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Philosopher, c’est apprendre à mourir

20 janvier 2020 — « Philosopher c’est apprendre à mourir » certifie Montaigne dans Les Essais (I, 19). Le philosophe fait courir là une ligne de pensée qui part de l’Antiquité pour aller jusqu’à la Renaissance. Au cinquième siècle avant J.C., Socrate prétendait déjà que « les vrais philosophes s’exercent à mourir et sont de tous les hommes, ceux qui ont le moins peur de la mort » (Phédon)

Apprendre à mourir c’est donc réussir à ne plus redouter la mort. Sortir de la crainte de notre propre finitude. Il faut pour cela se souvenir en permanence de la condition humaine :  « Memento mori », souviens-toi que tu es mortel et partant ne te prends pas pour un dieu, ne te crois pas éternel et tout puissant. Vis à ta juste mesure. On croit que le temps passe, mais c’est commettre une grave erreur : Le temps ne passe pas, c’est nous qui passons.

Or c’est justement de cela qu’il faut apprendre à ne plus avoir peur. Car de la mort, le seul commerce que nous avons est celui de la frayeur. Elle est la grande terreur. Celle-là même, qui nous empêche de vivre pleinement, de profiter entièrement de la vie, de porter notre puissance d’exister à sa plus grande intensité. Redouter la mort c’est déjà mourir un peu.

Bien plus, la vie ne doit aucunement être vécue parasité par cet effroi morbide. Dans l’Apologie, Socrate affirme :   « En ce qui concerne la mort, de deux choses l’une : Ou bien effectivement celui qui est mort n’est plus rien et ne peut avoir aucune conscience de rien, ou bien, comme on le raconte c’est un changement de domicile qui fait qu’elle passe d’un lieu à un autre »… Si la mort est un anéantissement, elle est comme un long sommeil sans rêve c’est-à-dire un état finalement assez agréable.

Une attitude que l’on retrouvera chez Épicure : la deuxième prescription du Tétrapharmakon invite, elle aussi,  à ne pas s’inquiéter de la mort. Tout simplement car elle n’est rien. En effet, la mort n’a aucun rapport avec nous. Quand elle est là, nous ne sommes plus, et tant que nous sommes vivants, elle n’est pas là ! Finalement, de la même façon qu’on meurt toujours d’un arrêt du cœur, Épicure nous informe qu’on ne meurt jamais de son vivant ! On ne vit pas sa propre mort puisque celle-ci est une désagrégation des atomes qui nous constituent et la privation de toute sensation.

Le philosophe est l’homme d’une double ambition : être libre et heureux. Comme pour les amoureux, l’un n’allant pas sans l’autre. Pour exercer cette liberté et mettre en acte son bonheur, il lui faut s’émanciper de ce qui l’entrave et l’empêche de vivre pleinement.  A commencer par cette sourde hantise de la mort, quand elle n’est pas une angoisse incapacitante. Car, comme le remarquait également Montaigne,  « Qui a appris à mourir, a désappris à servir ».   Ne pas servir ni être asservi.

La logique philosophique est vitaliste. C’est celle d’un affranchissement : Arriver à vivre par-delà la crainte et la plainte, par-delà les peurs et les pleurs. Ne plus redouter, sortir de la terreur pour enfin être libre. « Un homme libre ne pense à autre chose moins qu’à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie » reconnaissait très justement Spinoza.

Si philosopher c’est « apprendre à mourir » ce n’est pas en s’enfonçant dans une contemplation morbide de sa propre finitude ou en se repliant désespéré hors du monde. Il s’agit bien plutôt de plonger au cœur même de la vie pour y à éradiquer, de façon très concrète,  les figures de la mort et tout ce qui nous empêche de vivre. Tout au mieux la philosophie peut-elle ambitionner d’être une Consolation, afin d’apaiser ou d’adoucir la perte et le deuil. Sénèque et Boèce s’y exercèrent. Rappelant qu’il est dans la nature des choses humaines, trop humaines, de passer de vie à trépas.

« Apprendre à mourir » consiste alors chaque jour au moins s’étonner, sinon se réjouir d’être vivant. C’est essayer aussi d’être au plus près de cette vie, ne pas la refouler, ne pas la gâcher ou l’éviter mais au contraire plonger en son cœur le plus profond, à sa source même. Et oser tenter de vivre pleinement, d’exister vraiment.

Mathias Leboeuf (btlv.fr)

 

 

 

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(TECHNOLOGIE) Un aspirateur autonome pour nettoyer les rues

9 mai 2021- Si les robots aspirateurs autonomes, sont désormais très bien connus du grand public, se différenciant par des formes rondes et aplaties, qui leur permettent de pouvoir se glisser dans les endroits les plus difficiles d’accès, tout en évitant les collisions ; la version très grand format de ces aspirateurs d’un nouveau genre, aimerait elle aussi se faire un nom, dans le nettoyage en milieu urbain, cette fois-ci.

UN NETTOYAGE AUTONOME 

Des aspirateurs géants, pour nettoyer les rues en toute autonomie ! C’est exactement ce que propose l’entreprise finlandaise “Trombia Technologie”, qui a récemment entrepris de tester les capacités de son robot de nettoyage urbain, en conditions réelles.

Son nom est Trombia Free, d’une allure massive et futuriste cet aspirateur géant d’une taille de 3,52 mètres de long, et 2,3 mètres de large, vient d’être utilisé afin de nettoyer toute une piste cyclable située dans la capitale finlandaise, Helsinki.

Afin d’éviter les différents présents sur son chemin, sans risquer de bloquer l’appareil, le robot est doté d’un système Lidar (télédétection par laser), ainsi que de puissants capteurs optiques. Autre point fort, Trombia Free peut fonctionner aussi bien de jour que de nuit, et par tous les temps.  Quant à la vitesse de fonctionnement, le robot pourrait atteindre une vitesse de 10 kilomètres par heure, toutefois bridée entre 2 et 6 km/h, pour une meilleure efficacité.

Côté consommation d’énergie, le constructeur de Trombia Free affirme que son aspirateur robot utiliserait à peine 15 pourcents de la puissance habituellement mobilisée par les systèmes de nettoyage urbain traditionnels.

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

2020-06-21T16:24:29+02:0020 janvier 2020|

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