1er juin 2021 – Une équipe internationale de chercheurs vient de mettre au point une nouvelle façon de suivre le processus de vieillissement biologique. Elle a permis de déterminer que les humains peuvent vivre jusqu’à 150 ans au maximum. Si cet âge canonique semble énorme, la question principale est : comment et dans quel état l’humain peut-il l’atteindre ? Car le plus dur est de vieillir en bonne santé. Pour tenter d’y parvenir il faut déjà comprendre le processus de vieillissement.

POURQUOI VIELLISSONS-NOUS ?

Le vieillissement est un processus graduel qui se produit tout au long de notre vie, à mesure que les fonctions normales de notre corps ralentissent. S’il existe 9 marqueurs du vieillissement, celui qui est le plus courant est celui où nos cellules perdent lentement la capacité d’en produire de nouvelles pour réparer les dommages. Un facteur qui engendre un risque accru de maladies chroniques et une baisse de la fonctionnalité physique.

Si les stigmates de notre vieillissement s’affichent tous les jours sur nos visages et nos corps, les scientifiques font bien la distinction entre l’âge chronologique, qui correspond exactement au nombre d’années qu’une personne est en vie, et l’âge biologique, qui correspond à l’âge d’une personne au niveau cellulaire. Il peut y avoir une vraie différence à l’image du footballeur Christiano Ronaldo qui affiche un corps biologique de 26 ans alors qu’il en a 36.

DES DONNÉES DIFFÉRENTES

Notre âge biologique étant influencé par une gamme de facteurs tels que la pratique du sport, notre alimentation, nos habitudes de sommeil, la génétique et plus encore, il est difficile à calculer. Malgré tout, les chercheurs cherchent à le mesurer afin de développer des process qui pourraient le ralentir. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications, évoque une méthode qui convertit les données d’un test sanguin ordinaire en une statistique unique pour déterminer l’âge biologique.

Grâce à ces données, les chercheurs peuvent comprendre comment cela peut fluctuer dans le temps chez la même personne. Pour y parvenir, une équipe de scientifiques de la société de biotechnologie Gero basée à Singapour s’est appuyée sur les données de numération globulaire humaine longitudinale de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition et de la bio-banque britannique. Le résultat a abouti à une seule variable pour décrire l’âge biologique, appelée indicateur d’état dynamique de l’organisme (DOSI).

LA RÉSILIENCE

Le DOSI indique la résilience des individus au fil du temps, dont l’un des principaux facteurs est la capacité à fabriquer de nouvelles cellules pour réparer les dommages, mais aussi l’usure régulière du corps, de la peau et pour surmonter les maladies et les blessures. Les analyses réalisées démontrent que les personnes en bonne santé sont très résistantes au stress, alors que les personnes avec des maladies chroniques ou avec un risque élevé de mortalité l’étaient beaucoup moins.

D’autre part, il suffit de passer le cap des 30 ans pour s’apercevoir que le temps de récupération après un effort et de plus en plus long. Des tests d’activités physiques réalisés sur machines vont dans ce sens et indiquent qu’il s’allonge avec l’âge. Il est de deux semaines pour une personne de 40 ans en bonne santé et passe à six semaines pour une personne de 80 ans. Les scientifiques indiquent qu’en extrapolant les résultats obtenus, les humains perdraient complètement leur capacité à récupérer entre 120 et 150 ans, même s’ils sont en bonne santé et ne souffrent d’aucune maladie grave. C’est ce qui leur a permis de déterminer la durée de vie maximale comme le souligne les auteurs dans leur article : « Notre étude montre que la limite de la durée de vie humaine n’est pas susceptible d’être améliorée par des thérapies visant des maladies chroniques spécifiques ou un syndrome de fragilité…

Ainsi, aucune amélioration spectaculaire de la durée de vie maximale et donc d’une forte prolongation de la durée de vie n’est possible en prévenant ou en guérissant les maladies sans contrer le processus de vieillissement, à l’origine de la perte de résilience sous-jacente ». La science a beau faire des progrès et améliorer nos conforts de vie, mourir beau et en forme ce n’est pas encore pour demain…Il ne nous reste plus qu’à jeter notre dévolu sur les crèmes anti-âge ou accepter que la vie est belle parce qu’elle ne dure pas trop longtemps et qu’il faut en profiter.

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)

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