25 août 2021 – Dans le cadre de sa conquêté du monde Homo Sapiens semble avoir été principalement guidé par les variations climatiques. Une étude parue mardi permet de retracer cette expansion.
La théorie qui fait consensus chez la plupart des paléontologues serait que nos ancêtres humains sont apparus en Afrique il y a 300.000 ans, et l’ont quittée pour coloniser les continents voisins. Suite à une grande immigration qui aurait eu lieu il y a entre 70.000 et 60.000 ans, initiant l’expansion d’Homo sapiens à travers la planète. Cependant, une étude qui vient de paraître souligne que des traces bien plus anciennes d’Homo Sapiens en dehors d’Afrique ont néanmoins été découvertes. Notamment en Arabie Saoudite (il y a au moins 85.000 ans), en Israël (il y a au moins 100.000 ans) ou en Grèce (il y a 210.000 ans). Pour expliquer cela, le rapport suggère que la dispersion d’Homo sapiens hors d’Afrique ne s’est pas faite en une seule fois, mais par vagues successives, sur plusieurs centaines de milliers d’années.
UNE MIGRATION MOTIVÉE PAR DES VARIATIONS CLIMATIQUES
Afin d’identifier ces différentes vagues de migration, les scientifiques ont reconstitué l’histoire des variations paléoclimatiques sur une échelle de 300 000 ans. Ensuite, ils ont utilisé les données récoltées, avec des estimations de la quantité minimale de pluie requise par ces hommes, des chasseurs-cueilleurs, pour survivre à des changements climatiques extrêmes. Les résultats obtenus leur ont permis d’évaluer les moments, où Homo sapiens a profiter de conditions météorologiques clémentes pour quitter son berceau africain, à des dizaines de milliers d’années intervalles.
DES MIGRATIONS QUI SE FAISAIENT PAR INTERMITTENCE
Les variations climatiques ont donc joué un grand rôle dans les migrations d’Homo Sapiens en rendant accessible certaines voies d’accès durant un certain laps de temps. L’étude pointe notamment le cas de la péninsule arabique, pour laquelle il y avait à l’époque deux voies d’accès la rendant accessible pour Homo Sapiens. Il y avait donc soit la voie du nord en passant par l’Égypte actuelle puis le Sinaï, ou la voie du sud, en passant par le détroit de Bal el-Mandeb au niveau du Yémen. La voie du nord symbolise parfaitement l’influence du climat sur ces vagues migratoires. En effet, elle était ouverte périodiquement d’abord avant la première période interglaciaire, entre – 246 000 et – 200 000 ans. Puis elle fut de nouveau accessible de – 130 000 ans à – 96 000 ans, avant de se refermer à nouveau. Des migrations d’Homo Sapiens ont donc pu avoir lieu à ce moment-là. Ce qui coïncide avec des données archéologiques existantes ainsi qu’avec les datations du croisement génétique entre Sapiens et Néandertal, qui ont eu lieu entre – 250 000 et – 130 000 ans. Ainsi, nos ancêtres étaient de grands explorateurs qui n’ont pas attendu la grande immigration qui a eu lieu entre 70.000 et 60.000 ans pour partir à la conquête de la Terre.
Pierre-Alexis Lagèze (rédaction btlv.fr)





