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TROU NOIR : pour Katie Bouman le reconstituer fut comme joué une chanson sur un piano cassé

18 mai 2019 — Katie Bouman est devenue une célébrité mondiale en avril pour son rôle-clé dans la création de la première image de trou noir jamais réalisée, une prouesse technologique qui lui a valu une invitation jeudi au Congrès américain.

Avec un plaisir évident, la souriante postdoctorante au centre d’astrophysique Harvard Smithsonian a patiemment expliqué le long processus ayant culminé par la publication, le 10 avril, de cette photo, d’apparence floutée, d’un halo orangé autour d’un disque noir, l’image du coeur de la galaxie Messier 87.

Comme la galaxie se trouve à 55 millions d’années-lumières, « l’anneau est incroyablement petit dans le ciel », a expliqué Katie Bouman à des parlementaires manifestement captivés. Il était « comparable à la taille d’une orange sur la surface de la Lune, vue depuis la Terre ».

Les lois de la physique auraient obligé les humains à créer un télescope de la taille de la Terre pour le voir. D’où l’idée du télescope Event Horizon (EHT), une collaboration internationale qui regroupe une dizaine de radiotélescopes et d’observatoires répartis autour du globe, de l’Europe jusqu’au pôle sud, en passant par le Chili et Hawaï. En les combinant, les astronomes ont disposé, le temps de quelques observations, d’un télescope virtuel de la taille du globe.

Mais en raison du nombre limité de lieux, les télescopes n’ont enregistré que certaines fréquences et laissé des trous.

« En guise d’analogie, imaginez que les données prises par l’EHT sont les notes d’une chanson: chaque donnée correspond à une note de la chanson. Observer le trou noir avec le télescope Event Horizon revient à écouter une chanson jouée sur un piano où la moitié des touches sont cassées », a expliqué la trentenaire.

Il a donc fallu combler les trous pour reconstituer l’image du trou noir.

« De la même façon que votre cerveau est capable de reconnaître une chanson jouée sur un piano cassé s’il y a un nombre suffisant de touches intactes, nous sommes capables de créer des algorithmes pour reconstituer les informations manquantes de l’EHT afin de révéler l’image du trou noir », a-t-elle dit.

Le résultat final a été vérifié par quatre équipes indépendantes dans le monde. Les quatre images produites variaient légèrement mais avaient la même structure fondamentale.

« Voir ces images pour la première fois fut extraordinaire, l’un des souvenirs les plus heureux de ma vie », a témoigné Katie Bouman.

Elle a profité de l’audition pour rendre hommage aux nombreuses petites mains du projet: étudiants, doctorants et post-doctorants.

« Comme les trous noirs, les contributions de nombreux scientifiques en début de carrière passent souvent inaperçues », a dit l’ancienne doctorante au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Rédaction btlv.fr (source AFP)

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(TECHNOLOGIE) Le projet d’Elon Musk va-t-il mettre fin aux zones blanches en France ?

25 février 2021 – En finir avec les fameuses zones blanches ; ces zones très mal, ou non couvertes par les réseaux internet ou mobiles. C’est exactement ce que propose le célèbre chef d’entreprise et milliardaire, Elon Musk, avec son projet « Starlink ».

Un projet qui devrait rapidement se concrétiser, y compris en France, puisque l’Arcep (l’autorité de régulation des télécoms), vient d’accorder des fréquences 4G et 5G à  l’entreprise Starlink.

UN RÉSEAU DE SATELLITES

Ces derniers mois, à l’aide de fusées, lancées par son entreprise spatiale, SpaceX, Elon Musk à mis en orbite, un réseau très important, de plus de 800 satellites, afin de pouvoir proposer sa technologie, partout à travers le Monde.

Pour capter les signaux émis par ses satellites, Starlink a tout de même besoin de disposer de quelques stations-relais, des grandes antennes, bien au sol. Trois de ces antennes viennent d’être autorisés par l’Arcep (autorité régulant les télécommunication), en France : une en Gironde, à Villenave d’Oron, une deuxième à Gravelines, dans le Nord, la troisième à Saint-Senier-de-Beuvron, dans la Manche, même si le maire de ce petit village de 350 habitants s’oppose pour l’instant à la mise en place de ces relais, par principe de précaution.

LE DÉBIT LE PLUS RAPIDE EN INTERNET PAR SATELLITE

Pour les particuliers, se connecter au réseau Starlink est actuellement un investissement assez couteux, en comparaison avec les abonnements internet « classiques » (fibre optique et ADSL). L’offre sera, en effet, proposée pour un montant d’une centaine d’euros par mois. Une somme à laquelle il faut ajouter le coût du matériel nécessaire à la bonne connexion : environ 600 euros.

D’autres solutions abonnements d’internet par satellites sont déjà disponible sur le marché, et coutent, elles aussi, bien moins chers que Starlink.

Mais la qualité à un prix ; et le prix élevé de l’offre d’Elon Musk s’explique par des débits internet bien plus puissants que la concurrence. Là où l’internet par satellite soufre aujourd’hui d’un manque de réactivité, ou de latences pouvant atteindre 8 secondes ; Starlink promet, elle, un débit moyen de 150 Mb par secondes, et une latence moyenne de seulement 35 à 45 millisecondes, que l’entreprise prévoit de faire passer à 20 millisecondes.

Si une telle performance est possible, c’est parce que les satellites de Starlink sont positionnés à 550 kilomètres de la Terre, là ou les satellites internet actuels se trouvent à une altitude de 36 000 kilomètres !

Samuel Agutter (btlv.fr)

2020-06-21T17:30:13+02:0018 mai 2019|

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