Le CBD pourrait soigner l’épilepsie

30 mars 2022

30 mars 2022 – Une expérimentation médicale pourrait soigner certaines pathologies épileptiques. Un traitement à base de CBD est à l’origine de cet essai clinique. Il est actuellement en phase de test pour 2 ans depuis mars 2021. D’après les propos rapportés par les patients, le médicament s’avère concluant.

Le premier témoignage rapporté est celui d’un habitant de la ville d’Igny dans l’Essonne. Thomas Nodin, un jeune homme âgé de 15 ans, est atteint d’une forme d’épilepsie rare. Afin de se soigner, Thomas participe à l’expérimentation sur le cannabis médical et bénéficie désormais d’un traitement.

Ce dernier changerait la vie des proches du jeune homme, dont Isabelle Nodin. Deux fois par jour vers 19h00, cette sage-femme plonge une seringue dans un petit flacon. Il contient l’huile de cannabidiol (CBD, la molécule relaxante sans effet stupéfiant). Elle ajuste le bon dosage du médicament et désert ensuite le liquide visqueux dans une grande cuillère. Puis l’administre par voie orale à ses deux enfants.

Thomas et sa sœur Camille, 13 ans, sont atteints du syndrome +Woxx+. Une anomalie génétique rare qui associe “épilepsie réfractaire, retard global profond et troubles cognitifs sévères”. Tous les deux sont polyhandicapés. Un terme qui définit un handicap grave à expressions multiples. Il associe une déficience motrice et une déficience intellectuelle.

Les deux enfants ne pèsent qu’une trentaine de kilos. Leur maladie provoque régulièrement des crises d’épilepsie. Parfois, jusqu’à une vingtaine par jour pour la cadette, explique la maman. Elle raconte un quotidien laborieux, où chaque repas, chaque toilette, relève de l’épreuve. « Voir son enfant faire une crise d’épilepsie, c’est quelque chose de terrible. Avec le temps, on ne s’habitue pas, mais on fait avec. Ce traitement a changé notre vie : s’ils vont mieux, alors nous aussi ».

L’EXPÉRIMENTATION MÉDICALE AU CBD

Isabelle explique que depuis l’administration du médicament elle constate une nette diminution des crises. Les deux adolescents font partie des premiers bénéficiaires.

Le traitement par cannabis à usage médical est sous le contrôle de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Nathalie Richard, qui dirige le protocole médical explique : « A terme, il doit inclure jusqu’à 3.000 patients. Sur les 1.500 déjà enrôlé, 70 sont mineurs et souffrent pour la plupart d’épilepsies réfractaires ».

Le Dr Stéphane Auvinneuropédiatre à l’hôpital Robert Debré (AP-HP), accompagne Camille et Thomas depuis leur plus jeune âge. Il possède aussi quinze autres patients, âgés de 5 à 17 ans. « Pour chacun, il faut “trouver la dose réponse” et déterminer à partir de quelle posologie le médicament s’avère efficace ». « Thomas a eu une bonne réponse tout de suite, puis nous avons dû augmenter la dose. Pour Camille, on n’a eu aucun effet jusqu’à la dose maximale qu’elle tolère très bien » explique le Dr Auvin.

Isabelle Nodin, la maman des deux enfants précise : « Le CBD entraîne beaucoup moins d’effets secondaires que les autres traitements antiépileptiques ». « Moins de fatigue, d’états somnolents et de crises ».

L’EXPÉRIMENTATION MÉDICALE AU CBD CONCLUANTE ?

D’après Stéphane Auvin, la France compterait près de 700 000 personnes épileptiques. Sur ce nombre, environ 30% présenteraient une résistance aux traitements existants. Concernant l’épilepsie réfractaire, “nous avons des retours positifs sur l’efficacité des traitements (…) mais il y a toujours des effets indésirables, c’est relatif à tout médicament“, reconnaît Nathalie Richard.

Le docteur Auvin doute quand même que le traitement puisse soulager toutes les formes d’épilepsie. L‘une de ses patientes a déjà quitté le dispositif. « Il ne faut pas voir dans le CBD un médicament magique ».

L’échéance de l’expérimentation l’an prochain pose le défi de la généralisation des traitements antiépileptiques à base de CBD. Le docteur déclare : « Le CBD comme molécule dans le traitement des épilepsies a clairement sa place » mais « une expérimentation menée par l’ANSM donne-t-elle la même légitimité qu’un essai clinique pour mesurer les effets secondaires et l’efficacité ? ».

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament souligne que le dispositif doit faire l’objet d’une évaluation précise. Les scientifiques doivent évaluer les répercussions du cannabis médical sur les autres traitements.

Une fois que le protocole en phase de test aura pris fin, les patients pris en charge bénéficieront toujours du traitement. Ils continueront d’être traités “avec du cannabis médical“. 

Valentin Rican (rédaction btlv.fr source AFP)

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