Découvrez le premier site (Vidéo / Audio / Actu) consacré à la compréhension de notre société

Regardez et écoutez BTLV gratuitement et sans engagement pendant 7 jours
+3000H d'émissions pour donner du sens à sa vie
Je découvre maintenant

21 janvier 2019 —Les climatologues nous disent que le monde doit réduire drastiquement son utilisation de combustibles fossiles au cours des 30 prochaines années pour éviter un point de basculement potentiellement catastrophique pour la planète. Relever ce défi est un problème moral, mais c’est aussi un problème mathématique – et une grande partie de la solution doit être l’énergie nucléaire.

S’il est établi que plus de 80 % de toute l’énergie produite dans le monde nous vient des combustibles fossiles, qui contribuent en grande partie au réchauffement de la planète,remplacer ces combustibles par de l’énergie verte (panneaux solaires, éoliens) ne règle qu’une petite partie du problème. Oui, si nous avions du temps devant nous, nous pourrions nous appuyer sur ce plan de remplacement. Or, le temps manque. Selon le politologue Joshua S. Goldstein et l’ingénieur en énergie Staffan A. Qvist, il faudrait en effet 150 ans pour décarboniser totalement la planète. Les dernières études placent en revanche le « point de non-retour » à environ 30 ans. Un simple calcul nous amène donc à ce constat : il faut changer de stratégie.

Le Wall Street Journal publiait récemment un essai dans lequel Goldstein et Qvist affirment que nous ne pourrons pas résoudre le problème climatique mondial assez rapidement avec les énergies dites « vertes ». Ce dont nous avons besoin, disent-ils, c’est « d’une source d’électricité sans émissions de carbone, capable de fournir rapidement et à très grande échelle de l’énergie de manière fiable 24 heures sur 24, et ce quelles que soient les conditions météorologiques – le tout sans augmenter la superficie totale consacrée à la production électrique ». Et pour les chercheurs, « le nucléaire répond à toutes ces exigences ».

Pour les chercheurs, la quantité de déchets produits par l’énergie nucléaire est également inférieure aux quantités de déchets induites par le charbon. « Toute la durée de la consommation d’électricité d’un Américain à l’énergie nucléaire produirait une quantité de déchets à long terme qui rentrerait dans une canette de soda », peut-on lire. Nous avons aujourd’hui la technique pour les enfouir dans les sols en toute sécurité pendant plusieurs dizaines d’années. Pour les chercheurs, il sera toujours temps, à terme, de concevoir des réacteurs capables d’éliminer ces déchets. Encore une fois, c’est le facteur temps qui motive ces revendications.

Bien évidemment, cette énergie nucléaire est très souvent rapprochée de la catastrophe de Tchernobyl et des problèmes des déchets radioactifs. À juste titre. À ce sujet, Goldstein et Qvist estiment que le nombre de personnes décédées suite à cet accident mortel (le seul connu selon eux) reste en revanche minime comparé au nombre de personnes décédées à cause du charbon, par exemple, responsable de milliers de décès prématurés chaque année.

« Toutes les raisons avancées pour s’opposer à l’énergie nucléaire constituent des peurs exagérées qui ne correspondent en rien aux véritables dangers du réchauffement climatique pour la planète, peut-on lire. Nous devons déstigmatiser l’énergie nucléaire et l’incorporer dans nos efforts visant à éviter une catastrophe climatique, disent-ils. C’est la seule stratégie qui compte ».

Henri Coron (btlv.fr :source The Wall Street Journal)