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(SANTÉ) La surconsommation d’antibiotiques provoque le décès de 25 000 personnes dans l’Union Européenne

15 avril 2021 — La résistance aux antibiotiques est malheureusement de plus en plus répandue et est en partie dû à la surconsommation de ceux-ci. Un groupe de médecins américains provenant des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) a publié  un rapport révélant qu’un tiers des prescriptions d’antibiotiques délivrées dans des cabinets médicaux étaient inutiles. Ils ajoutent également que la moitié était inadaptée du fait de leur « large spectre d’efficacité », c’est-à-dire qu’un même médicament peut être pris pour différents maux détruisant alors plus d’organismes que nécessaire. C’est d’ailleurs cette attitude qui est en partie la cause de la résistance aux antibiotiques.  Le même rapport a également montré qu’aux Etats-Unis, sur une population de 1000 personnes, 506 personnes se sont vues prescrire des antibiotiques alors que seulement 353 en avaient besoin. L’été dernier, des chercheurs du centre hospitalier St. John de Detroit aux Etats-Unis ont exposé des chiffres concernant la prescription d’antibiotiques pour soigner une potentielle IST (Infection Sexuellement Transmissible) à l’occasion d’une conférence. Ces résultats ont révélé que les trois quarts des patients ayant pris les antibiotiques n’en avaient en réalité pas besoin. Au total 1/3 des traitements antibiotiques ne sont pas justifiés.

POURQUOI NE PAS ARRÊTER LES PRESCRIPTIONS ?

Puisque la prescription des antibiotiques semble être la cause de tous ces maux, pourquoi ne pas l’arrêter ou au moins la réduire ? Mais ce n’est pas aussi simple que ça. Lauri Hicks, médecin et responsable du Bureau en charge de la gestion des antibiotiques au Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies, explique que « dans l’imaginaire collectif, même au sein du monde médical, plus on administre d’antibiotiques, mieux c’est. On considère le traitement comme l’approche la plus sûre. » David Hyun, spécialiste de maladies infectieuses ajoute que certains médecins ne prennent pas le temps d’expliquer  la non-nécessité de l’antibiotique pour différents cas de peur de se voir reprocher de prendre trop de temps lors de la consultation. La satisfaction du patient est également un facteur qui favorise la prescription abusive des antibiotiques. C’est ce qu’on appelle l’effet Yelp. Cette application permet de noter la consultation et le médecin. Les avis récoltés étaient pris en compte pour les recrutements de professionnels de santé. L’apparition des cabinets médicaux indépendants n’a pas aidé. « L’un des phrases les plus fréquentes que nous entendons lors d’entretiens est : « Si vous ne leur prescrivez pas d’antibiotiques, ils se rendront au centre d’accueil de l’autre côté de la rue et y obtiendront leurs antibiotiques ». Il y a une motivation économique. Les médecins souhaitent garder leurs patients. » éclaire David Hyun. Lauri Hicks pense que pour palier au problème des prescriptions non justifiées il faut « faire des progrès en matière de communication sur les avantages et les risques que comportent les antibiotiques » et bien évidemment ne pas en abuser.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

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(SCIENCE) Les humains pourraient développer un sixième sens

12 mai 2021 — Les humains, on le sait, ont des sens très limités. Nous ne pouvons pas sentir aussi bien que les chiens, voir autant de couleurs que les crevettes mantes ou trouver le chemin de la maison en utilisant les pôles magnétiques de la terre comme les tortues de mer. Toutefois, d’après les scientifiques, il y a un sens animal que nous pourrions bientôt maîtriser : l’écholocation à l’instar des chauves-souris. C’est ce que vient de démontrer, en laboratoire, une équipe de scientifiques japonais. Leurs travaux montrent que les humains peuvent utiliser l’écholocation, autrement dit « la capacité à localiser des objets par le son ». Ces mêmes chercheurs sont certains qu’une telle technique sensorielle

pourrait nous aider à « voir » dans l’obscurité. Dans tous les cas suffisamment pour pouvoir nous y déplacer.

COMME LE FONT LES CHAUVES-SOURIS

Pour se déplacer, les chauves-souris envoient des ondes sonores aiguës sous des angles distincts qui rebondissent à différents intervalles de temps. Cela les aide à en savoir plus sur la géométrie d’un environnement, la texture ou le mouvement d’un objet. Si nous pouvions agir de la même façon, cela élargirait notre vision du monde tel que nous le connaissons comme l’exprime Miwa Sumiya, chercheuse au Centre de l’information neuronale d’Osaka au Japon et auteure d’une nouvelle étude (ndlr : disponible seulement en Anglais) publiée sur Plos One : « Examiner comment les humains peuvent acquérir de nouvelles capacités de détection pour reconnaître des environnements à l’aide de sons [c’est-à-dire, l’écholocation] peut conduire à la compréhension de l’adaptabilité du cerveau humain ». La chercheuse en est certaine : « Nous sommes également en mesure de mieux comprendre les stratégies de détections d’autres espèces [comme les chauves-souris] en les comparant aux connaissances acquises dans les études sur l’écholocalisation humaine ».

DES TESTS GRANDEUR NATURE

Pour tenter de valider cette théorie, l’équipe de Sumiya a créé une simulation élaborée. Les chercheurs ont réunis dans un première pièce des volontaires à qui ils ont donné une paire d’écouteurs et deux tablettes différentes. L’une pour générer leur signal d’écholocation synthétique et l’autre pour écouter les échos enregistrés.

Dans une deuxième pièce, non visibles par les participants, deux cylindres 3D de forme étrange tournaient ou restaient immobiles. Les 15 sujets ont été invités à lancer des signaux d’écholocation via leur tablette. Les ondes émises par impulsions, sont allées rebondir dans la deuxième pièce sur les cylindres 3D. La chercheuse signale qu’il a fallu faire preuve de créativité pour transformer les ondes sonores en quelque chose que les participants humains ont pu reconnaître. Les chercheurs ont demandé aux participants de déterminer si les échos qu’ils entendaient provenaient d’un objet immobile ou en rotation. Ils ont pu identifier de manière fiable les deux cylindres en rotation en utilisant les signaux d’écholocation variant dans le temps qui rebondissaient sur les cylindres. En revanche, les participants ont eu plus de mal à identifier la forme des cylindres fixes. Les chercheurs affirment que leurs travaux prouvent que les humains, comme les chauves-souris, sont capables d’interpréter les objets par le son. Dans un avenir proche, les ingénieurs pourraient intégrer cette technologie dans nos téléphones portables, les montres connectées ou dans nos lunettes. Une technologie qui pourrait faciliter le déplacement de personnes malvoyantes.

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)

2021-04-15T13:45:16+02:0015 avril 2021|

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