16 mai 2021 — Mission délicate mais accomplie: la Chine a posé hier un petit robot téléguidé à la surface de Mars, une première pour le pays asiatique qui témoigne de ses aspirations spatiales de plus en plus ambitieuses.

Les Chinois avaient lancé en juillet 2020 depuis la Terre leur mission inhabitée « Tianwen-1 », du nom de la sonde envoyée dans l’espace. Celle-ci est composée de trois éléments: un orbiteur (qui tourne autour de Mars), un atterrisseur (qui s’est posé samedi sur la planète rouge) et à bord un robot téléguidé, « Zhurong ».

La télévision publique CCTV a diffusé une édition spéciale intitulée « Nihao Huoxing » (Hello Mars) et le président chinois Xi Jinping a adressé ses félicitations.

Atterrir sur la planète rouge est loin d’être aisé: dans le passé, de nombreuses missions européennes, soviétiques et américaines se sont soldées par des échecs.

En 2011, la Chine a bien essayé d’expédier vers Mars une sonde, lors d’une mission commune avec la Russie. Mais la tentative avait capoté et Pékin s’est depuis résolu à poursuivre l’aventure seul.

En février, « Tianwen-1 » s’était installée en orbite martienne et avait réussi à prendre des clichés. Tôt samedi, la Chine est parvenue à poser l’atterrisseur, qui doit permettre au robot « Zhurong », de sortir. Réaliser ces trois opérations lors d’une mission inaugurale vers Mars constitue une première mondiale.

L’arrivée sur la planète rouge a été un moment critique.

Une fois dans l’atmosphère de Mars, le module d’atterrissage de « Tianwen-1 » a déployé un parachute pour entamer une descente périlleuse de plusieurs minutes, a expliqué l’agence spatiale.

Le module s’est ensuite stabilisé à 100 m au-dessus de la surface pour identifier les obstacles, puis s’est posé.

Et l’atterrisseur a manœuvré pour « se poser tout seul », souligne Chen Lan, analyste du site GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois.

Car compte tenu de la distance avec la Terre, un signal émis depuis Mars met « 18 minutes » avant de parvenir aux ingénieurs, selon les médias chinois.

Du fait du temps de latence, « en cas de problème, personne sur Terre n’aurait pu aider », fait remarquer M. Chen.

D’un poids d’environ 240 kg, « Zhurong » doit conduire des analyses du sol, de l’atmosphère, prendre des photos et cartographier la planète rouge.

La Chine a déjà une expérience en la matière: elle a fait rouler deux petits robots sur la Lune, les « Lapins de jade » 1 et 2 – déposés respectivement en 2013 et 2019.

La mission sur Mars doit aussi chercher d’éventuels signes de vie passée.

Dans un premier message publié samedi soir sur le réseau social Weibo, le robot « Zhurong » a salué ses « amis Terriens ».

« Je suis toujours à l’intérieur du module d’atterrissage » et « impatient de savoir ce qu’il y a sur Mars », est-il écrit sur son compte officiel.

Rédaction btlv.fr avec AFP

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