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9 juillet 2020 – On pensait que les Européens étaient à l’origine de la découverte de la Polynésie, et pourtant. D’après une étude publiée dans la revue Nature, ce sont les Amérindiens qui y seraient allés les premiers !

C’est grâce à des analyses ADN que l’on a pu mettre en évidence des croisements génétiques entre les Polynésiens et les Amérindiens qui remontent à avant que les Polynésiens ne s’installent sur l’île de Rapa Nui, alias île de Pâques.

Une étude menée sur 800 sujets issus de 17 îles polynésiennes a mis en perspective le génome de ces individus avec ceux de groupes autochtones sud-américains. Les résultats semblent indiquer que la rencontre a eu lieu en 1150 apr. J.-C., donc bien avant le premier contact euro polynésien qui intervient en 1722. Quant à la localisation de cette rencontre, les experts pensent qu’il s’agirait de l’île de Fatu Hiva, dans les îles Marquises.

UNE HYPOTHÈSE DATANT DES ANNÉES 40

Le premier à suggérer l’idée, c’est Thor Heyerdahl, un explorateur norvégien, en 1947. L’idée fortement controversée n’avait pas convaincu les experts qui n’y ont pas prêté plus d’attention. Loin de décourager Heyerdahl, celui-ci effectue la traver lui-même la traversée pour prouver sa théorie. Théorie en partie validée par l’étude récente qui explique que les Amérindiens se seraient rendus sur l’île avant même l’installation des Polynésiens.

Déjà en 2014, des études ADN menées sur 27 habitants de l’île de Pâques indiquent que 8% de leur patrimoine génétique leur vient des Amérindiens. En poussant un peu plus la recherche, les scientifiques avaient établi que le croisement entre les deux ethnies s’était opéré en 1340 sur l’île de Pâques. L’étude récente la place donc deux siècles plus tôt et sur une île différente.

LA PATATE DOUCE DE LA DISCORDE

D’autres études ADN menées sur la patate douce montrent qu’on en trouvait au Pérou avant qu’elles ne soient plantées en Polynésie. En outre, le terme polynésien pour légume est « Kuumala », un mot qui ressemble fort au quechua «kumara » ou « cumal ».

Qui plus est, la communauté scientifique avance l’idée que même s’il y a eu un croisement génétique, rien n’indique qu’il ait eu lieu sur l’île et pas sur le continent où les Polynésiens ont pu se rendre en amont et emmener avec eux des locaux et la patate douce.

Affaire à suivre…

Margaux Naudin (Rédaction btlv.fr / Source Nature)