17 mai 2021 – Voici un sujet qui fascine les scientifiques, se servir des éléments présents dans la nature qui nous entoure, afin d’en faire une alternative aux différentes énergies non-renouvelables. D’ailleurs, certains de ces scientifiques ont fait de ce sujet, leur domaine de prédilection, et ce depuis parfois plus de dix ans… Mais alors, où en sommes-nous, après toutes ces années de recherches, et sera-t-il possible un jour, de reproduire de façon optimale, les capacités bioluminescentes, naturellement présentes dans la nature, chez certains organismes, comme les lucioles, les algues ou les champignons ?

DE RÉCENTES RECHERCHES

La nature n’a pas attendu l’éclairage public pour commencer à produire son propre rayonnement. En effet, des êtres vivants auraient commencé à produire de la lumière, il y a près de 3,8 Milliards d’années. Aujourd’hui, cette caractéristique est présente chez de nombreuses espèces, la plus connue d’entre elles étant bien sûr les lucioles, mais ce sont loin d’êtres les seules, certains champignons sont également bioluminescents, fait plus méconnu, plus de 80% des animaux marins découverts par l’Homme, produisent aussi une lumière naturelle.

Ce n’est pourtant qu’à partir de la décennie 2010 que le humains commencent à observer précisément le phénomène, avec l’idée de pouvoir un jour s’en servir, comme une alternative à l’éclairage urbain traditionnel, jugé coûteux et énergivore.

En 2013, le projet “Glowing Plantes” (plantes bioluminescentes), voit le jour. Lancée par trois biohackers, le biohacking étant un ensemble de pratiques scientifiques, se rapprochant de la biologie participative, l’idée est alors de transmettre les capacités qu’ont les lucioles à créer de la lumière naturellement, à une plante, en se servant d’une bactérie servant à transporter l’ADN. Et les essais furent concluants, d’un plant d’Arabidopsis, un plante appartenant à la famille de choux se dégage alors une faible lueur.

Encouragés par ce premier succès, Glowing Plantes lance alors une levée de fond, sur une plateforme de financement participatif ; une action couronnée de succès, puisque près de 500 000 dollars de dons ont pu être récoltés. Mais malheureusement, pour l’entreprise, l’ambitieux projet prend fin quatre ans plus tard, les résultats obtenus n’étant que peu concluants et l’agent pour poursuivre les recherches insuffisant.

En 2016, des recherches sur le sujet de la bioluminescence, voient le jour en Russie. Une équipe de chercheurs de l’Institut russe de chimie bio-organique, réussissent alors à comprendre le processus avec lequel les champignons produisent naturellement de la lumière. « Contrairement aux autres luciférines [molécules dont l’oxydation aboutit à l’émission de photons], la luciférine fongique est compatible avec la biochimie végétale, et j’espère que cela permettra à terme la création d’une plante luminescente autonome, une plante qui serait capable de se biosynthétiser par elle-même », affirmait le scientifique russe, Ilia Yampolsky, au journal britannique The Guardian.

Toutefois, c’est bien en France, que les recherches sur la bioluminescence semblent les plus avancées. Deux start-up en ont d’ailleurs fait leur spécialité: Woodlight, basée à Strasbourg, et Glowee, en région parisienne.

La première travaille sur le transfert de gènes bioluminescents, vers les plantes, dans l’esprit de ce que faisait Glowing Plantes, aux États-Unis. La seconde startup, Glowee, a de son côté déjà mis au point une lumière liquide naturelle, entièrement produite grâce à des bactéries « La bioluminescence est une réaction chimique régie par des gènes que portent certains organismes” explique Sandra Rey, la fondatrice de Glowee.

“Des molécules vont se créer et réagir avec l’oxygène pour produire des photons. Les bactéries utilisées par Glowee sont nourries avec une sorte d’eau de mer, poursuit la fondatrice. Le système est branché au réseau d’eau auquel on ajoute des nutriments, ce qui permet de les alimenter en continu. Une bactérie ne vit pas très longtemps mais se reproduit à grande vitesse ».

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

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