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(ÉCOLOGIE) L’échec cuisant et sans appel des routes solaires !

25 mai 2021 – Et si on recouvrait les routes de France de panneaux solaires ? Les français n’auraient plus besoin de se positionner pour ou contre les centrales nucléaires ou les éoliennes, et leur indépendance énergétique serait assurée !

C’est ce rêve génial ou un peu fou, dénommé « Wattway », qui a été concrétisé en 2016 par une filiale de Bouygues et l’entreprise de BTP Colas.

Un premier kilomètre est inauguré en 2016 dans l’Orne en Normandie, dans la commune de Tourouvre-au-Perche : 2800 m2 de panneaux solaires sont installés grâce à une subvention publique de 5 millions d’euros.

Ségolène Royal, alors Ministre de l’Environnement annonçait déjà la création de 1000 kilomètres de routes solaires en France en « cinq » ans…

Mais trois ans plus tard, l’opération se révèle être un vrai fiasco ! Alors que la production attendue durant les trois premières années devait atteindre 642 mégawattheures (MWh), elle n’a pas dépassé 229 MWh, et ce, pour un coût de production dix fois supérieur à celui de l’énergie solaire traditionnelle.

Etienne Gaudin, Directeur de Wattway reconnait ne pas avoir assez anticipé certains problèmes. Il semble, en effet, que les ingénieurs n’ont pas prévu les conséquences destructrices du passage des tracteurs agricoles, par exemple. Par ailleurs, la pluie a créé des vides entre le bitume et les dalles, fragilisant les panneaux photovoltaïques. Les joints de résine se sont révélés, en outre, non seulement extrêmement bruyants mais surtout terriblement friables : ils ont craquelé sous l’effet de l’ensoleillement et du passage des véhicules.

Les défauts  technologiques ont pourtant été vite constatés par les responsables du projet, épaulés par les chercheurs de l’Institut national de l’énergie solaire de Chambéry, en Savoie (Ines-CEA) : « Dès 2018, avec le CEA, nous avons produit une deuxième génération de dalles, plus solides, moins bruyantes et avec un encapsulage optimisé », assure Etienne Gaudin.

Malgré tout, l’entreprise n’était semble-t-il pas encore prête à relever une telle gageure. C’est ce que confesse Etienne Gaudin : « Nous avions plutôt dans l’idée de développer notre technologie pour la signalétique routière et les bâtiments en équipant les places de parking. Nous savions que l’utilisation sur la voirie constituait un défi beaucoup plus difficile à relever ». Et le passage de quelques mètres carrés à quelques milliers fut un obstacle trop grand à franchir…

Mais si ce projet a essuyé un échec cuisant, sa technologie n’est pas pour autant abandonnée à jamais. L’entreprise Wattway revient effectivement  à des ambitions moins grandes mais plus réalistes en s’occupant des signalisations routières et des caméras de surveillance des voies qui ne peuvent pas être alimentés par le réseau et doivent posséder une source autonome d’énergie. « Les dalles au sol ont l’avantage par rapport aux panneaux solaires de pouvoir occuper plus de place et donc de fournir plus d’électricité. Surtout, elles sont impossibles à voler, contrairement aux nombreux panneaux solaires routiers qui disparaissent chaque année », explique Etienne Gaudin

On peut néanmoins regretter qu’un si beau rêve se soit évanoui pour virer à une réalité bien étriquée ! Reste à savoir si les entreprises américaines ou chinoises qui sont en train de développer d’autres technologies s’en sortiront mieux que nous et arriveront à transformer cet essai utopique français en une invention révolutionnaire !

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

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Des animaux et des plantes commencent à vivre sur le “7ème” continent de déchets

3 décembre 2021 – Presque 2 000 milliards de déchets plastiques polluent les océans. Agglomérés en un grand continent dans le Pacifique, ils accueillent désormais des animaux et des plantes.

Ce septième continent s’étend sur 1,6 million de km². C’est une surface trois fois plus grande que celle de la France. Alors qu’on cherche à savoir comment résoudre cette catastrophe climatique, des scientifiques s’aperçoivent que des espèces côtières commencent à coloniser ce nouvel habitat en plastique… Ces animaux sont pourtant étrangers du grand large.

C’est l’équipe de Linsey Haram, chercheuse au Centre Smithsonian de recherches sur l’environnement, qui tire la sonnette d’alarme. Elle et ses collègues ont publié un papier disponible dans la revue Nature

LE PLASTIQUE COMME HABITAT ?

La faune qui occupe désormais cette masse de déchets est extrêmement variée : on y trouve des anémones, des animaux marins ou encore des amphipodes. Ils constituent une nouvelle communauté : les néo-pélagiques, des nouveaux venus issus du littoral, qui vivent désormais en haute mer.

Habituellement, les invertébrés que nous retrouvons dans les océans sont petits et s’attachent là où ils peuvent : à un rocher sous-marin, sur une branche flottante ou bien sur d’autres animaux marins. Mais là, l’arrivée de ces néo-pélagiques risquent de perturber cet écosystème déjà fragile. L’arrivée de nouveaux animaux pourrait engendrer la multiplication d’espèces invasives.

UN BASCULEMENT INQUIÉTANT

Les chercheurs sont assez inquiets. Beaucoup de questions restent sans réponse, notamment le comportement de ces nouveaux venus dans un habitat aussi singulier.

 

Une chose est sûre, c’est que ces phénomènes continueront à se multiplier tant que l’être humain continuera de polluer les océans…

Sources : Science Alert et Nature

Tom Hannane (rédaction btlv.fr)

2021-05-27T14:01:35+02:0025 mai 2021|

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