14 mai 2021 — Le Journal of Comparative Physiology A a publié une lettre d’Albert Einstein qui était jusque-là inconnue. Dans un message daté de 1949, le lauréat du prix Nobel évoque les capacités sensorielles des oiseaux et des abeilles à se diriger en vol. On vient de ce rendre compte que même dans ce domaine le physicien avait  70 ans d’avance sur la science!

La lettre a été envoyée à l’ingénieur anglais Glyn Davis, l’homme qui a développé les radars. Dans cette correspondance, Einstein suggère qu’une «nouvelle physique» pourrait un jour découverte sur l’étude des oiseaux migrateurs. «Il est possible que la recherche sur le comportement des oiseaux migrateurs et sur les pigeons voyageurs conduise un jour à une meilleure compréhension de certains processus physiques qui ne sont pas encore connus», écrit le physicien. Il est surprenant de voir seulement aujourd’hui que des scientifiques exploraient un concept similaire.

© DYER ET AL. 2021, J COMP PHYSIOL A / THE HEBREW UNIVERSITY OF JERUSALEM

En 2008, des recherches sur des grives équipées d’émetteurs radio ont montré, pour la première fois, que ces oiseaux utilisent une forme de boussole magnétique comme principal guide d’orientation pendant le vol.

Ainsi, il s’avère qu’Einstein a fait l’hypothèse correcte plusieurs décennies avant que les scientifiques ne puissent en trouver la preuve.

« Plus de 70 ans plus tard, nous savons que la supposition d’Einstein s’est avérée correcte », disent les auteurs de l’article. «Les preuves actuelles suggèrent que les oiseaux peuvent sentir le champ magnétique de la Terre grâce à des photorécepteurs spéciaux dans leurs yeux qui sont sensibles aux changements subtils du champ magnétique de la planète. C’est ce qui leur permet de parcourir des milliers de kilomètres sans se perdre. »

François Deymier (rédaction btlv.fr)

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