4 janvier 2022 – Les scientifiques ont trouvé une nouvelle manière d’accéder à l’ADN humain des momies, et ce sans endommager les restes des corps : la colle utilisée par les poux pour déposer leurs lentes dans les cheveux.
L’analyse ADN, bien que nécessaire pour déterminer l’âge, le sexe et les pathologies des individus, n’est pas chose aisée. En effet cette méthode est laborieuse, car elle nécessite des échantillons de qualité, difficilement accessible. Il est souvent interdit de détériorer les restes humains, chose compliquée lorsque l’on doit accéder aux dents ou à l’os pétreux du crâne (os situé au niveau de l’oreille interne).
« En parvenant à caractériser génétiquement un humain à l’aide d’une poignée de lentes, nous trouvons une alternative à l’échantillonnage qui détruit ou détériore les os et les dents des restes mis au jour », explique le DR Alejandra Perotti de l’Université de Reading. La colle utilisée par les poux a cette particularité de si bien résister au passage du temps que l’on retrouve encore actuellement des lentes collées aux cheveux des momies.
Cette découverte permettra également d’éviter des conflits avec les peuples autochtones, qui cherchent préserver leur patrimoine intact.

La colle utilisée par le pou pour fixée la lente au cheveu permet d’également piéger des cellules cutanées.
UNE MÉTHODE QUI RÉVÈLE BIEN DES SECRETS
Cette technique a permis de prélever l’ADN de huit momies sud-américaines, mais également celui du pou. L’équipe des chercheurs du Royaume-Uni, du Danemark et d’Argentine s’est d’ailleurs rendu compte que l’ADN était de meilleure qualité, en plus grande quantité que dans l’os pétreux, mais également similaire à celui prélevé de manière traditionnelle.
« Dans cette colle, l’ADN est mieux préservé contre les dommages chimiques, comparé à l’ADN trouvé dans une dent ou un os », souligne le Dr Mikkel Pedersen de l’Université de Copenhague.
La datation au radiocarbone des cheveux a ainsi révélé que l’âge des momies découvertes dans les Andes, près de la province de San Juan, dans le centre de l’Argentine, se situait entre 1 300 et 2 300 ans. Cela a également permis de déterminer leur sexe et de comprendre qu’elles appartenaient à une population qui a migré du nord-ouest de l’Amazonie jusqu’aux Andes du centre-ouest de l’Argentine il y a environ 2000 ans.
L’analyse génétique a également dévoilé la plus ancienne présence du Merkel cell polyomavirus chez l’Homme, découvert en 2008. Ce virus peut dans certains cas engendrer des cancers de la peau. Les chercheurs ne savent pas encore si la momie était porteuse de ce virus, ou s’il se trouvait dans le génome du pou.
L’utilisation des parasites pour récolter de l’ADN pourrait probablement permettre de lever le voile sur de nombreux mystères.
Noémie Perrin (rédaction btlv.fr)





