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(SANTÉ) L’orthorexie, où quand manger sain devient malsain

7 mai 2021 – On vous invite à faire un bon repas entre amis ? Impossible, on va manger de la viande, il y aura du mauvais gras, certains plats seront industriels, les légumes ne seront pas bio et le sucre, le gluten ou le lait vont encore vous rendre malade ! Au menu pour votre prochain repas : 30 grammes de protéines, 30% de fibres, une assiette de légumes, une cuillère d’huile d’olive vierge bio de première pression à froid… N’êtes-vous pas tombé dans le piège de l’obsession du « manger » sain à tout prix ?

Les enquêtes d’opinion le confirment année après année : près de huit français sur dix se disent soucieux de leur alimentation et de la composition de leur assiette. Selon le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Condition de vie (CREDOC), les français se trouvent « tiraillés entre la tradition culinaire nationale et l’augmentation des pathologies du comportement alimentaire. L’obsession de la minceur cède la place à celle du manger sain.

« On ne dit plus qu’on fait un régime : dorénavant on mange « sainement » et on fait « attention », on se « surveille », écrit le médecin-nutritionniste, Jean-Philippe Zermati, dans son livre « Osez manger, libérez-vous du contrôle » : «  L’ensemble des injonctions n’a produit qu’une chose : augmenter notre anxiété alimentaire. Nous ne savons plus manger avec insouciance et légèreté ».

UNE TENDANCE QUI PORTE UN NOM

La volonté de contrôler son alimentation jusqu’au moindre nutriment porte un nom : l’orthorexie. Ce terme est formé du grec orthos (droit ou correct) et orexis (appétit). Cette pratique alimentaire consiste à vouloir d’une façon obsessionnelle ingérer une nourriture saine et rejeter systématiquement les aliments perçus comme malsains (« malbouffe »).

Ce terme est né aux États-Unis, en 1997, suite aux travaux du Docteur Steven Bratman qui a déterminé un nouveau genre de trouble alimentaire. Ce médecin a mis au en place un test informel pour mieux caractériser le degré d’obsession du patient pour le contrôle de sa nourriture.

Des questions lui sont posées telles que : « la valeur nutritionnelle de votre repas est-elle, à vos yeux, plus importante que le plaisir de le déguster ?  Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ? Etes-vous  récemment devenu(e) plus exigeant(e) avec vous-même ?  Votre amour propre est-il renforcé par votre volonté de manger sain ? Passez-vous plus de trois heures par jour à penser à votre régime alimentaire ? Votre régime alimentaire vous isole-t-il, gène-il vos sorties, vous éloignant de votre famille et de vos amis ? Votre amour propre est-il renforcé par votre volonté de mangé sain ? Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments « sains » ? Eprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez sain ? La qualité de votre vie s’est-elle dégradée, alors que la qualité de votre nourriture s’est améliorée ? »…

En répondant « oui » à toutes les questions, vous montrez que vous êtes complètement obsédé par le fait de manger sain. Bien sûr ce test n’est qu’une indication et ne fait d’ailleurs pas l’unanimité parmi les chercheurs.

Ce thérapeute affirme que ce comportement peut se transformer en une fixation pathologique qui peut déboucher sur un sentiment de culpabilité, voire à des autopunitions. Dans des cas extrêmes plutôt rares, cela pourrait même conduire à la malnutrition, à l’isolement social, à la perte de l’appétit de vivre, ou à des troubles du comportement alimentaires déjà répertoriés par les classifications internationales des troubles mentaux : la boulimie, l’anorexie et l’hyperphagie.

UN TERME QUI FAIT DÉBAT

L’orthorexie ne fait cependant pas l’objet d’une reconnaissance officielle qui la classerait comme une quatrième maladie mentale liée à l’alimentation.

Dr Camille Adamiec qui a fait une thèse sur ce sujet, considère le concept d’orthorexie trop rigide dans la définition qu’en donne Bratman. Elle constate que les questions d’alimentation et de santé sont centrales dans la vie des individus et permettent de construire leur identité et leur rapport au monde. Après des entretiens de terrain, elle dédramatise le sujet et conclut que les orthorexiques « ne se sentent ni exclus, ni en souffrance », mais que « cette éthique de vie les aide à gérer leurs inquiétudes, à les rendre plus heureux et à aller mieux ». Elle voit l’orthorexie plutôt comme un choix de mode de vie. De plus, elle considère que le terme d’orthorexie est déjà galvaudé et propose de trouver une nouvelle terminologie pour qualifier ces pratiques.

