17 février 2022 – Les astronomes ont pu photographier pour la première fois une image détaillée d’un noyau galactique actif.
Grâce à MATISSE, placé sur l’Interféromètre du Très Grand Télescope (VLTI) de l’Observatoire européen austral (ESO) dans une montagne chilienne, les chercheurs ont pu voir en détail un des objets les plus lumineux de l’Univers.
Un noyau galactique est une structure de poussière et de gaz enveloppant un trou noir supermassif. Celui-ci se trouve dans la galaxie NGC106B, aussi appelée M77, dans la constellation de la Baleine, à 47 millions d’années-lumière.
L’équipe d’astronomes, dirigée par Violeta Gamez-Rosa de l’Université néerlandaise de Leiden, ont annoncé la nouvelle mercredi dans la revue Nature.
Le trou noir supermassif fait plusieurs millions de masses solaires et est ceinturé par un épais disque de poussière et de gaz.
Les noyaux galactiques sont des objets qui peuvent atteindre une luminosité de plusieurs milliers de fois de celle d’une galaxie entière.
« C’est la première fois qu’on obtient l’image d’une telle chose, qu’on voit vraiment le cœur d’une telle galaxie », s’enthousiasme l’astronome Bruno Lopez et responsable scientifique de MATISSE.

À gauche, une vue de la galaxie M77 et à droite, une vue éclatée de la région très intérieure de cette galaxie, son noyau galactique actif, vu avec le télescope MATISSE. © Observatoire européen austral (ESO)/AFP
UNE DÉCOUVERTE POUR MIEUX COMPRENDRE LA VOIE LACTÉE
Grâce aux images récoltées par le télescope, les astronomes comprennent maintenant « comment s’organise la matière autour du noyau actif, comment elle alimente le trou noir, mais aussi comment elle s’organise en fonction de l’énergie relâchée, avec des vents, pour former des étoiles » explique Bruno Lopez.
Les chercheurs espèrent également en apprendre davantage sur « l’histoire de la Voie lactée, dont le trou noir supermassif abrité en son centre a pu être actif par le passé » suppose Violeta Gamez-Rosa.
Le trou noir de M77 est entouré de deux disques de gaz et de poussière, qu’il absorbe de par sa force de gravitation. Et c’est ce qui forme un disque de lumière, soit le noyau galactique.
Les astronomes ne vont pas s’arrêter sur cette lancée et comptent bien multiplier les observations de d’autres noyaux galactiques actifs. Ils ont détecté dans ceux de M77 certains composants que l’on retrouve dans la croute terrestre, ainsi que des traces d’hydrocarbone. Carbone qui est le quatrième constituant majeur de l’Univers.
Noémie Perrin (rédaction btlv.fr Source AFP)





