9 septembre 2022 – Des chercheurs ont étudié une série de pièces byzantines qui pourraient peut-être représenter une supernova visible pendant un mois.

En 1054 après J.-C., une étoile en manque de carburant, a terminé sa vie dans une fabuleuse explosion de supernova. Elle était si éblouissante que, malgré le fait qu’elle se trouve à 6 500 années-lumière de la Terre, elle a été visible dans le ciel pendant 23 jours et plusieurs centaines de nuits après.

Les astronomes chinois ont surnommé cette explosion « star invitée ». D’autres observateurs qui se trouvaient au Japon, en Irak et dans les Amériques ont écrit sur cette soudaine apparition. Malgré cet évènement marquant et unique, en Europe, il n’existe aucune trace de la supernova.

UNE SUPERNOVA INTERDITE ?

À l’époque où eut lieu l’explosion, l’empereur byzantin Constantin IX et l’église chrétienne étaient au pouvoir. L’une des raisons qu’avance l’équipe de chercheurs à cette supernova inexistante est qu’il est possible que l’église ait ordonné que soit ignoré l’étoile.

Dans leur étude publiée en août 2022 dans la revue dans le Journal Européen des Sciences et de la Théologie, les astronomes avancent que l’église a pu avoir un « préjugé philosophique contre tout changement observé dans le ciel nocturne supposément parfait et éternel ».

« Compte tenu de la position de l’Église sur l’astronomie/astrologie, il y aurait une forte incitation à ne pas signaler la survenue d’un événement – y compris une supernova évidente – qui menacerait le statu quo théologique/astronomique ».

CONTOURNER LA CENSURE

Les chercheurs en sont venus à cette conclusion en observant une série de pièces byzantines en édition limitée représentant deux étoiles, frappées sous le règne de Constantin IX, contrairement aux autres ne montrant qu’une étoile.

L’équipe avance l’idée que la tête de l’empereur pourrait représenter le Soleil, l’étoile orientale représenterait Vénus, aussi appelée l’étoile du matin, et que l’étoile occidentale ne serait nul autre que SN 1054, la supernova. De plus, elle était justement visible dans le ciel de jour, en face de Vénus.

Les scientifiques ont également étudié 36 autres pièces de la collection et ils ont noté un détail intéressant. La taille de l’étoile occidentale semblait diminuer avec le temps, peut-être pour représenter la gradation progressive de SN 1054 dans le ciel.

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La pièce byzantine représentant les deux étoiles / © cngcoins.com/ Filipovic et al.

LE FIN MOT DE L’HISTOIRE

Pour conclure, l’équipe précise tout de même que ce ne sont que des hypothèses, et que le manque d’éléments concrets empêche de les vérifier véritablement. Il est tout à fait envisageable que les deux étoiles sur les pièces soient en réalité autre chose. De plus, aucune date définitive n’a été attribuée à l’une des 36 pièces examinées.

Rien ne prouve que l’église soit à l’origine de la censure sur cet événement céleste, mais rien ne l’infirme non plus. Aujourd’hui, SN 1054 existe toujours sous la forme de la nébuleuse du crabe, récemment observée par le télescope spatial Hubble.

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La nébuleuse du crabe observée par le télescope spatial Hubble / © NASA, ESA, J. Hester and A. Loll.

Noémie Perrin (rédaction btlv.fr Source Live Science)

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