En tout cas, le point commun de l’orthorexie avec toutes les pathologies alimentaires, c’est la question du contrôle mental. Sylvie Benkemoun, psychologue présidente du groupe de recherche sur l’obésité et le surpoids (GROS), résume le phénomène : « L’orthorexique mange en suivant des modèles et des règles extérieures, non en écoutant ses sensations et ses goûts. La perception de la faim, de la satiété et du rassasiement est altérée. Or, pour être bon à manger, un aliment doit être bon à penser. »

En fait, tous les thérapeutes et spécialistes du sujet s’accordent à désigner le meilleur remède : réapprendre à écouter ses envies pour retrouver le plaisir de se nourrir ! Sortir de cet hyper-contrôle nécessite de réapprendre à manger avec son corps… et non plus avec sa tête. C’est ce que vise une approche appelée « l’alimentation intuitive », synthétisée en dix principes :

Ainsi, pour les tenants de l’alimentation intuitive, plus rien n’est interdit : c’est le plaisir qui guide les conduites alimentaires. Et comme il diminue au fur et à mesure que l’on déguste un aliment, le rassasiement vient tout naturellement !

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

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(ASTRONOMIE) Une étoile clignote au centre de notre galaxie

14 juin 2021 – A première vue, on pourrait penser que le phénomène n’a rien de véritablement inédit, et a déjà été répertorié à plusieurs reprises ; en effet, des étoiles dont la luminosité varie, cela existe et ce n’est plus tout à fait une nouveauté.

Pourtant une étoile en particulier, baptisée “VVV-WIT-08”, par les astronomes ne ressemble pas à ces premiers cas déjà recensés. Ce mystérieux astre à été repéré par des chercheurs de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni, en étudiant les données enregistrées par le télescope Vista, de l’Observatoire européen austral (ESO), basé au Chili. D’ailleurs, ce télescope sert spécifiquement à observer près d’un milliard d’étoiles, dans le but d’y repérer d’éventuelles variations de luminosité. « Parfois, nous trouvons des étoiles variables qui n’entrent dans aucune catégorie établie. Nous les surnommons les objets “WIT” », explique, dans un communiqué, Philip Lucas qui est chercheur à l’Université d’Hertfordshire, au  Royaume-Uni.

Et pour cause, les astronomes ont observé la luminosité de l’étoile VVV-WIT-08 diminué de 97% pourcent ! Une quasi disparition, mais de courte durée, puisque quelques semaines plus tard, l’étoile réapparaissait, aussi brillante que d’habitude.

UNE NOUVELLE CLASSE D’ÉTOILES

Pour tenter d’expliquer cette perte de luminosité brutale et soudaine, de l’étoile VVV-WIT-08, les scientifiques ont étudié plusieurs pistes…

A partir de ces hypothèses, les scientifiques ont tout d’abord pensé qu’un objet sombre avait pu passer devant l’étoile, bloquant ainsi les rayons émis par VVV-WIT-08 ; une piste appuyée par le fait que l’astre se trouve dans une région assez dense de notre galaxie, au centre de la Voie lactée.

Une première théorie mise à l’écart par la suite, lorsque des simulations ont permis aux chercheurs de s’apercevoir qu’il faudrait que le nombre d’objets volants au sein de notre galaxie soit bien plus important, afin d’en arriver à un tel résultat.

Désormais, les scientifiques s’intéressent à une nouvelle, qu’ils jugent plus probable. Pour eux, VVV-WIT-08 appartient certainement à une nouvelle classe, parmi le système des étoiles binaires une nouvelle catégorie désormais désignés comme “géantes clignotantes”.

Selon les chercheurs ces nouvelles géantes clignotantes sont donc des étoiles géantes, en moyenne 100 fois plus grande que notre Soleil, mais qui malgré leurs tailles, se font tout de même éclipser de temps en temps, environ une fois sur plusieurs décennies, par un autre astre pour le moment indéterminé. Il pourrait aussi bien s’agir d’une seconde étoile, que d’une planète dont le disque opaque parviendrait à éclipser des géantes clignotantes, comme VVV-WIT-08.

Samuel Agutter (rédaction bltv.fr)

2021-05-07T17:25:48+02:007 mai 2021|

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