17 janvier 2022 – Six études récemment publiées aux quatre coins du globe ont révélé que le changement climatique impactait la santé des fœtus, des bébés et des enfants partout dans le monde.

Les études ont été publiées dans le journal Paediatric and Perinatal Epidemiology et ont été menées par des scientifiques des États-Unis, du Danemark, d’Israël et d’Australie.

« Depuis le tout début de la préconception à l’adolescence en passant par l’enfance, nous commençons à constater d’importantes répercussions du changement climatique sur la santé », s’inquiète le Professeur Gregory Wellenius de l’Université de Boston.

L’IMPACT DES FEUX DE FORÊT SUR LA SANTÉ

Une étude de Californie a révélé que les mères exposées aux incendies un mois avant la conception avaient deux fois plus de risques de développer une anomalie congénitale appelée gastroschisis. Cette malformation de la paroi abdominale du fœtus laisse les intestins passer par un petit trou dans la peau.

Les scientifiques ont examiné 2 millions de naissances. 40% avaient une mère vivant à 25km des incendies pendant le premier trimestre de la grossesse. Ils ont trouvé une augmentation de 28% du risque de malformation congénitale.

« L’exposition humaine aux feux de forêt va probablement augmenter dans les prochaines décennies », explique Bo Young Park, de l’Université de l’État de Californie. « Par conséquent, il est essentiel de bien comprendre [leurs] effets négatifs sur la santé ».

TEMPÉRATURE ÉLEVÉE ET NAISSANCE PRÉMATURÉE

Deux autres nouvelles études ont tenté d’établir un lien entre l’augmentation des températures et les naissances prématurées. La première s’est appuyée sur presque un million de femmes enceintes à New South Wales en Australie, de 2005 à 2014. 3% d’entre elles avaient accouché avant 37 semaines de grossesse.

Les scientifiques ont remarqué que celles se trouvant dans les endroits les plus chauds avaient 16% de plus de risque d’accoucher prématurément.

LES PERSONNES VULNÉRABLES SONT LES PLUS TOUCHÉES

Une récente étude réalisée en Chine a également mis en lumière l’impact considérable de la pollution de l’air sur la fertilité.

C’est aussi ce qu’a conclu une étude menée au Danemark sur 10 000 couples qui essayent de concevoir naturellement. Les chercheurs ont trouvé que la fumée des énergies fossiles ainsi que la pollution de l’air faisaient baisser la conception de 8%.

Un autre aspect confirmé par toutes ces études est que les personnes vulnérables sont celles qui souffrent le plus du changement climatique et de la pollution. « C’est absolument un problème d’équité en santé et de justice », ajoute le Professeur Wellenius.

Ce n’est pas la première fois que les chercheurs alertent sur les conséquences du dérèglement climatique. Et ce ne sera pas la dernière non plus. Il est aujourd’hui plus qu’urgent de prendre des décisions radicales pour tenter de freiner cette catastrophe déjà en marche.

Noémie Perrin (rédaction btlv.fr Source The Guardian)

Pas encore abonné ?
Rejoindre BTLV