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(SCIENCE) L’addiction au numérique modifie nos cerveaux

3 décembre 2020 – Nous consommons de plus en plus de médias numériques : vidéos, journaux, contenus divers et variés sur nos téléphones, tablettes et ordinateurs. Les conséquences sur le cerveau et sur nos comportements peuvent être étonnantes, voire inquiétantes.

MODIFICATION DE LA MÉMOIRE ET DE LA CONCENTRATION

Le neurologue Lionel Naccache, explique que si notre cerveau reste « génétiquement constant », il s’adapte aux transformations de notre société. Nos capacités cognitives s’en trouvent amoindries. En effet, désormais, quand nous avons besoin d’une information, nous cherchons dans notre portable plutôt que de faire appel à nos propres connaissances et cela ne permet pas de stimuler la mémoire. Ces outils numériques ont également tendance à modifier notre concentration et nos comportements. – Exécuter une tâche et jeter un œil régulièrement sur les réseaux sociaux ou consulter sa boite mails, au cas où (le multitasking) joue sur la concentration. – Le bombardement d’informations qui interrompt le travail par des appels ou des notifications qui altère la capacité d’enchaîner les tâches efficacement. – Les jeux vidéo ont tendance à déconnecter l’individu de la réalité et peuvent rendre les joueurs plus associaux, voire violents, d’après une étude australienne (Université de Queensland). Ils sont en revanche, d’après certains neuroscientifiques, stimulants, cérébralement parlant. Une chercheuse Allemande, Simone Kühn, avait d’ailleurs mis en évidence le développement des régions cérébrales liées à la mémoire, la planification stratégique, l’orientation spatiale, et les capacités psychomotrices chez des ados qui jouaient à Super Mario.

LES ADDICTIONS DANGEREUSES

Ces pratiques addictives sont de plus en plus étudiées par les scientifiques. Est-ce que ces addictions modifient le cerveau ? « Absolument », répond sans hésiter le Dr Nicholas Kardaras, qui avait été interrogé par « Envoyé spécial ». Une douzaine d’expériences d’imagerie cérébrale ont montré que le cortex frontal rétrécit quand on passe trop de temps sur les écrans. Cet expert en addictologie pense que c’est une « héroïne numérique ».

D’après Nicholas Kardaras « une personne qui a un cortex frontal rétréci et moins de matière grise devient plus impulsive, plus sujette aux addictions, plus agressive ». Les personnes addictes aux supports numériques ont alors du mal à prendre de bonnes décisions et perdent petit à petit leurs capacités d’enchaînements logiques. L’addiction aux écrans augmente la pression sanguine, le rythme cardiaque et les poussées de stress mais peut aussi causer des symptômes proches de l’autisme ou des troubles de bipolarité. Heureusement, contrairement aux drogues, les effets négatifs de l’overdose numérique s’arrêtent à partir du moment où l’on baisse « les doses ».

Alors pourquoi, est-il si difficile de stopper ou de ralentir ? Le neurologue Gary Small explique : « il y a une partie du cerveau appelée le lobe frontal. C’est le cerveau de la pensée. Il ordonne au circuit de la dopamine [l’hormone du plaisir… et de la dépendance] : « Ça suffit, tu devrais arrêter, parce que ça bousille ta vie ! » Mais parfois, le lobe frontal est affaibli par ces pratiques… ».

LA PERTURBATION DU SOMMEIL

L’hyperconnexion nuirait gravement à notre sommeil. En effet, les écrans lumineux, les fluctuations d’éclairages, la fréquence des images par seconde sont des excitants. La lumière bleue qui sort des écrans LED inhiberait la sécrétion de mélatonine. Cette hormone du sommeil a aussi un effet sur l’appétit et le système immunitaire. Il suffirait de couper les écrans une heure avant d’aller se coucher afin de pallier aux effets nocifs.

LA VOIE DU MILIEU

L’addiction digitale est souvent liée à d’autres perturbations émotionnelles ou psychologiques. Etant régulièrement associée à la phobie sociale ou, par exemple encore à la dépression, il serait intéressant de voir si cette éventuelle cause pourrait être traitée. Dans tous les cas, tout dépend comment on utilise l’outil : comme le dit Abigail Baird, une chercheuse américaine en neurosciences : « oui, vous pouvez tuer quelqu’un avec un marteau. Mais la plupart des gens ne le font pas ». Alors pour vivre avec notre temps sans être dépendant de nos écrans connectés, prenons la voie du milieu et déconnectons-nous de temps en temps.

Frédéric Vincent est venu nous parler de son livre Geek Theroy.  Il raconte le quotidien étrange et répétitif d’un geek cynique qui pense la vie réelle comme un jeu en ligne. Frédéric Vincent a été interviewé sur btlv par Philippe Liénard dans l’émission  « Sans langue de bois : Héros ou esclaves de nos ordinateurs ? ». (réservé aux abonnés)

Thierry Penin (rédaction btlv.fr)

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À la Une

(CULTURE) Cette nouvelle émission de télé va réveiller les morts !

21 avril 2021 – L’émission s’intitulera “Hôtel du temps”, et sera présentée par l’animateur Thierry Ardisson, sur la chaîne France 3… Le concept ?

Réaliser des interviews de grandes stars décédées, le tout, grâce aux effets spéciaux ; pour évoquer avec elles, leur carrière ou leurs engagements personnels. En bref, ressusciter les morts.

DES INTERVIEWS FICTIONS

Les interviews de l’Hôtel du temps, seront bien sûr fictives, Thierry Ardisson affirme d’ailleurs qu’elles seront réalisées en se servant de vraies déclarations tenues par les célébrités défuntes. Le tout, illustré par des effets spéciaux, comme avec la technique innovante du “Face Retriever », qui serait encore plus efficace que les désormais célèbres deepfakes, hypertrucage en bon français, tels qu’utilisés dans l’émission d’imitation “C’est Canteloup”, sur TF1.

DES DEEP-FAKES AMÉLIORÉS 

Cette méthode du face retriever est un concept inédit, entièrement pensé pour l’émission Hôtel du temps.

Plus concrètement, son fonctionnement repose sur la technologie, deepfake, mais va un peu plus loin. En effet, pour réaliser une interview, l’émission fera appel à deux personnes : un comédien pour le physique et la personnalité de la célébrité interviewée ; et un imitateur, qui s’assurera de reproduire une voix, la plus proche possible de la star censée être présente.

UN PROJET LONG ET COÛTEUX

Le projet de l’hôtel du temps, est aussi ambitieux que coûteux, en effet, selon le Parisien, le budget de l’émission serait proche des 600 000 euros. Un premier numéro, avec pour invité, Jean Gabin, pour lequel il aura fallu près de deux ans de préparation, avant de pouvoir commencer à tourner.

Un concept d’émission auquel songeait Thierry Ardisson, depuis longtemps. L’animateur a pu s’y consacrer pleinement, après son départ de la chaîne C8, en 2019.

Avant d’arriver sur France 3, l’émission avait été proposée à la diffusion, aux deux plus grandes plateformes de streaming légal Netflix, et Amazon Prime Video, sans succès. C’est finalement le groupe France Télévision, qui s’est laissé convaincre par l’originalité du concept.

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

2020-12-05T20:46:07+01:003 décembre 2020|

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