Découvrez gratuitement le média N°1 sur le mystère et l'inexpliqué (Replay/Podcast/rédactionnel)

+4000H d'émissions pour donner du sens à sa vie
Je découvre maintenant

13 juin 2019 — La liberté scientifique des chercheurs hongrois est « menacée » par le récent projet de loi du gouvernement de Viktor Orban visant à réformer le financement de l’Académie hongroise des sciences (MTA), ont dénoncé mercredi les responsables de cette prestigieuse institution.

Peu de temps après avoir remporté un troisième mandat consécutif à la tête de la Hongrie, en avril 2018, le gouvernement souverainiste de Vikor Orban avait annoncé son intention de réformer en profondeur le MTA, fondé en 1825.

Le projet de loi qui permettrait au gouvernement de contrôler la gestion de la majeure partie des fonds alloués aux nombreux instituts de recherche dépendant de l’Académie a été déposé au Parlement la semaine dernière et pourrait être voté dès la semaine prochaine.

Cette réforme va « contre les principes européens du financement de la recherche et menace les libertés académiques », a déploré Laszlo Lovasz, le président du MTA, au cours d’une conférence de presse mercredi à Budapest.

Il craint que la nouvelle loi ne devienne « un exemple inquiétant qui pourrait être suivi par d’autres gouvernements de l’UE désireux d’exercer une influence sur les chercheurs ».

Le projet du gouvernement crée un conseil composé de membres nommés par le pouvoir et chargé de la gestion des financements du MTA mais aussi de ses actifs immobiliers et d’une partie de son administration.

L’Académie des sciences compte 5.000 salariés, dont 3.000 chercheurs, et couvre tous les domaines de la recherche scientifique.

En mettant en place l’an dernier un nouveau ministère de l’Innovation et de la Technologie chargé de superviser le MTA, le gouvernement de Viktor Orban avait expliqué vouloir dépoussiérer une institution considérée comme un vestige de l’ère communiste pour la réorienter vers des projets « innovants ».

Le nouveau cadre scientifique produira « plus de chercheurs contribuant efficacement à l’économie hongroise », a assuré le ministère pendant les premiers débats au parlement.

Selon le président du MTA, « la vaste majorité de la communauté scientifique hongroise » est solidaire de cette vénérable institution visée pour avoir critiqué à plusieurs reprises la politique de M. Orban, au pouvoir depuis 2010.

L’organisme avait ainsi pris la défense de l’Université d’Europe centrale (CEU) dans son long bras de fer avec les autorités.

Cet établissement de droit américain, fondé par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, va déplacer à Vienne l’essentiel de ses activités, s’estimant chassé de Hongrie par le Premier ministre.

Ce dernier a profondément remodelé les institutions publiques au fil de ses deux mandats, notamment dans les domaines de la justice, de l’éducation, des médias, se voyant reprocher des atteintes à l’équilibre des pouvoirs.

Rédaction btlv.fr (source AFP)