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4 décembre 2019 — Un pédiatre faisant la promotion d’un supposé « traitement homéopathique de l’autisme » a été condamné à un mois d’interdiction d’exercice par l’instance disciplinaire de l’Ordre des médecins de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Médecin à Fréjus (Var), le Dr Didier Grandgeorge s’est vu infliger « une sanction d’interdiction d’exercer les fonctions de médecin pendant une durée de trois mois, prenant effet le 1er février 2020 et assortie d’un sursis de deux mois », selon la décision de la chambre disciplinaire datée du 21 novembre, transmise à l’AFP.

Le pédiatre homéopathe était poursuivi par le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), qui avait porté plainte en janvier 2018, estimant qu’en « faisant la promotion d’un traitement homéopathique de l’autisme et en ayant une attitude (…) hostile à la vaccination », le Dr Grandgeorge enfreignait le code de déontologie médicale.

Le CNOM avait dans un premier temps demandé au Conseil départemental du Var de l’Ordre des médecins de contacter le médecin pour « débattre avec lui » des traitements qu’il propose, mais l’instance départementale avait estimé que sa pratique professionnelle était « exempte de reproches ». L’instance déontologique nationale avait alors décidé de porter plainte directement contre lui.

Le conseil national s’appuie notamment sur les articles du code de déontologie médicale qui disposent qu’un médecin s’engage à assurer des soins « fondés sur les données acquises de la science » et qu’il ne peut proposer au patient « comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé » (interdiction du charlatanisme).

Dans un « protocole thérapeutique » publié sur internet en février 2016, le Dr Grandgeorge estime notamment que l’autisme est la « conséquence de la pollution qui envahit notre planète », y incluant la « pollution par les vaccins souvent chargés en aluminium » à côté de la « pollution par l’oxyde de carbone », « par des métaux lourds » ou encore par certaines bactéries.

Le pédiatre, membre du conseil d’administration du Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) propose ensuite un traitement à base d’une goutte de sang du malade diluée et de produits homéopathiques dont « des dilutions homéopathiques de vaccin ».

« De telles indications et thérapeutiques ne correspondent pas aux données acquises de la science » et « manquent de prudence en ne faisant pas état des débats existants sur l’efficacité de tels traitements », estime la chambre disciplinaire de l’Ordre régional des médecins.

Elle estime en revanche qu’on ne peut pas lui reprocher d’avoir « fait courir des risques injustifiés à ses patients » ou de ne pas avoir été « animé par le souci de soigner les personnes malades ».

Le praticien comme le CNOM peuvent faire appel de cette décision.

Rédaction btlv.fr (source AFP)