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19 février 2019 — On sait depuis longtemps que les océans jouent un rôle de grands régulateurs de la quantité de gaz à effet de serre présente dans l’atmosphère. « Récemment, nous avons appris qu’il existe de vastes réservoirs de gaz à effet de serre naturels au fond des océans. Et nous savons désormais que lorsqu’ils ont été perturbés au cours du Pléistocène, la planète s’est réchauffée. » C’est ainsi que Lowell Stott, professeur en sciences de la Terre à l’université de Californie du Sud, résume l’étude qu’il vient de publier.

Cette nouvelle étude avance donc aujourd’hui que la libération brutale de réservoirs de carbone sous-marins aurait déjà surchauffé la planète par le passé. Un phénomène qui pourrait bien se reproduire.

Son équipe rapporte en effet aujourd’hui la preuve de l’existence, dans les grands fonds marins, de systèmes hydrothermaux qui ont libéré des gaz à effet de serre dans l’océan et l’atmosphère à la fin de la dernière période glaciaire. Les chercheurs ont notamment noté à cette période une multiplication par quatre du zinc dans les coquilles de protozoaires, signe révélateur d’une activité hydrothermale étendue.

En principe, les réservoirs de carbone sous-marins — qui se forment au gré de l’activité volcanique — sont encapsulés par des boues d’hydrates solides et liquides. Mais cette couverture est sensible aux changements de températures. Un océan qui se réchauffe et le bouchon peut fondre. C’est ce qui semble s’être passé il y a quelque 17 000 ans. Et c’est ce qui pourrait bien se passer à nouveau dans un futur proche.

Car dans un contexte de réchauffement climatique, les océans se sont à nouveau rapidement réchauffés au cours des dernières décennies. Le point critique pourrait être atteint d’ici la fin du siècle. L’ennui, c’est que pour l’heure, les scientifiques n’ont pas d’idée précise de la taille des réservoirs de carbone sous-marins disséminés un peu partout dans le monde. Ils ne savent pas non plus lesquels pourraient se montrer les plus vulnérables à la hausse des températures des océans.

Une fois le processus enclenché, il est impossible de l’arrêter.

« La dernière fois que cela s’est produit, les changements climatiques résultants ont été si importants qu’ils ont provoqué la fin de la période glaciaire. Une fois que le processus géologique aura commencé, nous ne pourrons plus l’arrêter », déclare Lowell Stott. Il y a 55 millions d’années, un évènement de ce type s’est produit et les températures sur Terre se sont affichées à pas moins de 8 °C au-dessus de celles que nous connaissons aujourd’hui.

En l’état actuel des connaissances sur ces réservoirs sous-marins et de l’impact du réchauffement climatique sur la température des océans, il reste toutefois difficile de prévoir un tel évènement. « Notre étude montre surtout que nous avons omis une variable essentielle dans nos modèles de changement climatique. Ces réservoirs géologiques pourraient réellement libérer de grandes quantités de carbone naturel qui viendraient d’additionner au carbone émis dans l’atmosphère par l’homme », conclut Lowell Stott.

Henri Coron (btlv.fr/source USCNews)