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15 avril 2019 — Détruit par le grand incendie de Rome, la « Domus Transitoria », le premier palais de l’empereur Néron (37-68), a ouvert pour la première fois au public vendredi après 10 ans d’une restauration délicate.

Si ce palais somptueux autrefois orné de feuilles d’or, de pierres précieuses et de perles est en ruines, les visiteurs peuvent se consoler avec les latrines très bien conservées juste à côté.

Le palais était conçu pour soulager l’empereur de la chaleur étouffante des étés romains: selon les archéologues, il s’asseyait probablement sur un trône en marbre, face à un alignement de fontaines, à l’ombre d’un auvent en soie.

Mais il n’a pas pu profiter longtemps de sa « Domus Transitoria », appelée ainsi parce qu’elle lui permettait de rallier les deux collines du Palatin et de l’Esquilin.

La nuit du 18 juillet 64, un incendie s’est déclaré à Rome: faisant rage pendant plus d’une semaine, il a quasiment détruit la Ville éternelle, y compris le palais dont les ruines gardent encore des traces de l’immense brasier.

Néron a alors rapidement dessiné et fait construire un nouveau palais, l’immense « Domus Aurea » (la Maison Dorée), somptueux complexe de bâtiments avec des jardins, des vignes et même un lac artificiel.

Ironie de l’histoire, ce sont les latrines, probablement construites pour les ouvriers et esclaves employés sur ce vaste chantier, qui ont le mieux résisté au temps.

Les murs sont peints en rouge pour masquer la saleté et, par terre, un canal autrefois alimenté en eau permettait de mouiller une éponge accrochée à un bâton pour se nettoyer.

Loin d’être mal vu, l’endroit était un lieu où l’on pouvait rester longtemps à échanger les nouvelles et les rumeurs du jour.

Une rumeur tenace veut que Néron lui-même ait ordonné d’allumer l’incendie. L’historien Tacite raconte qu’il a pour sa part accusé les premiers chrétiens, qui subirent alors de violentes persécutions.

Sur le site de la « Domus Transitoria », ce que le feu n’a pas détruit a été emporté par les successeurs de Néron. Ainsi, la plupart des colonnes, dalles et murs de marbre ont servi à la construction des thermes de Trajan (53-117).

Mais le bâtiment retrouve sa gloire et ses couleurs grâce à deux installations vidéo et à un parcours en réalité virtuelle.

Grand amateur des légendes de la guerre de Troie, Néron avait fait peindre les plafonds de son palais de scènes mythiques de l’épopée troyenne, dont certaines sont désormais exposées au Musée Palatin.

Ces fresques sont attribuées au peintre Fabullus, dont les oeuvres dans la « Domus Aurea » ont eu une profonde influence sur des artistes de la Renaissance comme Raphaël.

« Le visiteur va faire l’expérience, en personne et grâce à la réalité virtuelle, du génie architectural de l’empereur et de ses expérimentations en matière de marbres et de décorations », explique Alfonsina Russo, directrice de ce vaste site archéologique, qui comprend aussi le Colisée et le forum impérial.

Rédaction btlv.fr (source AFP)