14 janvier 2022 – Une sculpture datant probablement du début de l’ère romaine a été trouvée au Buckinghamshire, un comté du sud-est de l’Angleterre. Dans le cadre d’une construction d’une ligne ferroviaire qui reliera Londres à Birmingham, une grande campagne de fouilles archéologiques préventives a été organisée.

D’une hauteur de 67 cm, la sculpture est taillée dans une seule pièce de bois. On peut deviner un personnage vêtu d’une tunique et peut-être d’un chapeau.

POURQUOI C’EST EXCEPTIONNEL ?

Selon une première estimation basée sur son style, la sculpture daterait du début de la période romaine sur le territoire anglais. Une prochaine radiodatation au carbone 14 permettra de confirmer ou non cette évaluation.

Il est plutôt rare de découvrir des pièces en bois datant de cette époque. En effet, l’environnement très humide de l’arrière-pays anglais complique la conservation de ce matériau.

La pièce a été retrouvée dans un fossé avec des éléments de poteries. Ainsi piégée sous terre, elle aurait manqué d’oxygène. De ce fait, le processus de pourriture n’aurait pas pu se produire.

« Il s’agit d’une découverte vraiment remarquable qui nous met face à notre passé. La qualité de la sculpture est exquise et la figue d’autant plus passionnante que les objets organiques de cette période survivent rarement », s’enthousiasme Jim Williams, conseiller scientifique principal pour Historic England.

sculpture

UN COMPROMIS EN FAVEUR DES ARCHÉOLOGUES

C’est en 2018 qu’a débuté cet énorme chantier archéologique. En effet, au Royaume-Uni, tout comme en France, avant de pouvoir commencer des travaux d’aménagement du territoire, il faut d’abord s’assurer qu’aucun vestige archéologique ne sera endommagé. Ici, ces fouilles laisseront ensuite la place à la construction de la ligne HS2, soit la ligne qu’empruntera le train le plus rapide d’Europe avec une vitesse commerciale de 360 km/h. Cependant elle ne verra le jour qu’en 2033.

Aujourd’hui, ce sont plus de 1000 archéologues qui travaillent sur au moins 60 sites différents, le long de la future ligne ferroviaire.

Les chantiers d’infrastructures constituent toujours un risque pour ces vestiges cachés. Mais ils sont également un bon moyen de financer des fouilles à des endroits auxquels on n’aurait jamais pensé. Helen Wass, responsable du patrimoine de HS2, l’a très bien compris.

« L’archéologie est une arme à double tranchant. Nous ne ferions pas d’archéologie si la construction n’avait pas lieu. On ne peut pas avoir l’un sans l’autre ».

Noémie Perrin (rédaction bltv.fr Source The Guardian)

 

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