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(MYSTÈRE) La mort de Gagarine est toujours un secret d’État en Russie

12 avril 2021 — Il y a 60 ans, le Soviétique Iouri Gagarine devenait le premier homme dans l’espace, et 53 ans après la mort de Youri Gagarine, la version officielle n’a pas changé. Le premier Homme dans l’espace a trouvé bêtement la mort en avion en voulant éviter un ballon météo, mais ce drame reste plus que jamais, entouré de mystère.

Le 27 mars 1968 au matin, Youri Gagarine se prépare pour un vol d’entraînement de routine avec son avion Mig-15 à l’aéroport Tchkalovski, près de Moscou, se souvient son collègue de l’époque, le cosmonaute Vladimir Aksionov. « Avec Youri, nous avons consulté les mêmes médecins, écouté les mêmes prévisions météo, puisque mon décollage était prévu une heure après le sien. Mais le vol d’Aksionov est annulé : après avoir annoncé leur retour à la base, ni Gagarine ni son copilote Vladimir Serioguine, ne répondent aux appels radio. Les hélicoptères partis à leur recherche annoncent rapidement avoir trouvé des fragments de la carcasse de l’avion, à 65 km de l’aéroport. Le corps de  Gagarine est retrouvé le lendemain.

UN DRAME NATIONAL

Sergueï Kravtchinski, et à l’époque jeune constructeur d’appareils spatiaux, se souvient du jour où il a appris la nouvelle. « Nous avons entendu un cri dans le couloir: « les gars, Gagarine est mort »! ». « C’était un choc, les femmes pleuraient », se remémore-t-il. Pour la première fois dans l’histoire de l’URSS, une journée de deuil national est observée pour une personne qui n’est pas le chef de l’État. Les constructeurs savaient que Gagarine avait déjà rencontré un problème d’atterrissage peu auparavant en s’entraînant sur des MiG. Lorsque la commission d’enquête rend ses conclusions, ils sont perplexes. Selon la version officielle, l’équipage de l’avion a dû exécuter une manœuvre brusque à cause d’un « changement dans la situation de l’air », ce qui a provoqué le crash de l’appareil. »Le rapport de la commission officielle, soit 29 volumes, n’a jamais été publié.

KIDNAPPÉ PAR DES EXTRATERRESTRES ?

À l’époque, les rumeurs les plus folles circulent sur la mort du premier Homme de l’espace: tué sur ordre du Kremlin, jalousie autour de sa popularité, ivre lors du vol, kidnappé par des extraterrestres, sans oublier la version d’une mascarade destinée à simuler sa mort pour l’interner en asile psychiatrique… Pour célébrer en 2011 le 50e anniversaire du premier vol dans l’espace de Gagarine, qui datait du 12 avril 1961, les archives du Kremlin annoncent avoir levé le voile sur la mort du premier cosmonaute. Selon ces nouvelles conclusions, « l’une des raisons probables » du crash de l’avion serait la présence d’un ballon météo, que Gagarine et Serioguine ont tenté d’éviter avant de perdre le contrôle de l’appareil. « L’une des raisons probables! Cette formule ne veut rien dire! Et aucun document des 29 volumes de l’enquête n’a jamais été publié en entier » selon l’historien Alexandre Glouchko. Pour lui, le mystère entretenu sur l’accident de Gagarine sert à cacher « les défauts dans l’organisation et les dysfonctionnements du secteur spatial soviétique », qui était alors le symbole même des succès de l’URSS. « Faute de connaître la vérité, les rumeurs se multiplient, et elles continuent à circuler encore aujourd’hui », résume-t-il.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

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(ESPACE) Dernier test réussi pour le télescope spatial James Webb avant son lancement en octobre

12 mai 2021 — Les astrophysiciens du monde entier en attendent beaucoup. Le télescope James Webb, nait d’un partenariat entre la NASA, l’ESA et l’Agence spatiale canadienne, devrait permettre d’en savoir plus sur la vie dans l’univers. Lancé depuis la Guyane en octobre 2021 pour aller observer les confins de l’univers, James Webb a passé un dernier test décisif en déployant avec succès son miroir pour la dernière fois sur Terre, a annoncé la NASA mardi. Un recherche importante car comme le disait l’astrophysicien Stephane Mazevet lors de son ITW mis en ligne aujourd’hui sur btlv.fr  : « avec les moyens actuels il n’est pas possible d’aller beaucoup plus loin dans l’investigation, James Webb devrait changer la donne ».

UN MIROIR IMPOSANT

Avec un diamètre de 6,5 mètres difficile à caser dans une fusée, les ingénieurs ont dû imaginer un système qui lui permette de se déplier comme un origami. Une manœuvre réalisée encore une fois hier sur le plancher des vaches. Un test qui devait être obligatoirement réussi car la prochaine fois qu’il se dépliera ce sera dans l’espace. Lancé de la Guyane via le fusée Ariane V, le télescope sera placé en orbite autour du Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Pour Scott Willoughby, de Northrop Grumman, le fabricant principal de James Webb : « C’est comme construire une montre suisse de 12 mètres de haut, 25 de long et 12 de large, et la préparer pour un voyage dans le vide, par -240°C ». Un lancement important car James Webb a des possibilités bien supérieures à Hubble, un autre télescope spatial, lancé en 1990 et qui opère toujours, en tournant autour de la terre à 600 km.

Le Télescope Hubble en orbite autour de la Terre depuis le 24 avril 1990

Pour Klaus Pontoppidan, du Space Telescope Science Institute de la NASA : « Webb n’a pas seulement été construit pour faire ce que fait Hubble en mieux, Il a été construit pour répondre à des questions sur le cosmos et ses origines auxquelles nous ne pouvons pas répondre autrement ».

UNE COLLABORATION INTERNATIONALE

Des scientifiques de 44 pays, ont soumis plus de 1.000 projets au total, dont un peu moins de 300 ont été retenus par un comité dédié. C’est ce qui a permis d’établir le programme d’observation pour la première année d’activité du télescope. Parmi les travaux qui lui seront demandés : l’observation d’exoplanètes au-delà de notre système solaire dont le télescope pourra analyser la composition de l’atmosphère, en quête d’eau ou de CO2 : « En d’autres termes, explorer les atmosphères de mondes qui pourraient abriter la vie » , a déclaré Eric Smith, le responsable scientifique du projet pour la NASA. Une mission capitale, car comme le rappelle Stephane Mazevet, ancien directeur du laboratoire de recherche de Paris dans l’entretien qu’il nous a accordé : « Pour le moment, nous n’avons pas trouvé d’eau sur les exoplanètes de notre système solaire que nous avons étudié ». Avec les capacités de James Webb, il sera plus facile de la trouver : « James Webb va explorer les atmosphères de mondes qui pourraient abriter la vie », a déclaré Eric Smith, le responsable scientifique du projet pour la Nasa avant de rajouter : « Il explorera toutes les phases de notre histoire cosmique ». La communauté scientifique croise les doigts quant à son lancement qui a déjà été repoussé de nombreuses fois en raison d’innombrables problèmes de développement qui ont conduit à une explosion de son coût: environ 10 milliards de dollars.

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)

2021-04-12T14:00:10+02:0012 avril 2021|

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