3 août 2021 – Les préhistoriens viennent de confirmer que c’est bien les néandertaliens qui ont peint la stalagmite de la grotte espagnole d’Ardales en Andalousie il y a 65 000 ans. Déjà en 2018, une étude attribuait à Néandertal l’application d’une peinture à base d’ocre rouge sur les colonnes d’une stalagmite monumentale, dans la grotte d’Ardales, sans pour autant en donner la datation qui vient d’être confirmée.
La grotte d’Ardales, également connue sous le nom de Cueva de Dona Trinidad est donc devenue la grotte où se trouvent les plus anciennes œuvres d’art rupestre espagnol réalisées par les Néandertaliens. De l’art tellement ancien qu’une partie de la communauté scientifique pensait que ces peintures étaient d’origine naturelle. Certains avaient d’ailleurs émis l’hypothèse que ces pigments étaient une chose naturelle et étaient dus à une coulée d’oxyde de fer. Toutefois, la dernière étude a prouvé que ces dépôts ne sont pas naturels, qu’il s’agit bien de pigments à base d’ocre qui ont très probablement été amenés dans la grotte par les Néandertaliens. L’analyse des pigments au-delà de la datation a permis une autre découverte intéressante. Elle a prouvé que les pigments étaient différents et que cette diversité correspondrait aux différentes dates des fragments de stalagmite, ce qui tendrait à prouver que les Néandertaliens sont venus à plusieurs reprises, sur plusieurs milliers d’années, pour marquer la grotte avec des pigments.
UNE GROTTE QUI RELANCE LE DÉBAT SUR L’ANCIENNETÉ DE L’ART NÉANDERTALIEN
Cette étude a eu pour effet de relancer le débat entre préhistoriens sur les capacités de Néandertal à prétendre au titre de premier artiste de l’humanité. Un débat complexe d’autant que les préhistoriens sont en désaccord sur ce qui peut être considéré comme de l’art ou non. C’est le cas du professeur d’Errico qui a déclaré à ce sujet “Ce n’est peut-être pas exactement ce qu’on peut appeler de l’art”, pour lui l’usage ce pigment était évidemment important pour les néandertaliens, mais pour lui c’était plutôt un comportement symbolique. D’ailleurs, les préhistoriens sont pour le moment incapable de définir avec précision à quoi ces pigments pouvaient servir. Certains ont cependant suggéré l’hypothèse selon laquelle la grotte avait une importance symbolique pour les Néandertaliens qui était soulignée par l’acte de répandre le pigment rouge dessus. Quoi qu’il en soit, cette grotte semble loin d’avoir livré tous ses secrets et montre que nous avons encore beaucoup à apprendre sur l’homme de Néandertal.
Pierre-Alexis Lagèze (rédaction btlv.fr)





