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INDE : des applications offrent une intimité précieuse aux amoureux

14 février 2020 — Dans une Inde où les relations sexuelles avant le mariage constituent un tabou sociétal, des applications proposent désormais aux jeunes couples de les aider à trouver une chambre d’hôtel, leur évitant l’humiliation de se voir refuser l’accès par moralisme.

De StayUncle à BreviStay, qui proposent des chambres à l’heure, en passant par la chaîne d’hôtels Oyo, qui dispose d’un onglet pour les couples sur son site, la recherche d’intimité des tourtereaux indiens fait les bonnes affaires d’une poignée de jeunes entrepreneurs.

Ces innovations sont bienvenues pour Pooja, une responsable de relations publiques habitant à Bombay. En 2016, elle a voulu prendre une chambre avec son petit ami. Mais l’excursion romantique a tourné au vinaigre lorsque le personnel de l’établissement s’est enquis de leur statut marital.

« Je pouvais sentir qu’ils me jugeaient », raconte la jeune femme, dont l’AFP a changé le nom à sa demande.

Choquée par cet interrogatoire, elle a décidé de mentir. « Nous avions tous les deux plus de 18 ans, ils n’avaient aucune raison de nous refuser une chambre mais c’était si embarrassant. »

Son expérience n’est pas inhabituelle dans un pays où de nombreux jeunes vivent avec leurs parents jusqu’au mariage – soit en raison du coût de l’immobilier, soit par tradition conservatrice. Cette cohabitation oblige bien des couples à chercher désespérément un peu d’espace et de temps ensemble, à l’abri des regards.

« OFFRE ET DEMANDE »

Chaque soir à Bombay, des dizaines d’amoureux sont ainsi vus s’enlaçant le long du célèbre front de mer de la capitale économique densément peuplée, tournant le dos aux embouteillages de voitures.

En Inde, les batifolages peuvent avoir des conséquences dangereuses. La police est susceptible de faire une descente dans un hôtel et demander des pots-de-vin aux clients non mariés, tandis que des radicaux hindous agressent des couples célébrant la fête « occidentale » de la Saint-Valentin.

« Les gens ont du mal à accepter l’idée qu’être dans une relation amoureuse est une chose naturelle », dit Rahul Taneja, cofondateur de LuvStay, l’une des sociétés qui tentent de faire évoluer les mentalités dans l’hôtellerie en proposant des services aux couples non mariés.

« C’est un simple cas d’offre et de demande. Les chambres sont là, les consommateurs sont là: le défi est de les faire se réunir », explique à l’AFP l’entrepreneur de 29 ans.

Fondateur de StayUncle, Sanchit Sethi ciblait initialement une clientèle d’affaires avec des chambres à l’heure. Mais lorsqu’il s’est retrouvé assailli de demandes de couples, il a compris qu’il visait la mauvaise population.

Très vite, l’ancien ingénieur s’est retrouvé à distribuer des cartes de visite à des jeunes traînant dans les cafés. Son slogan publicitaire: « les couples ont besoin d’une chambre, pas d’être jugés ».

Au lancement de son application en 2016, des groupes radicaux ont menacé de s’en prendre physiquement à Sanchit et son équipe, mais « ça n’est pas allé au-delà d’un coup de fil », assure le trentenaire.

Convaincre les hôtels réticents est toutefois une autre paire de manches. Nombre d’enseignes craignent des descentes de la police ou d’offenser leurs clients traditionalistes.

StayUncle a actuellement des partenariats avec 800 hôtels dans 45 villes et ambitionne d’en enrôler 1.500 supplémentaires d’ici la fin de l’année. Et l’entreprise n’est pas pudique quant il s’agit de séduire de nouveaux clients, animant une chaîne Youtube qui prodigue des conseils aux célibataires anxieux.

PRÉSERVATIFS ET CHOCOLAT

Avec 700 établissements dans son répertoire, LuvStay n’est pas loin derrière et espère atteindre les 2.000 d’ici trois ans.

Les « hôtels d’amour » sont déjà très répandus au Japon et en Corée du Sud, deux sociétés traditionnelles où les couples non mariés sont là aussi demandeurs d’un lieu privé et discret pour se retrouver.

Pour les hôtels indiens ouvrant leurs portes aux amoureux, la fréquentation s’en ressent vite. L’hôtel Sahar Garden de Bombay, qui a signé avec StayUncle en 2018, calcule que ce partenariat lui rapporte 150.000 roupies (1.940 euros) de revenus supplémentaires par mois.

« Les affaires vont de mieux en mieux », se félicite Shankar Rao, son responsable vente et marketing.

Le personnel a pour stricte instruction de respecter les clients non mariés. StayUncle laisse également un « kit d’amour » gratuit dans la chambre – une pochette rouge contenant des préservatifs, du lubrifiant et du chocolat.

Pour des jeunes comme la responsable de relations publiques Pooja, ces services sont « une bénédiction ».

« Nous ne pouvons pas attendre de la société indienne qu’elle change du jour au lendemain », estime la cadre de 27 ans, « mais j’espère que dans le futur nous n’aurons pas besoin de telles applications ».

Rédaction btlv.fr (source AFP)

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STATION SPATIALE : encore une manœuvre pour éviter une collision avec un débris

23 septembre 2020 — Manœuvre délicate pour la Station spatiale internationale (ISS) afin d’éviter une possible collision avec un astéroïde.

On le sait depuis le début de la conquête spatiale, il y a des milliers de débris qui tournent autour de la terre et qui sont régulièrement répertoriés par la NASA et surveillés par une unité militaire

Cette année, il s’agissait de la troisième manœuvre de ce type, cela concernait une ancienne fusée japonaise.

De son côté, la NASA réclame des moyens supplémentaires pour surveiller des débris qui deviennent de plus en plus dangereux pour l’ISS.

Cette fois, le débris serait passé très près à 1,39 kilomètre de l’ISS, selon la NASA, mais il a été décidé d’élever l’orbite de la station par précaution. C’est une capsule cargo russe (Progress), amarrée à la station, qui a poussé l’ISS un peu plus haut en allumant ses propulseurs, pendant 2 minutes et demie, l’opération étant contrôlée en coopération entre les salles de contrôle russe et américaine.

DES ASTRONAUTES RÉFUGIÉS DANS LA CAPSULE SOYOUZ

Selon l’astronome Jonathan McDowell, l’objet menaçant était un débris provenant d’un étage d’une fusée japonaise lancée en 2018, et qui s’est désintégrée en 77 morceaux en février 2019.

Les membres d’équipage, deux Russes et un Américain, ont dû temporairement se placer dans la partie russe de l’ISS, afin de pouvoir évacuer en urgence avec la capsule Soyouz en cas de danger, ce qui n’a finalement pas été nécessaire (dans un premier communiqué, la NASA avait indiqué que les astronautes entreraient dans le vaisseau).

L’ISS était à environ 421 km au-dessus des océans avant l’opération, et à 435 km après. Elle file à environ 27 500 km/h: à cette vitesse, même un petit objet peut gravement endommager voire détruire un panneau solaire ou un autre élément.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

2020-06-21T16:54:52+02:0014 février 2020|

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