la brague », une coque métallique protectrice.

La braguette devient au fil du temps une pièce de tissu, souvent très colorée et de plus en plus rembourrée qui peut prendre des proportions impressionnantes.

Montaigne, dans ses Essais, s’irrite de ce protubérant artifice, le traitant de « ridicule pièce » qui « accroit leur grandeur naturelle par la fausseté et imposture ». Quant à Rabelais, il en fait un motif plaisant, voire grivois et burlesque, dans ses ouvrages, au point que son personnage du savant Panurge veut en faire un sujet d’étude : « Par Dieu, Je ferai un livre de la commodité des larges braguettes qu’en j’aurai plus de loisir » (Pantagruel).

Pourtant, en dépit des critiques de certains intellectuels, l’influence de la braguette a été considérable dans toute l’Europe et dans toutes le catégories sociales, comme on peut le voir sur la peinture de l’époque et notamment chez le peintre hollandais  Pieter Brueghel  (La danse de la mariée en plein air, 1566).

On peut expliquer sa popularité par les précieux petits services qu’elle pouvait rendre dans la vie quotidienne : elle s’équipe  en effet d’une poche dans laquelle ces Messieurs peuvent y cacher leur bourse, leurs monnaies, et même des fruits qui n’attendent qu’à mûrir !

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

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