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(SANTÉ) Quand bébé dort avec ses parents, le sommeil partagé est-il préjudiciable ?

16 avril 2021- Est-ce que bébé « fait ses nuits » ? Qui n’a pas entendu cette question posée à des jeunes parents, parfois à peine sortis de la maternité ?

Quand les parents disent pratiquer le « sommeil partagé », ils s’attirent généralement de très vives critiques, que ce soit de la part de leur entourage ou des professionnels de l’enfance.

On leur dit qu’ils ne faut pas céder au caprice du bébé, que cette pratique est nocive pour la future autonomie de l’enfant,  qu’ils risquent d’écraser ou d’étouffer bébé (physiquement et moralement !), que c’est la fin de l’intimité dans le couple, et même que c’est la porte ouverte aux abus sexuels !

Cette « pensée unique » est très présente, en France et dans beaucoup de pays occidentaux, et les parents ont tellement été formatés à l’idée que l’enfant doit dormir dans sa chambre, qu’ils préfèrent mentir et répondre qu’il dort  effectivement dans sa chambre, même si n’est pas le cas !

Plusieurs études le démontrent d’ailleurs. L’une d’entre elles, a été effectuée il y a quelques années, au sein d’une population ouvrière du nord-est de l’Angleterre. On a demandé aux parents où dormaient leur bébé. Ensuite on a installé des caméras infrarouges dans la chambre des parents. Quand on a visionné les enregistrements vidéos, on s’est aperçu que près de la moitié des enfants qui passaient toute ou une partie de la nuit dans la chambre de leurs parents avaient été déclarés par ces derniers comme dormant dans une pièce séparée !

QU’EST-CE QUE LE SOMMEIL PARTAGÉ ?

Dans leur livre :  Comment dorment les bébés : pour ou contre le sommeil partagé,  (Naître, Grandir, Devenir), Belin, 2014 -, Claude Suzanne, Didier Jean Jouveau, Jacky Israël, et James McKenna, membres du GREEN (Groupe de Recherches et d’Etudes sur le Nouveau-né) expliquent que le sommeil partagé, « Co-sleeping » en anglais, ou « cododo » en langage familier, suppose «une proximité assez grande entre l’enfant et les parents pour que ces derniers, et plus particulièrement la mère dans les premiers temps, perçoivent les signaux que peut émettre l’enfant, et que l’enfant perçoive ceux émis par les parents. »

Cela ne signifie donc pas obligatoirement que l’enfant se trouve dans le lit des parents : « Ce n’est là qu’une des modalités du sommeil partagé, qui permet en fait une grande souplesse : enfant dans le lit des parent, enfant sur un petit matelas par terre ou dans un petit lit à côté du lit des parents, enfant dans un lit en side-car (lit à trois côtés accroché au lit des parents), etc. Les modalités peuvent varier au cours du temps, selon l’âge de l’enfant. Elle peuvent également varier au cours de la nuit : l’enfant peut la commencer dans une pièce à part et être amené dans la chambre des parents au premier réveil. Ou bien la mère peut commencer sa nuit avec son compagnon et rejoindre plus tard l’enfant dans sa chambre ».

Déjà le premier livre français traitant du sommeil partagé : Dormir avec son bébé, de Nathalie Roques, (paru en 2002, aux éditions l’Harmattan), soulignait à quel point la proximité nocturne mère-enfant répond au besoin fondamentaux du nourrisson, et facilite notamment les tétées nocturnes.

Mais les porte-parole du GREEN vont encore plus loin puisqu’ils démontrent point par point que ces opinions négatives à l’encontre du sommeil partagé ne sont pas fondées.

Tout d’abord, le co-sleeping a des conséquences bénéfiques sur la respiration de l’enfant, son rythme cardiaque, sa température…Il possède donc un grand intérêt dans la prévention de la mort subite du nourrisson.

Il satisfait en outre le besoin fondamental de proximité : « La proximité corporelle permet au bébé, qui se retrouve en « terrain connu » (toucher, agrippement, fouissement, odeur, voix…) d’être rassuré, et à l’adulte de répondre sans délai à ses cris-pleurs, qui ont à la fois une fonction de déclenchement des soins et une fonction sociale adaptative, celle d’appeler un autre individu de la même espèce. »

Il joue surtout un rôle essentiel dans le processus d’attachement entre l’enfant et les parents : cette « présence régulatrice » est particulièrement importantes pour les bébés vulnérables et pour les prématurés.

