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(TECHNOLOGIE) Les robots ont-ils un cœur ?

6 avril 2021 – On se souvient de l’histoire du sculpteur Pygmalion, dans la mythologie grecque, qui tombe amoureux de sa création, Galatée, une sculpture qu’il façonne à son goût et qu’il rêve de transformer en femme. Aphrodite exauce d’ailleurs son vœu pour son plus grand bonheur !

De nos jours, le robot pourrait-il prendre la place d’un être désirable, aimant et aimable, doté d’émotions et de sensibilité dont nous pourrions tomber amoureux ?

SIMULER TOUTES LES ÉMOTIONS

Dans son Petit traité de Cyber-psychologie, Serge Tisseron affirme que « chez les personnes déçues par leur environnement humain, la tentation de s’échapper de la réalité quotidienne pour vivre une relation avec un être humain artificiel sera très forte ».

Couverture du livre : « Petit traité de Cyber-psychologie » de Serge Tisseron

Le psychiatre donne d’ailleurs l’exemple d’une expérimentation faite par la société franco-japonaise Solfbank Robotics qui a utilisé un robot prénommé Romeo pour assister les personnes âgées. Les veuves qui en ont bénéficié l’ont rapidement rebaptisé du prénom de leur mari défunt. « Une personne qui perd un être cher pourra avoir envie de la garder présent, sous la forme d’un robot conversationnel, par exemple ».

Le robot domestique « n’aura pas plus de cœur qu’une machine à laver » mais « il sera capable de simuler toutes les émotions ». Il sera donc programmé pour apporter « réassurances et surprises dans l’exacte proportion où il le souhaite » et devenir le partenaire de ses rêves « capable d’une attention toujours égale, dénué de tout narcissisme » et « d’autant plus réceptif à nos attentes qu’il n’aura aucune exigence propre ». D’ailleurs, « ce qu’on appelle amour a de multiples définitions, qui sont autant de composantes possibles de ce sentiment : érotique, affective, altruiste ou possessive, sans oublier évidemment l’attachement », explique Serge Tisseron et « nous vivons déjà ces diverses composantes dans nos relations à certains objets, notamment des œuvres d’art. ». Une seule machine pourra ainsi jouer le rôle de compagnon, complice, témoin, esclave…, selon les attentes du moment.

Mais peut-on dire que les sentiments vis-à-vis de ces être artificiels pourraient être de même nature et de même intensité que ceux que nous portons à nos congénères ? « Non, tant que nous garderons à l’esprit qu’ils ne sont pas humains. Nous nous autoriserons à faire avec eux des choses que nous ne nous permettons pas avec nos semblables ». Le psychiatre donne un exemple saisissant : « Il a été montré que les hommes qui aiment tenir des propos érotiques violents au téléphone préfèrent parler à des robots plutôt qu’à des vraies femmes. Ils ne sont pas tentés d’imaginer la gêne de leurs interlocutrices. ».

Cette « relation » peut alors faire courir à l’utilisateur une risque psychologique et un danger « de développer de nouvelles formes d’animisme et d’accorder à une machine l’attention et les soins normalement dûs à un humain ». Et pour les personnes équilibrées, « ces nouvelles pratiques ne remplaceront pas les rapports amoureux humains. Elles s’y ajouteront en démultipliant les possibilités, avec autant de cartes du tendre que d’individus ».

Alors, oui pour accueillir un être artificiel chez nous mais attention tout de même à ne pas nous laisser « enfermer dans une bulle, plus encore que ne le font aujourd’hui les logiciels de Google et d’Amazon. Et ils pourront alors facilement nous manipuler et nous influencer », conclut le psychiatre Serge Tisseron.

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

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À la Une

(CULTURE) Cette nouvelle émission de télé va réveiller les morts !

21 avril 2021 – L’émission s’intitulera “Hôtel du temps”, et sera présentée par l’animateur Thierry Ardisson, sur la chaîne France 3… Le concept ?

Réaliser des interviews de grandes stars décédées, le tout, grâce aux effets spéciaux ; pour évoquer avec elles, leur carrière ou leurs engagements personnels. En bref, ressusciter les morts.

DES INTERVIEWS FICTIONS

Les interviews de l’Hôtel du temps, seront bien sûr fictives, Thierry Ardisson affirme d’ailleurs qu’elles seront réalisées en se servant de vraies déclarations tenues par les célébrités défuntes. Le tout, illustré par des effets spéciaux, comme avec la technique innovante du “Face Retriever », qui serait encore plus efficace que les désormais célèbres deepfakes, hypertrucage en bon français, tels qu’utilisés dans l’émission d’imitation “C’est Canteloup”, sur TF1.

DES DEEP-FAKES AMÉLIORÉS 

Cette méthode du face retriever est un concept inédit, entièrement pensé pour l’émission Hôtel du temps.

Plus concrètement, son fonctionnement repose sur la technologie, deepfake, mais va un peu plus loin. En effet, pour réaliser une interview, l’émission fera appel à deux personnes : un comédien pour le physique et la personnalité de la célébrité interviewée ; et un imitateur, qui s’assurera de reproduire une voix, la plus proche possible de la star censée être présente.

UN PROJET LONG ET COÛTEUX

Le projet de l’hôtel du temps, est aussi ambitieux que coûteux, en effet, selon le Parisien, le budget de l’émission serait proche des 600 000 euros. Un premier numéro, avec pour invité, Jean Gabin, pour lequel il aura fallu près de deux ans de préparation, avant de pouvoir commencer à tourner.

Un concept d’émission auquel songeait Thierry Ardisson, depuis longtemps. L’animateur a pu s’y consacrer pleinement, après son départ de la chaîne C8, en 2019.

Avant d’arriver sur France 3, l’émission avait été proposée à la diffusion, aux deux plus grandes plateformes de streaming légal Netflix, et Amazon Prime Video, sans succès. C’est finalement le groupe France Télévision, qui s’est laissé convaincre par l’originalité du concept.

Samuel Agutter (rédaction btlv.fr)

2021-04-06T17:24:07+02:006 avril 2021|

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