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Opacité et addiction: les dessous des algorithmes des « dating apps »

13 février 2020 — De plus en plus de personnes sont amenées à rencontrer leur partenaire sur des sites de rencontres – déjà près de 30% des Américains. Une mise en relation qui passe par l’évaluation, l’opacité, l’addiction, explique Judith Duportail, auteure du livre « l’Amour sous algorithme ».

Question: Est-on vraiment libre de ses choix sur les sites de rencontres ?

Réponse: « Quand on se connecte sur une application de rencontres, les profils que l’on voit sont sélectionnés pour nous. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Mais j’ai découvert lors de mon enquête sur Tinder que l’on y était évalué selon un niveau de « désirabilité », notre niveau d’études et notre niveau de revenus, pour ensuite être montré à certains profils et pas à d’autres. Le système de matching de Tinder, sous brevet, était un système de classement où l’application fait en sorte de créer des paires ou des « matches » où l’homme est supérieur à la femme. Il présentait aux femmes des profils d’hommes soit plus âgés, soit ayant fait plus d’études, soit ayant davantage d’argent ».

NDLR : Tinder dit avoir abandonné ce système de classement ou « Elo score ». Sur un blog publié après la parution du livre, l’entreprise assure qu’un facteur déterminant est la « proximité géographique ».

Q: En quoi connaître la recette de l’algorithme est-il important ?

R: « Quand on voit les projections effectuées par les spécialistes, à terme, une majorité des couples se rencontrera dans le monde de demain via des applications. La manière dont seront calibrés ces algorithmes va déterminer qui vous allez rencontrer, qui vous avez le droit d’aimer, de toucher. Cela a des conséquences immenses.

Quand vous buvez du Coca-Cola, la recette est secrète mais il y a quand même une autorité qui est allée vérifier que cela n’allait pas vous empoisonner. Dans le cas des algorithmes des applications de rencontres, absolument personne n’est allé vérifier que cela respecte l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les Noirs et les Blancs, entre les homosexuels et les hétérosexuels. Ou que cela respecte notre dignité tout simplement. »

Q: Ces applications cherchent aussi à garder le plus longtemps possible leurs clients, comment font-elles ?

R: « Elles utilisent notamment le mécanisme de la récompense aléatoire pour créer des addictions. C’est le même que sur Facebook et Instagram. Ce mécanisme a été modélisé sur des souris. On prend plusieurs souris et on leur donne plusieurs leviers: un levier, quand elles l’actionnent, leur donne de l’eau ou à manger, un deuxième levier ne donne rien et un troisième est aléatoire, elles ne savent pas ce qu’elles auront. Quand on ne sait pas ce qu’il y a derrière le levier, vous y retournez sans cesse. C’est le mécanisme des machines à sous. C’est diablement efficace pour notre cerveau.À chaque fois que vous rallumez l’appli il y a un « peut-être ». Aujourd’hui l’utilisateur moyen de Tinder y  passe 45 minutes par jour. »

Q: Que font ces applis avec nos données ?

R: « Vos informations personnelles peuvent être partagées avec des partenaires commerciaux et publicitaires. L’ONG allemande Tactical Tec a enquêté: il existe des sites qui achètent des données des applications de dating. Sur des sites comme usdate.org, on peut racheter des listes de personnes, selon le profil. Ce sont des données très intimes avec une valeur émotionnelle forte. Par exemple des personnes toujours rejetées sur des sites de dating, vous savez que ces personnes là seront particulièrement vulnérables à un type de marketing qui viendra appuyer sur cette corde_là. Ce sont des arguments commerciaux qui se vendent cher. »

Rédaction btlv.fr (source AFP)

 

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STATION SPATIALE : encore une manœuvre pour éviter une collision avec un débris

23 septembre 2020 — Manœuvre délicate pour la Station spatiale internationale (ISS) afin d’éviter une possible collision avec un astéroïde.

On le sait depuis le début de la conquête spatiale, il y a des milliers de débris qui tournent autour de la terre et qui sont régulièrement répertoriés par la NASA et surveillés par une unité militaire

Cette année, il s’agissait de la troisième manœuvre de ce type, cela concernait une ancienne fusée japonaise.

De son côté, la NASA réclame des moyens supplémentaires pour surveiller des débris qui deviennent de plus en plus dangereux pour l’ISS.

Cette fois, le débris serait passé très près à 1,39 kilomètre de l’ISS, selon la NASA, mais il a été décidé d’élever l’orbite de la station par précaution. C’est une capsule cargo russe (Progress), amarrée à la station, qui a poussé l’ISS un peu plus haut en allumant ses propulseurs, pendant 2 minutes et demie, l’opération étant contrôlée en coopération entre les salles de contrôle russe et américaine.

DES ASTRONAUTES RÉFUGIÉS DANS LA CAPSULE SOYOUZ

Selon l’astronome Jonathan McDowell, l’objet menaçant était un débris provenant d’un étage d’une fusée japonaise lancée en 2018, et qui s’est désintégrée en 77 morceaux en février 2019.

Les membres d’équipage, deux Russes et un Américain, ont dû temporairement se placer dans la partie russe de l’ISS, afin de pouvoir évacuer en urgence avec la capsule Soyouz en cas de danger, ce qui n’a finalement pas été nécessaire (dans un premier communiqué, la NASA avait indiqué que les astronautes entreraient dans le vaisseau).

L’ISS était à environ 421 km au-dessus des océans avant l’opération, et à 435 km après. Elle file à environ 27 500 km/h: à cette vitesse, même un petit objet peut gravement endommager voire détruire un panneau solaire ou un autre élément.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

2020-06-21T16:54:53+02:0013 février 2020|

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