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15 avril 2018 : Le calendrier du démarrage du futur EPR de Flamanville (Manche) est « plus que tendu », a déclaré jeudi à l’AFP le président de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) Pierre-Franck Chevet, alors qu’EDF a annoncé mardi des défauts de soudure sur le site.

Le calendrier « est plus que tendu maintenant, clairement ces anomalies ne vont pas dans le bon sens », a estimé M. Chevet, en marge de la présentation d’un rapport de l’ASN sur la sûreté nucléaire en France auprès des parlementaires de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques. « Il y aura du travail à faire », a-t-il ajouté. Le groupe EDF avait annoncé mardi que des « écarts de qualité » sur certaines soudures du réacteur nucléaire EPR de Flamanville avaient été détectés fin mars. L’électricien ne s’est pas encore prononcé sur les conséquences que pourraient avoir ces anomalies sur le calendrier et le coût du projet. Pour l’heure, il prévoit de démarrer l’EPR fin 2018, pour une mise en service commerciale en 2019. L’EPR « se rapproche du moment (du démarrage, ndlr) mais c’est une ligne droite qui est compliquée »  parce qu’elle est « faite pour tout vérifier », a commenté M. Chevet. « Par définition, c’est là aussi qu’on peut avoir des mauvaises surprises », a-t-il ajouté. Les défauts ont été détectés lors de la « visite complète initiale », une étape réglementaire préalable à la mise en service de l’installation. Les soudures avaient déjà été contrôlées par le groupement des entreprises en charge de la fabrication du circuit, ce qui « pose problème » par rapport à « la qualité » de ces contrôles, a commenté le président de l’ASN.

DES PROCÉDURES REMISES EN CAUSE

Le gendarme du nucléaire, qui a procédé à une inspection du chantier, a indiqué mercredi que « l’organisation » et les « conditions de travail » avaient « nui à la qualité » des contrôles. « Il y avait une pression (…) qui était forte », a commenté M. Chevet, qui a toutefois précisé que « ce n’était pas nécessairement anormal ». L’ASN a également mis en cause une « surveillance inadaptée » de ces procédures par EDF et Framatome. Une expertise a été lancée pour analyser les causes et la nature des écarts, selon EDF. Elle permettra de définir les actions pour y remédier à proposer à l’ASN en mai. A l’issue de cette procédure, EDF sera en mesure de préciser si un ajustement du calendrier et du coût du projet sera nécessaire. En cours depuis 2007, le chantier de l’EPR a connu de nombreux déboires, en raison notamment d’anomalies découvertes sur la composition de l’acier du couvercle et du fond de la cuve.

François Deymier (btlv.fr/source AFP)