12 août 2022 – Souvent lorsque l’on parle d’observatoire astronomique ancien, on pense directement au site de Stonehenge avec ses menhirs, au Royaume-Uni. Et pourtant, il y en a bien plus ancien qui se trouve bien plus au Sud, sur le continent africain.

L’astronomie est considérée comme la plus vieille science naturelle de l’histoire. De nombreuses civilisations se sont demandés qu’elle était l’origine de la vie avant nous, comment s’est formé l’Univers, etc. Beaucoup ont calqué leur fonctionnement sur celui des astres. Et pour suivre la courbe des planètes et des étoiles dans le ciel, rien de mieux qu’un observatoire astronomique.

PREMIER SITE ASTRONOMIQUE

En 1973, un guide égyptien, Eide Mariff, découvre à Nabta Playa, en Égypte, un site archéologique. Il y conduit par la suite l’archéologue Fred Wendord. Ce dernier s’intéresse tout particulièrement à un cercle de pierres de 4 mètres de large.

Kim Malville, archéologue et astronome de l’Université du Colorado au États-Unis, comprend que cette installation sert à marquer la position du soleil lors du solstice d’été, marquant le début de la saison des pluies. Les datations au carbone 14 révèle que le site aurait été érigé 4 800 ans avant J.-C.

« C’est en Afrique que l’humanité a commencé, il est donc plutôt logique que ce soit à cet endroit du monde, où les hommes se sont sédentarisés, que l’on trouve le premier site de ce type » explique Éric Lagadec, astrophysicien et Président de la Société Française d’Astronomie et d’Astrophysique.

lobservatoire astronomique

Reconstitution du cercle de pierres de Nabta Playa, au musée de la Nubie à Assouan  © Raymbetz

UNE HISTOIRE OUBLIÉE

De nombreuses sciences sont venues directement du continent africain, comme les mathématiques, ou l’astronomie. Et pourtant aujourd’hui, elles n’y sont pas beaucoup développées. L’histoire mondiale, l’esclavage et la colonisation y sont pour beaucoup.

« Mais les choses avancent dans le bon sens » se réjouit Éric Lagadec. Aujourd’hui, les collaborations ne cessent de se multiplier. Par exemple, le Square Kilometre Array, qui est le projet de télescope radio géant le plus important, verra le jour entre l’Afrique du Sud et l’Australie.

Il est vrai que l’Afrique présente un atout de taille, il est « le continent ayant le moins de pollution lumineuse, quand on compare la carte de l’Europe avec celle du continent africain, c’est frappant. Ce qui en fait un terrain privilégié d’observation ».

Ainsi, redonner sa place à l’Afrique permettrait de nombreuses avancées dans les sciences. « L’astronomie c’est une porte d’entrée vers les sciences, mais au-delà, cette science peut apporter beaucoup et notamment du point de vue du développement et des avancées sociales ».

Noémie Perrin (rédaction btlv.fr Source Geo)

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