Quant à écraser son enfant, c’est un mythe qui viendrait en grande partie, selon les auteurs, du discours de l’Eglise qui, à une époque, a mené campagne contre le fait de garder l’enfant dans son lit parce que cela permettrait « une forme d’infanticide déguisé en suffocation ».  Car, mis à part des cas d’étouffement volontaire, rares sont les cas d’enfants écrasés dans les lit des parents !

En tout cas, un chiffre est parlant : 97% des décès d’enfant se produisent alors que l’enfant se trouve hors du lit familial contre 3% qui ont lieu dans le lit des parents.

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

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(SCIENCE) Les humains pourraient développer un sixième sens

12 mai 2021 — Les humains, on le sait, ont des sens très limités. Nous ne pouvons pas sentir aussi bien que les chiens, voir autant de couleurs que les crevettes mantes ou trouver le chemin de la maison en utilisant les pôles magnétiques de la terre comme les tortues de mer. Toutefois, d’après les scientifiques, il y a un sens animal que nous pourrions bientôt maîtriser : l’écholocation à l’instar des chauves-souris. C’est ce que vient de démontrer, en laboratoire, une équipe de scientifiques japonais. Leurs travaux montrent que les humains peuvent utiliser l’écholocation, autrement dit « la capacité à localiser des objets par le son ». Ces mêmes chercheurs sont certains qu’une telle technique sensorielle

pourrait nous aider à « voir » dans l’obscurité. Dans tous les cas suffisamment pour pouvoir nous y déplacer.

COMME LE FONT LES CHAUVES-SOURIS

Pour se déplacer, les chauves-souris envoient des ondes sonores aiguës sous des angles distincts qui rebondissent à différents intervalles de temps. Cela les aide à en savoir plus sur la géométrie d’un environnement, la texture ou le mouvement d’un objet. Si nous pouvions agir de la même façon, cela élargirait notre vision du monde tel que nous le connaissons comme l’exprime Miwa Sumiya, chercheuse au Centre de l’information neuronale d’Osaka au Japon et auteure d’une nouvelle étude (ndlr : disponible seulement en Anglais) publiée sur Plos One : « Examiner comment les humains peuvent acquérir de nouvelles capacités de détection pour reconnaître des environnements à l’aide de sons [c’est-à-dire, l’écholocation] peut conduire à la compréhension de l’adaptabilité du cerveau humain ». La chercheuse en est certaine : « Nous sommes également en mesure de mieux comprendre les stratégies de détections d’autres espèces [comme les chauves-souris] en les comparant aux connaissances acquises dans les études sur l’écholocalisation humaine ».

DES TESTS GRANDEUR NATURE

Pour tenter de valider cette théorie, l’équipe de Sumiya a créé une simulation élaborée. Les chercheurs ont réunis dans un première pièce des volontaires à qui ils ont donné une paire d’écouteurs et deux tablettes différentes. L’une pour générer leur signal d’écholocation synthétique et l’autre pour écouter les échos enregistrés.

Dans une deuxième pièce, non visibles par les participants, deux cylindres 3D de forme étrange tournaient ou restaient immobiles. Les 15 sujets ont été invités à lancer des signaux d’écholocation via leur tablette. Les ondes émises par impulsions, sont allées rebondir dans la deuxième pièce sur les cylindres 3D. La chercheuse signale qu’il a fallu faire preuve de créativité pour transformer les ondes sonores en quelque chose que les participants humains ont pu reconnaître. Les chercheurs ont demandé aux participants de déterminer si les échos qu’ils entendaient provenaient d’un objet immobile ou en rotation. Ils ont pu identifier de manière fiable les deux cylindres en rotation en utilisant les signaux d’écholocation variant dans le temps qui rebondissaient sur les cylindres. En revanche, les participants ont eu plus de mal à identifier la forme des cylindres fixes. Les chercheurs affirment que leurs travaux prouvent que les humains, comme les chauves-souris, sont capables d’interpréter les objets par le son. Dans un avenir proche, les ingénieurs pourraient intégrer cette technologie dans nos téléphones portables, les montres connectées ou dans nos lunettes. Une technologie qui pourrait faciliter le déplacement de personnes malvoyantes.

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)

2021-04-16T16:38:47+02:0016 avril 2021|

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