3 juin 2021 — Il y a environ 74 000 ans une terrible catastrophe a mis en danger les humains. On ne sait pas combien de personnes sont décédées à la suite de ce tragique événement. Le fautif, que l’on étudiedepuis des décennies est le supervolcan Toba sur l’île de Sumatra en Indonésie. Son éruption aurait percéla couche d’ozone provoquant une énorme exposition aux UV.

Des chercheurs ont montré que la poussière de l’éruption d’un supervolcan pouvait ralentir la synthèse des molécules d’ozone, ce qui pourrait rendre sa couche dans l’atmosphère terrestre plus fine. La recherche est publiée dans la revue Communications Earth & Environment.

SUPERVOLCAN ET DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE

Les grandes éruptions volcaniques libèrent des gaz et des cendres, qui créent une couche de particules qui diminuent  la lumière du soleil dans la stratosphère. Cela conduit à un refroidissement de la surface de la Terre. Cet « hiver volcanique » a de nombreux effets secondaires, provoquant un refroidissement des océans, des phénomènes El Niños prolongés, des mauvaises récoltes et des maladies.

La couche d’ozone empêche la pénétration des rayons ultraviolets, dangereux pour les organismes vivants. Mais pour que l’ozone soit créé à partir de l’oxygène de l’atmosphère, des photons sont nécessaires pour détruire la liaison entre les atomes de la molécule d’O2. Lorsqu’un volcan libère des quantités massives de dioxyde de soufre (SO 2), le panache volcanique qui en résulte absorbe le rayonnement ultraviolet mais bloque la lumière du soleil. Cela réduit le taux de formation d’ozone, créant un trou dans la couche d’ozone et augmentant la probabilité de bombardements d’ UV.

LES ULTRAVIOLETS ÉTUDIÉS DE TRÈS PRÈS

Une équipe de scientifiques a analysé le niveau de rayonnement ultraviolet après l’éruption du volcan Toba à l’aide du modèle climatique ModelE développé par le Goddard Space Research Institute de la NASA. Cet outil a permis de simuler les conséquences possibles d’éruptions de différentes échelles. Le lancement d’un tel modèle nécessite des coûts de calcul importants, de sorte que les scientifiques ont dû effectuer des calculs sur le superordinateur Shahin II de l’Université des sciences et technologies King Abdullah.

Selon les résultats des calculs, le nuage de gaz de l’éruption du Toba pourrait réduire la concentration d’ozone dans l’atmosphère jusqu’à 50 %. De plus, les auteurs ont constaté que la diminution de la couche d’ozone est importante même dans des scénarios de faibles .Le danger pour la santé résultant de niveaux plus élevés de rayonnement ultraviolet serait catastrophique et affecterait considérablement la survie de notre espèce.

François Deymir (rédaction btlv.fr)

Pas encore abonné ?
Rejoindre BTLV