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21 juin 2018 : Au Pérou, Chan Chan, gigantesque cité d’adobe datant de l’ère précolombienne, n’a pas fini de révéler ses secrets: de grandes peintures murales, vieilles d’un millénaire, viennent d’y être mises au jour.

Capitale de la civilisation Chimu, qui a connu son apogée entre l’an 900 et 1450, Chan Chan (« soleil resplendissant » dans la langue de son peuple) comptait dix palais en terre cuite sur une surface de 20 kilomètres carrés et 30.000 habitants. Aujourd’hui il n’en reste que 14 kilomètres carrés et ses constructions sont menacées par les intempéries, l’installation d’agriculteurs sur son site ou encore les pillages récurrents. Et pourtant, « Chan Chan est incroyable, sous chaque monticule de terre il y a une nouvelle découverte qui nous surprend », a souligné récemment la ministre péruvienne de la Culture, Patricia Balbuena, en se rendant sur place pour observer de près la dernière trouvaille: un couloir recouvert de hauts reliefs jusque-là enterré. Ce couloir se trouvait à Utzh An, aussi appelé Grand Chimu, l’un des dix palais de la cité de Chan Chan, située à près de 600 kilomètres au nord de Lima.

UN NOUVEAU COULOIR DÉCOUVERT

L’accès au couloir est lui orné de représentations de l' »animal lunaire », symbole mythique de plusieurs cultures précolombiennes du Pérou, explique l’archéologue Henry Gayoso, responsable de la restauration des murs du palais Utzh An. « Le couloir a été découvert il y a deux semaines. Il a une largeur d’environ six mètres et s’étend sur 50 mètres. Nous avons déterré la moitié, 25 mètres, et on doit encore descendre d’1,50 mètre pour arriver au plancher », précise-t-il. « Une fois (ce travail) terminé, nous saurons sa signification, même si nous croyons que c’était le couloir de passage d’un personnage principal » de la civilisation Chimu. Sur le site travaillent actuellement 500 personnes, dont 50 archéologues, réparties en cinq projets de fouilles, indique le chef de l’Unité de recherche et préservation de Chan Chan, Arturo Paredes. Jusqu’à présent, les équipes ont trouvé des peintures murales, des escaliers, des passages, des statues en bois de guerriers de 40 centimètres de hauteur, portant sur le visage un masque d’argile blanche. Les chercheurs ont également déterré des vases, des métiers à tisser et une grande quantité de « spondylus », ensembles de frises avec des figures de langoustes, algues, bateaux de pêcheurs et hommes en train de nager.

Rédaction btlv.fr (source AFP)